Macron au 20h : « Le président n’a choisi ni la date de l’anniversaire du débarquement, ni la date des élections européennes », explique Christophe Béchu

Interrogé à la sortie de l’hémicycle au micro de Public Sénat sur l’interview qui sera donnée par le chef de l’Etat, pendant les journaux télévisés de TF1 et de France 2, le ministre de la Transition énergétique et de la cohésion des territoires, a décrié « des polémiques qui ne sont pas dignes », étant donné que « le Président de la République n’a choisi ni la date de l’anniversaire du débarquement, ni la date des élections européennes ».
Alexis Graillot

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L’omniprésence médiatique de l’exécutif suscite la polémique. « Digne des démocratures », « Fidel Macron », « mansplaining », les oppositions n’ont pas manqué de réagir face à l’irruption du Premier ministre dans les locaux de Radio France pour soutenir la candidate de la majorité présidentielle, Valérie Hayer, ou encore l’interview du chef de l’Etat, donnée à 24 heures de la fin de la campagne officielle.

Balayant les polémiques, Christophe Béchu a critiqué les « procès d’intention » faits à l’exécutif, critiquant toutes les oppositions, qui selon le ministre, « nationalisent le scrutin ». Le Président n’a choisi ni la date de l’anniversaire du débarquement, ni la date des élections européennes », défend-il.

« Que dirait-on s’il n’y avait aucune prise de parole pour leur rendre hommage ? »

Interrogé d’abord sur le timing de cette interview, à quelques heures de la fin de la campagne, Christophe Béchu a défendu ce choix au regard de l’événement considérable que constitue les 80 ans du débarquement des Alliés en Normandie : « Que dirait-on s’il n’y avait aucune prise de parole pour leur rendre hommage ? », demande-t-il, ajoutant que « le plus important n’est pas son impact [de cette intervention] sur les élections européennes, c’est ce moment de mémoire par rapport à ces centaines de milliers de personnes qui ont donné leur vie pour qu’on soit libres et pour qu’on vote dimanche ».

« On ne peut pas avoir 50% d’abstention à une élection, quand un des héritages de la paix, c’est qu’on peut continuer à choisir nous-mêmes notre destin », martèle le ministre, pour qui les accusations des oppositions d’utiliser la guerre en Ukraine sont « dingues ». L’occasion pour l’ancien maire d’Angers de s’en prendre au candidat PS-Place Publique, Raphaël Glucksmann, qui talonne Valérie Hayer dans les sondages : « La moitié du temps de parole de Raphaël Glucksmann, c’est pour taper sur les positions de Macron sur l’Ukraine », accuse-t-il.

« Edouard Philippe est pleinement engagé »

Au sujet des sondages, Christophe Béchu a ensuite été questionné sur les conséquences à tirer pour l’exécutif, d’une éventuelle déroute de la majorité présidentielle ce dimanche, alors que sa liste est en difficulté dans les sondages. « Nous devons tout faire pour que le résultat soit le meilleur possible », argue de son côté le ministre, qui souhaite « défendre une construction européenne », face à « des partis qui font campagne contre l’Europe », égratignant sans les citer La France Insoumise et le Rassemblement National.

Enfin, en tant que secrétaire général d’Horizons, Christophe Béchu a été sondé sur la position qui serait adoptée par Edouard Philippe à  l’issue du scrutin. L’ancien Premier ministre restera-t-il fidèle à la majorité ? Prendra-t-il ses distances en vue de 2027 ? « Il sera demain à Nice aux côtés de Valérie Hayer », tempère Christophe Béchu, qui rappelle la présence du maire du Havre aux côtés de la tête de liste Ensemble, ce lundi. « Il est pleinement engagé », défend le ministre, pour qui Edouard Philippe est « loyal, mais libre ».

Pas sûr que ce dernier argument rassure l’ensemble de la majorité alors que l’ancien Premier ministre va réunir le bureau politique de son parti dès le lendemain des élections européennes (lire notre article). Pour mieux s’émanciper du chef de l’Etat ? En cas de lourde défaite de l’exécutif, nul doute que l’idée devrait plus que germer dans l’esprit de l’actuel patron d’Horizons.

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