Macron au contact de « la Nouvelle-Calédonie d’aujourd’hui »
Bains de foule dans un quartier populaire, visite d'un lycée et échange avec des élèves... Emmanuel Macron a voulu vendredi parler de "la...

Macron au contact de « la Nouvelle-Calédonie d’aujourd’hui »

Bains de foule dans un quartier populaire, visite d'un lycée et échange avec des élèves... Emmanuel Macron a voulu vendredi parler de "la...
Public Sénat

Par Cécile AZZARO

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Bains de foule dans un quartier populaire, visite d'un lycée et échange avec des élèves... Emmanuel Macron a voulu vendredi parler de "la Nouvelle-Calédonie d'aujourd'hui", alors qu'une marche bleu-blanc-rouge des non-indépendantistes a rassemblé plusieurs milliers de personnes à Nouméa.

Quelque 4.000 personnes selon la police, plus du double selon les organisateurs, ont manifesté dans les rues de Nouméa pour défendre la Nouvelle-Calédonie française et dénoncer une visite présidentielle trop orientée vers l'identité kanak à leur goût.

Le chef de l'Etat a, lui, choisi lui cette journée pour aller à la rencontre de "la Nouvelle-Calédonie d'aujourd'hui", notamment en se rendant dans le quartier populaire de Montravel, au nord de Nouméa, où il a parlé avec une population souvent enthousiaste, mais parfois aussi très critique.

Cerné d'une nuée d'enfants et assailli par des demandes de selfies et d'embrassades de la part d'une population sensible à sa venue dans un quartier confronté à une importante délinquance, Emmanuel Macron a notamment dû essuyer des reproches sur sa visite controversée samedi à Ouvéa, pour les 30 ans de l'assaut meurtrier contre la grotte où des indépendantistes retenaient des gendarmes en otages.

Un homme originaire de l'île a trouvé "gonflé" qu'il se rende sur place le jour anniversaire de l'assaut, une femme lui a demandé "de ne pas aller" sur place "pour respecter la décision des familles qui ne sont pas prêtes à vous recevoir" et par crainte de débordements.

Dans ce quartier dit de "reconquête républicaine" au nord de Nouméa, le chef de l'Etat a évoqué avec police et gendarmerie les enjeux du dispositif expérimental de la police de sécurité du quotidien (PSQ).

Le président Emmanuel Macron rencontre les habitants du quartier populaire de Montravel, le 4 mai 2018 à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie
Le président Emmanuel Macron rencontre les habitants du quartier populaire de Montravel, le 4 mai 2018 à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie
AFP

Il avait commencé la journée par une séquence axée sur l'éducation, en se rendant à 280 km de Nouméa, dans la province nord (47.000 habitants), dirigée par Paul Néaoutyine, chef de file de l'UNI-Palika (Union nationale pour l'indépendance).

Après avoir rencontré les élus, il a visité le lycée agricole et général Michel Rocard, à Pouembout, dont la création et l'implantation dans le nord résultent des accords de Matignon de 1988, et symbolise la réconciliation entre les communautés.

Là encore entre bains de foule et selfies, le chef de l'Etat a pris le temps de longuement discuter avec enseignants et élèves.

- Dans les pas de Michel Rocard -

Interrogé sur Michel Rocard, acteur des accords de Matignon, il a salué le "combat politique qu'il avait mené, quelques semaines après Ouvéa. Il avait patiemment retissé le fil d'une Histoire républicaine", a-t-il dit.

La Nouvelle-Calédonie
Fiche et chronologie sur la Nouvelle-Calédonie
AFP

"Il fait partie de ceux qui m'ont beaucoup appris et à qui je dois beaucoup, mais le moment est différent, il ne s'agirait pas de répéter ce qui a été fait. (...) C'est pour moi important de faire ce clin d'oeil à l'Histoire et de mettre une part de mon action, de mes pas, dans ceux qu'il avait pu mener".

Vendredi soir, une séquence plus internationale, liée à la problématique du changement climatique, s'est tenue au siège de la Communauté du Pacifique, à Nouméa, où le chef de l’Etat a participé au dîner de clôture avec les chefs d’Etat et de gouvernement des diverses îles et territoires de cette région particulièrement menacée.

Emmanuel Macron est toutefois surtout attendu samedi sur la partie mémorielle de son séjour. Outre son déplacement à Ouvéa, il remettra symboliquement au gouvernement calédonien l'acte de prise de possession de la Nouvelle-Calédonie "au nom de la France et de l'empereur" Napoléon III, datant de 1853.

Il terminera par un "grand discours" au Théâtre de l'Ile, durant lequel il devrait évoquer les enjeux du référendum sur l'indépendance du 4 novembre, avant de regagner la métropole.

Partager cet article

Dans la même thématique

Macron au contact de « la Nouvelle-Calédonie d’aujourd’hui »
3min

Politique

Crise énergétique : Sébastien Lecornu annonce l’interdiction des chaudières à gaz dans les logements neufs

Quelques jours après le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, Sébastien Lecornu a annoncé, ce vendredi, une série de mesures destinées à tirer les leçons » de la crise énergétique. Afin de dépendre moins des énergies fossiles, l’installation de chauffages au gaz serait interdite « dès la fin de cette année » dans les constructions neuves. Le gouvernement va aussi doubler son soutien à l’électrification des usages de 5,5 milliards à 10 milliards d’euros par an d’ici 2030.

Le

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le

Hungary US Vance
7min

Politique

Elections en Hongrie : « Orban est comblement bousculé dans cette campagne »

Dimanche, les élections législatives en Hongrie s’annoncent à haut risque pour Viktor Orban. Le Premier ministre nationaliste, proche du Kremlin, est distancé dans les sondages par son principal opposant, Péter Magyar. L’eurodéputé a choisi de mener une campagne de terrain sur des thèmes de politique intérieure, en mettant en exergue les dérives du régime en place depuis 16 ans.

Le

illustration: petite Mairie et son drapeau francais.
3min

Politique

Une tribune signée Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christine Taubira appelle les femmes à « prendre le pouvoir » dans les intercommunalités

Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.

Le