Macron-Bayrou : le centre en marche ?
Après avoir acté leur alliance, Emmanuel Macron et François Bayrou sont désormais les cibles d’un tir groupé venant de droite comme de gauche. Ils se rencontrent ce jeudi à 17h15, au Palais de Tokyo, pour formaliser leur pacte.

Macron-Bayrou : le centre en marche ?

Après avoir acté leur alliance, Emmanuel Macron et François Bayrou sont désormais les cibles d’un tir groupé venant de droite comme de gauche. Ils se rencontrent ce jeudi à 17h15, au Palais de Tokyo, pour formaliser leur pacte.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« C’est un choix extrêmement fort, responsable et inédit pour la vie politique française. » A son arrivée au dîner du Crif (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France), mercredi soir, Emmanuel Macron n’a pas boudé son plaisir. « Je me réjouis que François Bayrou accompagne le travail qui est le nôtre avec ses spécificités, avec les valeurs qu’il porte. Et avec l’histoire du centre qu’il porte. »

La veille, le maire de Pau avait décidé de renoncer à la présidentielle pour rejoindre l’ancien ministre hollandais. Ce matin sur RTL, il insiste sur le besoin « de changer le paysage politique » de la France. « Je veux sortir de ce monopole à deux qui était exercé par le Parti socialiste d'un côté et le courant de droite UMP puis Républicains » a martelé François Bayrou sur RTL. Il précise d’ailleurs avoir pris sa décision, il y a « à peu près une semaine. »

Reste que l’annonce de cette alliance a provoqué des remous, notamment du coté de la droite qui ne pardonne toujours pas à François Bayrou son vote pour François Hollande en 2012. « J’observe qu’il y a de l’émoi chez les élus du MoDem qui, pour nombre d’entre eux, ne sont pas très satisfaits de cet accord » tranche Jérôme Chartier, le conseiller spécial de François Fillon. « Nous avons affaire à une alliance ‘Macrou’. Donc nous allons avoir à faire avec une ‘macrou,’ avec deux girouettes dans une goélette. » De son côté, Thierry Solère résume de façon lapidaire la décision du président du MoDem. « C’est la deuxième fois que François Bayrou vote pour François Hollande. » Le sénateur de Paris « LR » Pierre Charon s’est même permis un parallèle douteux entre l’alliance des deux hommes et les « Hutus et Tutsis » rwandais.

A gauche, Jérôme Guedj, le porte-parole de Benoît Hamon estime désormais que le candidat d’En Marche a clarifié ses positions. « Il y a toujours eu un candidat de centre-droit. A cette élection, c’est Emmanuel Macron. » En visite dans les Hauts-de-France, le candidat socialiste a d’ailleurs balayé d’une main l’alliance Macron-Bayrou : « ça ne change rien à ma campagne. Le centre n'est ni de gauche, ni de gauche, disait Mitterrand : il était bien inspiré.»

Jérôme Guedj : "Macron est le candidat de centre-droit"
00:08

Hors du camp Macron-Bayrou, il faut se tourner vers Stéphane Le Foll pour trouver un peu de soutien à la démarche du maire de Pau. « C'est quand même une forme de sens de la responsabilité dans le contexte dans lequel nous sommes », a jugé le ministre de l’Agriculture et proche de François Hollande sur France 2.

Désormais les deux hommes doivent se retrouver ce jeudi, à 17h15 au Palais de Tokyo, pour définir ensemble leur stratégie commune. Car de nombreuses zones d’ombres perdurent : quel rôle pour François Bayrou dans la campagne ? Le poste de Premier ministre lui est-il promis ? Surtout, les dissensions entre les deux hommes sur plusieurs sujets peuvent-elles être surmontées ? A deux mois de l’élection, la campagne d’Emmanuel Macron prend un nouveau virage.

Partager cet article

Dans la même thématique

Memorial Site Honors Victims of the Hamas Attack at the Nova Music Festival
5min

Politique

7-Octobre : Trois ans après l’attaque du Hamas, les juifs de France continuent de vivre un « traumatisme »

L’émotion se fait ressentir en ce 7 octobre 2026. Trois ans après l’attaque du Hamas en Israël, plusieurs commémorations sont prévues en Israël, notamment à Réïm où certains politiques français se sont rendus. En France, le président du Crif explique que les Français juifs continuent de vivre ce « traumatisme » et regrette qu’ils soient « associés à un conflit » dont ils « ne sont pas responsables ».

Le

FRANCE-PARIS-MANIFESTATION ÉTUDIANTE-ÉDUCATION
5min

Politique

Blocus des lycées : dix-huit enquêtes IGPN ouvertes, l’usage des grenades assourdissantes suspendu

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé ce mercredi 7 octobre la suspension provisoire de l’usage des grenades assourdissantes dans le cadre des manifestations lycéennes. Cette décision intervient après qu’un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée lundi à Lens. Dix-huit enquêtes ont par ailleurs été confiées à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) depuis le début du mouvement.

Le

Paris : Weekly cabinet meeting at Elysee Palace
3min

Politique

Manifestations lycéennes : Sébastien Lecornu s’exprime ce soir, Laurent Nuñez annonce la suspension de l’usage des grenades assourdissantes

Au lendemain de l’ « acte III » de la colère lycéenne, qui a rassemblé 266 000 personnes dans les rues de France, Sébastien Lecornu s’exprimera mercredi soir dans une allocution depuis Matignon. Son intervention portera sur « la situation dans les lycées, les prix des carburants, la crise agricole ainsi que la situation financière du pays », ont annoncé les services du Premier ministre.

Le