Macron « cristallise une forme de haine »
Les invités d’ « On va plus loin » analysent la situation d’un président de la République de plus en plus seul, alors que le mouvement des gilets jaunes ne faiblit pas.

Macron « cristallise une forme de haine »

Les invités d’ « On va plus loin » analysent la situation d’un président de la République de plus en plus seul, alors que le mouvement des gilets jaunes ne faiblit pas.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le gouvernement tente toujours de calmer la crise des « gilets jaunes ». Edouard Philippe a fait plusieurs annonces dans ce sens mardi, notamment la suspension pour six mois de trois mesures fiscales sur le prix des carburants. Mais cela suffira-t-il alors que la colère semble se cristalliser autour de la personnalité même du président de la République ?

Pour Frédéric Sawicki, professeur de sciences politiques à Paris 1-Panthéon Sorbonne, c’est  le statut du chef de l’État mais surtout la personnalité clivante d’Emmanuel Macron qui ont fait le terreau de cette colère : « Depuis l’adoption du quinquennat, le Président est de plus en plus en première ligne. Et son Premier ministre joue plutôt un rôle de pacificateur. Après [il y a] la personnalité d’Emmanuel Macron, par ses déclarations (...) assez mal perçues (…) Il y a incontestablement un problème lié à son rapport aux Français, à sa manière de s’adresser à eux, qui aujourd’hui finalement explique le surcroît de haine, voire de violence dans certains cas. »

Flore Santisteban, enseignante à Sciences Po, spécialiste des mouvements sociaux, renchérit : « D’une façon générale, c’est vraiment un mode de gouvernance qui est remis en question par ce mouvement. C'est-à-dire une verticalité du pouvoir qui s’oppose à un mouvement qui lui repose vraiment sur l’horizontalité, l’absence de représentation individuelle, d’expression individuelle. Et c’est vrai que ce chef de l’État, qui systématiquement prend les Français de haut - c’est le sentiment qu’il donne - met de l’huile sur le feu. Et donc cristallise (…) une forme de haine (…) Et c’est même plus que de la haine maintenant, c’est de la rage (…) contre lui, contre sa politique, contre le fait de ne pas être entendu, contre le fait de ne pas avoir de réponses à leurs questions. »

Céline Pina, essayiste et cofondatrice du mouvement « Viv(r)e la République » ajoute à propos d’Emmanuel Macron : « Les gens l’ont ressenti comme extrêmement méprisant. Le terme qui revient très souvent c’est (…) « mépris de classe ». Y compris quand vous rencontrez, chez les « gilets jaunes » des gens qui ne sont pas politisés (…) Quand j’ai rencontré  les » gilets jaunes » une phrase que beaucoup m’ont dite c’est « vous savez, il nous a demandé d’aller le chercher. Eh bien, c’est ce qu’on fait, on va à Paris le chercher. » »

Vous pouvez voir et revoir ce débat, en intégralité :

OVPL. Macron : un président de plus en plus seul (débat en intégralité)
25:53

Partager cet article

Dans la même thématique

Current affairs question session with the government – Politics
4min

Politique

Sénatoriales 2026 : le Parti socialiste lance ses troupes dans la bataille pour conserver sa place de second groupe au Sénat

À un peu plus de trois mois du renouvellement de la moitié du Sénat, le Parti socialiste a dévoilé une première vague de 73 candidats et chefs de file dans les départements concernés par le scrutin du 27 septembre 2026. Fort de son implantation locale consolidée lors des dernières municipales, le PS entend défendre ses positions et préserver sa place de deuxième groupe de la Haute Assemblée.

Le

Chômage après une rupture conventionnelle : le Sénat rétablit la réduction de la durée d’indemnisation
5min

Politique

Centres communaux d’action sociale : un amendement du Sénat fait craindre « une casse du système de solidarité »

Un amendement de la droite sénatoriale soutenu par le gouvernement dans le cadre de l’examen du projet de loi de Simplification des normes, prévoit de rendre facultative la création de centres communaux d’action sociale (CCAS). La majorité sénatoriale défend le principe de libre administration des collectivités, quand la gauche dénonce une future casse du système de solidarité.

Le

MELUN:  Elections senatoriales
4min

Politique

Sénatoriales 2026 :  mode de scrutin, départements concernés, enjeux politiques...Tout comprendre des élections du 27 septembre en six questions 

Les sénatoriales sont les prochaines élections à se tenir en France. Tous les trois ans, le Sénat est renouvelé par moitié : ce sont ainsi 63 départements et une circonscription des Français de l’étranger qui sont concernés. La rédaction de Public Sénat fait le point sur le prochain renouvellement de la chambre haute.

Le