Macron dévoile sa stratégie de lutte contre le « séparatisme » islamiste
Emmanuel Macron commence cette semaine à dévoiler sa stratégie de lutte contre "le séparatisme" et le radicalisme islamiste, en...

Macron dévoile sa stratégie de lutte contre le « séparatisme » islamiste

Emmanuel Macron commence cette semaine à dévoiler sa stratégie de lutte contre "le séparatisme" et le radicalisme islamiste, en...
Public Sénat

Par Laurence BENHAMOU, Jérôme RIVET

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Emmanuel Macron commence cette semaine à dévoiler sa stratégie de lutte contre "le séparatisme" et le radicalisme islamiste, en se rendant mardi dans un quartier populaire de Mulhouse à la rencontre des forces de l'ordre et des associations.

L'exercice s'annonce périlleux pour le chef de l'Etat, dont l'objectif est d'"apaiser" et non "de mettre la société sous tension" ni de stigmatiser, selon son entourage, sur cette question très sensible.

Le débat sur la montée des communautarismes s'est durci ces derniers mois, alimenté par de vives polémiques sur la laïcité, le port du voile ou le radicalisme. Une récente polémique sur une mère voilée lors d'une sortie scolaire, déclenchée par un élu RN, a divisé jusqu'au sein du gouvernement.

Le chef de l'Etat aborde régulièrement ce thème depuis des mois, fustigeant le communautarisme et l'islam radical, notamment dans son discours après les meurtres à la Préfecture de police de Paris.

Pressé de s'exprimer par les oppositions, Emmanuel Macron entend prendre le temps: il devrait effectuer un second déplacement la semaine prochaine et continuer à présenter la suite du plan après les élections municipales des 15 et 22 mars.

A Mulhouse, il est attendu dans le quartier de Bourtzwiller qui "concentre un certain nombre de problématiques", comme la pauvreté ou la délinquance, et "où la République doit réaffirmer sa présence", selon son entourage.

Il fera pour cela le point avec les forces de l'ordre, avant une table-ronde avec des représentants d'associations sociales, culturelles, religieuses ou sportives.

Accompagné du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, du secrétaire d'Etat Laurent Nuñez, de Gabriel Attal (Jeunesse) et de Roxana Maracineanu (Sports), Emmanuel Macron a prévu de s'exprimer à l'issue de ces échanges.

Cette visite de terrain lui donnera l'occasion d'aborder les deux grands piliers de son plan.

D'un côté, celui, coercitif, de "la lutte contre le repli communautarisme, le séparatisme islamiste et le radicalisme". Il s'agit de cas comme les écoles hors contrat qui ne respectent pas les principes républicains, les jeunes filles non scolarisées, la séparation hommes-femmes dans les piscines, le censure de films ou de spectacles, associations culturelles qui deviennent religieuses, selon une source gouvernementale.

Il présentera aussi un volet positif de "reconquête républicaine des quartiers qui en ont besoin" en terme de services publics, de culture, d'équipements sportifs, pour que les habitants ne soient pas tentés d'aller vers des circuits parallèles.

- "Islamisme politique" -

Au total, la stratégie du gouvernement devrait s'appuyer sur quelque 25 actions, selon un document de travail datant de janvier et dévoilé par Le Point ce week-end.

Une partie d'entre elles portent également sur l'organisation de l'islam de France, notamment la formation des imams et le financement des lieux de culte par des pays étrangers. A l'image de la grande mosquée en cours de construction à Mulhouse, An-Nour, qui est financée en partie par le Qatar.

"Je souhaite que nous allions beaucoup plus loin en renforçant le contrôle sur les financements venant de l'étranger, en étant beaucoup plus durs à l'égard de toutes les formes de cet islamisme politique", avait déclaré Emmanuel Macron en avril 2019.

Pour préparer ce plan, la semaine dernière, il a réuni Christophe Castaner et Sébastien Lecornu (Collectivités locales), les députés LREM Aurore Bergé et Aurelien Taché ainsi qu'une douzaine de maires qui constatent des dérives communautaristes sur leur commune, comme Olivier Klein (Clichy), Eric Menassi (Trèbes) ou l'ancien maire de Sarcelles François Pupponi.

"Le président de la République ne souhaite en revanche pas aller sur le terrain du voile, qui divise sa majorité et sur lequel le Rassemblement national nous a provoqué", selon une source gouvernementale.

La droite appelle depuis des mois Emmanuel Macron à faire preuve de plus de fermeté sur ce dossier. "On est en train de perdre le combat contre l’islamisme", affirme dimanche dans le JDD le chef de file LR du Sénat Bruno Retailleau pour qui, "bientôt, il sera trop tard".

"Ce qui manque surtout, c'est la lucidité et le courage, qu’il s'agisse de l’islam politique, de la laïcité mais aussi de l'immigration", dénonce le sénateur, co-auteur, avec le chef des sénateurs centristes Hervé Marseille, d'une proposition de loi constitutionnelle visant au respect de la souveraineté nationale, de la démocratie et de la laïcité.

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