De l'Europe à l'Afrique, des Etats-Unis à la Russie, du Golfe à la Syrie, Emmanuel Macron mène depuis huit mois une diplomatie hyperactive et...
Macron diplomate: des succès, des revers et des projets
De l'Europe à l'Afrique, des Etats-Unis à la Russie, du Golfe à la Syrie, Emmanuel Macron mène depuis huit mois une diplomatie hyperactive et...
Par Laurence BENHAMOU
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De l'Europe à l'Afrique, des Etats-Unis à la Russie, du Golfe à la Syrie, Emmanuel Macron mène depuis huit mois une diplomatie hyperactive et volontariste, en chantre d'un multilatéralisme dont la France serait le médiateur, une gageure dans un monde gagné par les nationalismes.
"Il a permis à la France de retrouver une forme de leadership, en tant que président d'une nouvelle génération et grâce à ses bonnes relations personnelles avec les autres dirigeants", affirme l'Elysée. En recevant Vladimir Poutine et Donald Trump, en multipliant les entretiens avec ses homologues, "il a remis la France au niveau des grands pays".
2018 sera "un année de défi" pour renforcer ces actions, estime son entourage: le chef de l'Etat est attendu en Chine, en Russie et en Iran et pourrait prendre une initiative sur le conflit israélo-palestinien.
Les couples Macron et Trump lors d'un dîner sur la tout Eiffel à Paris, le 13 juillet 2017
AFP
Outre le multilatéralisme, Paris garde comme priorités le renforcement et la réforme de l'Europe ainsi que la lutte contre le terrorisme, en particulier au Sahel. Il se veut pragmatique et maintient des équilibres délicats, comme avec Trump, qu'il traite en ami tout en critiquant ses décisions sur Jérusalem ou sur l'accord de Paris.
M. Macron veut aussi prendre la tête de plusieurs combats globaux: lutte contre le réchauffement climatique, éducation et défense des femmes, longuement évoquée en Afrique.
En novembre, il est intervenu pour aider le Premier ministre libanais Saad Hariri à quitter l'Arabie Saoudite. Deux mois plus tôt, il s'était interposé entre Washington et Téhéran pour défendre l'accord sur le nucléaire iranien. Il a aussi appelé tous les leaders arabes au moment de la crise avec le Qatar. Ou encore réuni près de Paris les deux leaders libyens pour leur arracher un accord de paix.
- La Chine négligée ? -
Un volontarisme salué par la presse étrangère: l'influent hebdomadaire "The Economist" a ainsi désigné la France "pays de l'année 2017".
Le président français Emmanuel Macron et son homologue russe Vladimir Poutine à Versailles, en France, le 29 mai 2017
POOL/AFP/Archives
"La diplomatie d'Emmanuel Macron marque un net changement de style. Par son allant, son sens tactique, il a changé l'image de la France. Mais le multilatéralisme est remis en cause par la Russie, les Etats-Unis, la Chine. Comment gèrera-t-il par gros temps"? s'interroge le directeur de l'Institut français des relations internationales (Ifri), Thomas Gomart.
Premier dossier épineux, l'Europe. "Il bénéficie d'un sentiment favorable en Europe, sauf à Varsovie, et a amélioré la crédibilité de la France à Berlin", commente l'expert. "Mais il se heurte à l'inconnue du gouvernement de coalition en Allemagne. Le grand risque est aussi une déconnexion avec l'opinion" car le premier tour de la présidentielle a montré le poids des eurosceptiques.
A son actif, Emmanuel Macron a réussi à convaincre plusieurs pays de l'Est de voter un durcissement de la directive sur les travailleurs détachés.
Mais il est "handicapé par l'absence de partenaires en Europe: les Allemands sont absorbés par leurs négociations de coalition, les Italiens empêtrés dans leur politique intérieure et l'Espagne dans la crise catalane. Il se heurte aussi à une flambée ahurissante de néo-nationalistes dans le monde: Trump, Poutine, Erdogan, leaders arabes, Brexit", renchérit Bertrand Badie, professeur à Sciences Po.
L'Elysée mise à la fois sur des avancées concrètes, comme l'Europe de la défense et la taxation des géants du numérique, et des "consultations citoyennes" dans l'UE pour recréer un lien avec les peuples mais aussi marquer des points en vue des élections européennes de 2019.
Le président français Emmanuel Macron à Ougadougou, au Burkina Faso, le 28 novembre 2017
AFP
Pour les analystes, Emmanuel Macron a eu tort de négliger la Chine -il s'y rend le 7 janvier- qui pourrait se révéler un allié dans certains domaines, mais inquiète par ses ambitions militaires. Autre critique, l'échec de la France à créer un "groupe de contact" sur la paix en Syrie ou encore son initiative solitaire sur la Libye.
La récente tournée africaine du président, qui a voulu tourné la page du passé colonial, a elle été "un peu gâchée" par sa boutade sur le président burkinabé qui serait allé "réparer la climatisation", juge Bertrand Badie. "Les réactions sur son attitude en Afrique sont contrastées", confirme Thomas Gomart.
Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.
Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.
Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.
Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…