Mitraillé par l'opposition qui dénonce "l'incompétence" de l'exécutif, Emmanuel Macron a dû écourter son week-end de ski samedi et Edouard Philippe a promis une "totale fermeté" face aux dégâts commis sur les Champs-Elysées lors de l'acte 18 des "gilets jaunes".
Le chef de l'Etat est attendu vers 22H30 à la cellule de crise du ministère de l'Intérieur où il devrait faire le point d'une journée de violences qui renvoie aux scènes qui avaient marqué de précédents épisodes des "gilets jaunes", lesquels sont nombreux à rejeter ces incidents.
L'opposition de droite à tiré toute la journée à boulets rouges sur l'exécutif, fustigeant "l'incompétence" du président dont les photos prises vendredi le montrant souriant sur les pistes de ski ensoleillées de la Mongie tournaient en boucle dans les médias.
"Comment peut-on imaginer dans un autre pays de telles scènes de chaos avec le président de la République qui continue de skier ? C'est une question de positionnement, à la fois Paris qui brûle et à la fois le Président à la Mongie", a dit Laurence Sailliet, porte-parole de LR, à BFMTV qui juxtaposait les photos du président et des Champs-Elysées pillées et saccagées.
"Paris entre la main des casseurs, Emmanuel Macron fait du ski... Jamais un président n’a eu un tel comportement ! Mais quelle honte", a tweeté Nadine Morano.
Le chef des Républicains, Laurent Wauquiez, a fustigé "Un samedi de plus de violences qu'on laisse dégénérer au cœur de notre capitale. Jusqu'à quand @EmmanuelMacron, @EPhilippePM ? Il est temps de réagir. Il est temps d'agir", a-t-il twitté.
"Il est inacceptable de voir que le gouvernement n'arrive pas à maintenir l'ordre dans notre pays", pour François-Xavier Bellamy, tête de liste LR pour les élections européennes, qui a appelé à "mettre fin à l'impuissance de l’État".
"Personne ne peut croire que les moyens nécessaires à la sécurité ont été mis. Si la loi anticasseurs, votée au Parlement, n’était pas bloquée par @EmmanuelMacron on serait plus efficace!", a fait valoir le centriste (UDI) Christophe Lagarde.
"Les Black Blocs détruisent, brûlent, violentent toujours en toute impunité", a relevé Marine Le Pen sur Twitter.
Un tir de barrage qui a fait monter au créneau jusqu'au porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux. "C’est une fausse polémique. Il a présidé la Cellule interministérielle de crise à Paris, et s’est évidemment tenu informé minute par minute toute la journée", a-t-il dit au Parisien samedi soir, disant attendre "dans ces moments-là un peu de dignité et d’unité nationale".
- "Complices" -
Au cours de la manifestation des "gilets jaunes", sur les Champs Elysées, à Paris, le 16 mars 2019
AFP
Il a rappelé que le chef du gouvernement Edouard Philippe et le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner s'étaient rendus sur place. Dans l'après-midi, Edouard Philippe est en effet allé soutenir les forces de l'ordre en bas des Champs-Elysées, alors qu'au même moment des magasins étaient pillés et incendiés plus haut sur la "plus belle avenue du monde".
Il a affirmé "l'objectif de totale fermeté" du gouvernement contre "plusieurs milliers de personnes très déterminées, qui sont là pour créer le désordre". Des "professionnels de la casse et du désordre" pour M. Castaner. "Quelques démagos irresponsables", pour Richard Ferrand, président LREM de l'Assemblée nationale.
Pour l'exécutif, "ceux qui excusent ou qui encouragent" ces actes "inacceptables" s'en rendent "complices", a dit Edouard Philippe.
Des propos qui font échos à ceux d'Emmanuel Macron qui avait déclaré le 26 février qu'il fallait "maintenant dire que lorsqu'on va dans des manifestations violentes, on est complice du pire".
- "Exacerber les tensions" -
Certains "gilets jaunes" dénoncent une volonté de discréditer et de réprimer le mouvement qui demande depuis quatre mois davantage de justice sociale et fiscale.
Thierry Paul Valette, fondateur de Gilets jaunes citoyens et candidat aux élections européennes, a dit se désolidariser "de ces actes de violence d'une extrême gravité", tout en demandant une "concertation en urgence vers une sortie de crise" avec Emmanuel Macron.
"La ligne que défend M. Macron" est celle "qui a exacerbé les tensions, qui a creusé les inégalités, qui a finalement mis le feu au poudre d'un mouvement qui aujourd'hui ne s’interrompt pas", a estimé Olivier Faure, premier secrétaire du PS.
La maire socialiste de Paris Anne Hidalgo a demandé à être reçue par le Premier ministre "afin d'évoquer avec lui les mesures qu'il envisage de prendre pour sortir de la crise et protéger Paris".
Du côté des Verts aussi, Julien Bayou, porte-parole d'EELV a estimé sur BFMTV que "Christophe Castaner n'a pas le niveau pour ce poste. On a un problème Castaner, c'est tout simplement irresponsable et très dangereux d'attiser et de provoquer les +gilets jaunes+".
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