Macron en Allemagne : après l’orage, l’embellie ?
5 ans jour pour jour après François Hollande, Emmanuel Macron se rend à Berlin pour sa première visite officielle. Contrairement à son prédécesseur, le nouveau président de la République entretient, déjà, de bonnes relations avec la chancelière.

Macron en Allemagne : après l’orage, l’embellie ?

5 ans jour pour jour après François Hollande, Emmanuel Macron se rend à Berlin pour sa première visite officielle. Contrairement à son prédécesseur, le nouveau président de la République entretient, déjà, de bonnes relations avec la chancelière.
Simon Barbarit

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Comme ses deux derniers prédécesseurs, c’est en Allemagne que le nouveau président de la République, Emmanuel Macron, va faire sa première visite officielle. Il y a cinq ans jour pour jour, François Hollande avait connu un véritable baptême du feu lors de ce voyage outre-Rhin. Son avion frappé par la foudre, des usages protocolaires pas encore intégrés obligeant Angela Merkel à le guider sur le tapis rouge, avec qui il entretient d’emblée des rapports froids. En 2012, la Chancelière avait soutenu ouvertement Nicolas Sarkozy, François Hollande avait fait campagne sur la renégociation du traité budgétaire européen.

Ces derniers mois le candidat Macron a rencontré deux fois Angela Merkel à qui il a multiplié les signes d’une future bonne entente. Le dernier en date, la nomination  de Philippe Étienne, ancien ambassadeur en Allemagne, au poste de conseiller diplomatique. « Il n’y a pas de bras de fer (avec Angela Merkel) (…) Pour l’avoir accompagné (Emmanuel Macron) deux fois en Allemagne, j’ai trouvé qu’il avait vraiment la bonne attitude, en ce sens qu’il ne partait pas avec des préjugés négatifs comme en ont tant de gens » a affirmé la députée européenne Sylvie Goulard, ce lundi. À noter que les relations entre Angela Merkel et François Hollande se sont réchauffées depuis la vague d'attentats qui a frappé l'Europe. Lundi dernier, ils se sont même retrouvés pour un dîner d'adieu dans la capitale allemande.

 Toutefois, comme en témoignent certaines Unes de la presse Outre-Rhin, les réformes de la zone euro portées par le nouveau président Français ne suscitent pas l’enthousiasme de Berlin. Le titre, à double sens, « Cher ami » à la fois coûteux et proche du Fankfurter Allgemeine Zeitung et de l’hebdomadaire Der Spiegel illustre l’état d’esprit outre-Rhin à quelques heures de la visite d’Emmanuel Macron. Plus concret, le quotidien Bild, titrait il y a quelques jours : « Combien va-nous coûter Macron ? ». Ce week-end, l’ancien ministre des Finances  grec Yanis Varoufakis, qui a soutenu Emmanuel Macron entre les deux-tours, l’a mis, cette fois-ci, en garde. Dans une tribune publiée dans le quotidien grec Journal des rédacteurs  qu’ « avancer vers une fédéralisation de la zone euro » (…) « C’est là que réside la grande erreur d’Emmanuel [Macron] » car « Berlin ne lui donnera rien ».

Emmanuel Macron peut s’appuyer sur l’actuel ministre des affaires étrangères Allemand, Sigmar Gabriel, pour relancer le couple franco-allemand. Tous deux étaient ministres de l’Économie en 2014 et ont noué de bonnes relations. Si l’idée de créer un budget de la zone euro est accueillie avec crispation en Allemagne, la Chancelière s’est montrée néanmoins ouverte au dialogue. « Je vais parler avec (le nouveau président français) de la façon dont on peut renforcer la zone euro et de la manière dont on peut mener des réformes qui ont un impact rapide sur le marché du travail (…) Nous pouvons aussi réfléchir à des programmes d’investissements communs, notamment dans le domaine du numérique, où l’Allemagne a un retard à combler » déclarait la chancelière la semaine dernière.
 

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