Macron en Chine : le bon timing
Alors que le Président de la République poursuit son voyage en Chine, les invités d’ « On va plus loin » analysent les relations franco-chinoises à la lumière de la politique diplomatique d’Emmanuel Macron.

Macron en Chine : le bon timing

Alors que le Président de la République poursuit son voyage en Chine, les invités d’ « On va plus loin » analysent les relations franco-chinoises à la lumière de la politique diplomatique d’Emmanuel Macron.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Pour sa première visite d’État en Chine, Emmanuel Macron veut marquer le coup. Le Président de la République qui a proposé d’organiser en 2018-2019, une « année franco-chinoise de la transition écologique », a voulu se positionner comme l’interlocuteur privilégié de Pékin.

Durant les trois jours de son séjour, qu’il achèvera mercredi 10 janvier, Emmanuel Macron oscille entre visites de lieux culturels emblématiques, discours et signatures de contrats.

 « Il y a toujours dans une visite diplomatique, à la fois un enjeu de séduction, un enjeu géostratégique et naturellement des enjeux économiques et financiers qui sont très importants » explique Patrick Martin Genier, spécialiste des questions européennes et internationales.

Pour Pierre Haski, président de Reporters sans frontières, la visite d’Emmanuel Macron en Chine bénéficie d’un bon timing : « Cette visite intervient à un moment où la Chine est en train d’exploser sur la scène internationale (…) Elle a connu une croissance phénoménale ces dernières années [et] a un leader [Xi Jinping NDLR] qui est le leader chinois le plus fort des trente dernières années. »  

L’absence de « Trump, Merkel et des Anglais qui se retirent de l’Europe »  permet également au Président de la République de se positionner en leader européen.

Et celui-ci, veut envoyer un message clair à la Chine, poursuit le président de Reporters sans frontières : « Les Chinois ont cru, ces dernières années  que l’Europe était en train de s’effondrer (…) et ils ont commencé à acheter l’Europe par « appartements » : un petit bout de technologie allemande par ci, le port du Pirée par là…Et Macron, quand il dit « L’Europe est de retour », il essaie de leur dire : « Attendez, vous n’allez pas jouer de nos divisions. Parce que l’Europe (…), à cinq cents et quelques millions de personnes, est le plus grand marché au monde. Et c’est fini (…) le supermarché où l’on prend ce que l’on veut ». »

André Gattolin, sénateur (LREM) des Hauts-de-Seine et vice-président de la commission des affaires européennes au Sénat, renchérit : « [Emmanuel Macron] arrive avec deux éléments forts : d’abord la directive, qui est en cours d’adoption, sur le contrôle des investissements stratégiques (…) et puis l’autre élément, c’est effectivement toutes les mesures antidumping ». Et il ajoute : «  Aujourd’hui, il y a un rééquilibrage parce que la Chine ne va pas aussi bien que ça, quoi qu’on en dise (…) Sa situation ne fonctionne que si le reste du monde fonctionne bien. Elle ne peut pas être dans un rapport de pure domination. Et l’Union européenne reste de loin, encore son plus gros marché. »

Sylvie Matelly, économiste, directrice adjointe de l’IRIS, voit surtout arriver « une nouvelle époque » : « Macron veut se positionner comme celui qui ouvre la voie en Europe, de cette nouvelle époque (…) Très longtemps, on s’est méfié de la Chine en Europe, tout en la laissant investir partout et sur tous les sujets (…) Et finalement, on voit aujourd’hui un retournement, où l’on a envie de tisser des relations avec la Chine (…) d’amplifier nos relations. Mais dans un échange plus d’égal à égal. »

 

Pour voir le débat d'OVPL, en intégralité :

Débat OVPL : Macron en Chine, le bon timing
24:43

Partager cet article

Dans la même thématique

Macron en Chine : le bon timing
3min

Politique

Présidentielle 2027 : « J’ai toujours considéré que Jean-Luc Mélenchon était le vote inutile à gauche », souligne Patrick Kanner

Le président des sénateurs socialistes ne se montre pas surpris par les intentions de vote élevées, que recueille le leader de la France insoumise, dans notre baromètre Odoxa. L’ancien ministre des Sports rappelle qu’une campagne présidentielle est un « marathon » et que l’enjeu pour la gauche est de faire émerger un candidat capable de l’emporter face au Rassemblement national au second tour.

Le

Macron en Chine : le bon timing
3min

Politique

Deux TGV Paris-Nice immobilisés : le ministre des Transports plaide en faveur « d’un projet de loi-cadre » pour augmenter les investissements sur le rail

Deux TGV Paris-Nice immobilisés plusieurs heures lundi après-midi au nord de Lyon après une rupture de caténaire, sont arrivés avec sept heures de retard dans la nuit. Sans électricité, les deux trains n’étaient plus climatisés. Au micro de Public Sénat, le ministre des Transports, Philippe Tabarot chiffre à 4 milliards et demi d’euros les investissements pour que le réseau fonctionne de « manière beaucoup plus optimum » lors de fortes chaleurs.

Le

Macron en Chine : le bon timing
5min

Politique

Sénatoriales : le RN évoque des « contacts » avec des élus LR et centristes pour constituer un groupe

A l’approche des élections sénatoriales, le Rassemblement national a confirmé son objectif de constituer un groupe à la Haute assemblée avec son allié UDR. Lors d’une conférence de presse au siège du parti, Christopher Szczurek, sénateur LR du Pas-de-Calais évoque même des « contacts » avec des sénateurs LR et centristes tentés par l’aventure.

Le