Macron en Nouvelle-Calédonie pour célébrer « notre histoire commune »
Emmanuel Macron est arrivé jeudi en Nouvelle-Calédonie pour une visite jalonnée d'actes symboliques destinés à "consacrer des moments importants...

Macron en Nouvelle-Calédonie pour célébrer « notre histoire commune »

Emmanuel Macron est arrivé jeudi en Nouvelle-Calédonie pour une visite jalonnée d'actes symboliques destinés à "consacrer des moments importants...
Public Sénat

Par Cécile AZZARO

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Emmanuel Macron est arrivé jeudi en Nouvelle-Calédonie pour une visite jalonnée d'actes symboliques destinés à "consacrer des moments importants de notre histoire commune", mais sensible, à six mois du référendum sur l'indépendance, avec notamment un déplacement à Ouvéa, 30 ans tout juste après les sanglants événements.

A sa descente d'avion, le chef de l'Etat s'est dit "très heureux" de "venir ici dans une année qui est importante pour la Nouvelle-Calédonie".

"Ce sera d'abord l'occasion (...) de consacrer des moments importants de notre histoire commune, des moments qui ont pu être parfois douloureux, comme ceux que nous aurons à commémorer", a souligné Emmanuel Macron, citant les "30 ans d'Ouvéa".

M. Macron, qui avait exprimé pendant sa campagne présidentielle le voeu que l'archipel, célèbre pour ses plages paradisiaques et ses réserves de nickel, reste français, a assuré qu'il n'avait "pas à prendre position" sur le référendum.

Quel que soit le résultat, "nous respecterons ce vote", a-t-il affirmé en souhaitant que ce ne soit pas "un moment de tension inutile".

Dès son arrivée, M. Macron a pris un bain de foule sur la place Bir-Hakeim à Nouméa, où la population l'a remercié "d'être venu jusqu'ici", et lui a demandé de "penser à la jeunesse calédonienne" ou les "aider à rester français".

Cérémonie d'acceuil coutumier réservée à Emmanuel Macron (c) jeudi 3 mai 2018 à Nouméa
Cérémonie d'acceuil coutumier réservée à Emmanuel Macron (c) jeudi 3 mai 2018 à Nouméa
AFP

Il a ensuite rencontré les membres du Sénat coutumier kanak, qui souhaitent que le président qualifie de "crime contre l'humanité" la violence de la colonisation de l'archipel.

Lors d'une première cérémonie d'accueil coutumier, lui a été remise une "hâche ostensoir de la légitimité kanak", a expliqué Gilbert Tein, sénateur coutumier.

En réponse, M. Macron a dit son "humilité devant ce que vous représentez, une histoire si ancienne et si forte", et souligné qu'il fallait "savoir marier les légitimités que chacun représente, ancestrale, démocratique".

M. Macron sera le premier président français à se rendre samedi dans la province des îles Loyauté, à Ouvéa, théâtre le 5 mai 1988 de l'assaut meurtrier contre la grotte où des indépendantistes retenaient des gendarmes en otages.

- "Trois gestes de mémoire" -

Il effectuera sur l'île "trois gestes de mémoire et de recueillement", sans discours.

Une cérémonie aura lieu devant la stèle commémorative de la gendarmerie de Fayaoué, théâtre le 22 avril 1988 de l'attaque d'un commando indépendantiste qui avait tué quatre gendarmes et pris 27 autres en otages.

Deux moments de recueillement seront observés à Wadrilla, où ont été assassinés le 4 mai 1989 les deux leaders nationalistes Jean-Marie Tjibaou et Yeiwéné Yeiwéné, par l'un des leurs, Djubelly Wea, et à quelques mètres de là, devant le monument des 19 militants kanaks tués (ainsi que deux militaires) lors de l'assaut de la grotte.

Mais ce déplacement divise à Ouvéa, où le comité de Gossanah (tribu au nord d'Ouvéa) a menacé de l'empêcher. Dans un communiqué, les chefferies de l'île ont elles appelé la population à accueillir le chef de l'Etat et à "se projeter dans un avenir serein".

Autre geste fort samedi, Emmanuel Macron remettra au gouvernement calédonien l'acte de prise de possession de la Nouvelle-Calédonie, le 24 septembre 1853 au nom de Napoléon III, lors d'une cérémonie au Centre culturel Tjibaou.

La Nouvelle-Calédonie
Fiche et chronologie sur la Nouvelle-Calédonie
AFP

Le chef de l'Etat prononcera aussi un "grand discours", toujours le 5 mai, date anniversaire de l'accord de Nouméa de 1998 qui a mis un terme aux violences et entamé un processus de décolonisation par étapes, ouvrant la voie au référendum d'autodétermination du 4 novembre.

Selon un sondage de l'institut local I-Scope en partenariat avec la télévision Caledonia, les opposants à l'indépendance devraient largement l'emporter.

Conscient de la peur de troubles liés au référendum, dans une société encore très inégale, le président se rendra vendredi à la cité Pierre-Lenquette, un quartier de "reconquête républicaine" de Nouméa.

A l'aile la plus à droite du camp des non-indépendantistes, on estime que sa visite est trop tournée vers l'identité kanak. Une "marche bleu blanc rouge" est prévue vendredi à Nouméa.

M. Macron était arrivé en 3e position en Nouvelle-Calédonie derrière François Fillon et Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle de 2017, avant de l'emporter au second avec un score inférieur à sa moyenne nationale (52,57% des voix).

Partager cet article

Dans la même thématique

Philippe Brun
5min

Politique

Primaire PS : la justice rejette la demande de réintégration de Philippe Brun, qui dénonce « un coup monté » après des révélations du Canard Enchaîné

La justice a rejeté la demande du député de l’Eure d’être réintégré à la primaire PS/Place Publique. Mais face à de nouvelles révélations du Canard Enchaîné, Philippe Brun annonce faire appel de la décision et demande toujours à être réintégré à la primaire. « On a menti au bureau national du PS, en lui faisant croire qu’une plaignante s’était manifestée la veille du dépôt des candidatures, et a la justice », dénonce le député PS.

Le

10min

Politique

« Les sénateurs sont vraiment des alliés » : les maires comptent sur les sénatoriales, mais de plus en plus sont « désabusés »

Dernière ligne droite avant les élections sénatoriales dimanche 27 septembre. Chez les maires, qui représentent 95 % des grands électeurs, il y a « beaucoup d’attentes vis-à-vis de l’institution sénatoriale ». Mais de nombreux élus sont aussi « résignés, blasés, désabusés », face à « des annonces pas forcément tenues » par le gouvernement, à commencer par le plan canicule pour les écoles. Paroles de maires.

Le

Illustration of the  Cour des Comptes in Paris
7min

Politique

Nouvel impôt sur la fortune, taxe sur les holdings, révision du Pacte Dutreil : les pistes de la Cour des comptes accueillies froidement par la majorité sénatoriale

Dans une note destinée à nourrir le débat public, la Cour des comptes préconise une légère hausse de la fiscalité du patrimoine via la création d'un nouvel impôt sur la fortune personnelle, une taxe sur les holdings ou encore la révision du Pacte Dutreil. Ces pistes sont destinées à répondre « au sentiment d'injustice, qui altère le consentement à l'impôt », mais vont à rebours de la position de la majorité sénatoriale pour qui le redressement de l'économie passe au contraire par un allégement de charges et la facilitation des transmissions des biens professionnels.

Le