Macron endosse le rôle d' »opposant principal » à Orban et Salvini
A l'approche des élections européennes, Emmanuel Macron assume mercredi le rôle d'"opposant principal" aux "nationalistes", que lui a décerné le...

Macron endosse le rôle d' »opposant principal » à Orban et Salvini

A l'approche des élections européennes, Emmanuel Macron assume mercredi le rôle d'"opposant principal" aux "nationalistes", que lui a décerné le...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

A l'approche des élections européennes, Emmanuel Macron assume mercredi le rôle d'"opposant principal" aux "nationalistes", que lui a décerné le Premier ministre hongrois Viktor Orban, pour qui le président français est le chef de file des "partis pro-migrants".

Après plusieurs mois de critiques indirectes, les accusations se font désormais frontales entre dirigeants de l'Union européenne.

Emmanuel Macron a été clairement pris pour cible mardi par les deux principaux partisans de la ligne dure contre les migrants: Viktor Orban et Matteo Salvini, l'homme fort du gouvernement italien, réunis à Milan.

"Il y a actuellement deux camps en Europe et l'un est dirigé par Macron", a affirmé le Premier ministre hongrois. "Il est à la tête des forces politiques soutenant l'immigration", a-t-il lancé. "De l'autre côté, il y a nous qui voulons arrêter l'immigration illégale", a-t-il ajouté.

Interrogé sur ces propos, Emmanuel Macron a répliqué mercredi: "s'ils ont voulu voir en ma personne leur opposant principal, ils ont raison".

Car "je ne céderai rien aux nationalistes et à ceux qui prônent ce discours de haine", a-t-il ajouté à Copenhague, au second jour de sa visite au Danemark.

Pour le président français, "il se structure une opposition forte entre nationalistes et progressistes" en Europe.

A neuf mois des élections européennes, celle-ci se cristallise actuellement sur le dossier des migrants, devenu le principal cheval de bataille de Matteo Salvini depuis l'arrivée au pouvoir du premier gouvernement populiste en Italie, l'un des pays fondateurs de l'Union européenne.

La rencontre Orban-Salvini est "fondatrice" pour Marine Le Pen. "Le choix des européennes 2019 sera bien celui entre l'UE de Macron, en marche vers le fédéralisme et l'immigration de masse, et l'Europe des Nations libres, des identités et des protections que nous représentons", juge la présidente du Rassemblement national (RN, ex-FN), idéologiquement proche des deux dirigeants.

Le président français devra aussi faire face à la volonté de l'un de ses principaux opposants, le leader de la France Insoumise (extrême gauche) Jean-Luc Mélenchon, de transformer ce scrutin en "référendum anti-Macron".

- "arc progressiste" -

Le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini (D) à côté du Premier ministre hongrois Viktor Orban lors d'une conférence de presse à Milan le 28 août 2018.
Le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini (D) à côté du Premier ministre hongrois Viktor Orban lors d'une conférence de presse à Milan le 28 août 2018.
AFP

Le ministre de l'Intérieur italien, martelant que son pays ne sera pas le "camp de réfugiés" de l'Europe, fait front commun avec Viktor Orban en vue du scrutin. "Nous misons sur un axe, nous verrons ce qu'il sera possible de faire ensemble. Nous travaillons tous à la construction d'une autre Europe", a-t-il déclaré mardi.

Dans le même temps, Emmanuel Macron recherche des alliés au sein de l'UE afin de constituer un "arc progressiste", l'un des objectifs de sa visite au Danemark et en Finlande jusqu'à jeudi.

"Les extrêmes ont progressé et les nationalismes se sont réveillés. Est-ce une raison pour abandonner? Certainement pas (...). Il faut en réalité redoubler nos efforts", a-t-il lancé lundi en présentant sa feuille de route diplomatique aux ambassadeurs français. En avertissant que ce combat, qui "ne fait que commencer", sera "long" et "difficile".

A Copenhague, le chef de l'Etat français a insisté sur le "sérieux" et "l'esprit de responsabilité" nécessaires "pour traiter" le sujet des migrations "en profondeur" et "en restant attaché à nos valeurs". Or, "ce n'est pas ce que proposent MM. Orban et Salvini".

Pour lui, ces derniers sont "des "opportunistes" de l'Europe qui profitent de ses subventions mais en refusent les contraintes. Les "xénophobes n'apportent aucune solution au mal qu'ils dénoncent", a-t-il accusé lundi.

Les échanges s'annoncent tendus au prochain rendez-vous des dirigeants européens, qui se retrouveront le 20 septembre à Salzbourg (Autriche) pour un conseil informel consacré en partie au dossier des migrants.

Lors de leur dernier sommet, en juin, ils s'étaient entendus pour promouvoir des "centres contrôlés" sur le territoire de l'UE et des "plateformes régionales de débarquement" dans le bassin méditerranéen. Les discussions doivent reprendre en septembre, mais elles s'annoncent difficiles.

Rome a haussé le ton la semaine dernière en menaçant de cesser de contribuer au budget de l'UE si une solution n'était pas trouvée pour régler la situation du Diciotti, un navire bloqué dans le port de Catane (Sicile) avec environ 150 personnes secourues en mer à son bord.

Ces dernières ont finalement débarqué dans la nuit de samedi à dimanche à la suite d'un accord entre l'Eglise italienne, l'Albanie et de l'Irlande pour se répartir leur prise en charge.

Partager cet article

Dans la même thématique

Macron endosse le rôle d' »opposant principal » à Orban et Salvini
2min

Politique

Municipales 2026 : « On ne peut pas critiquer la vie politique si on n’y participe pas », estime Albane Gély, primo-votante

Les élections municipales qui auront lieues le 15 et 22 mars prochains seront pour certains la première occasion de voter. Invitée dans l’émission Dialogue Citoyen, Albane, étudiante en droit et philosophie, témoigne de l’importance pour elle de voter, une exception chez les 18-25 ans qui n’étaient que 30% à s’être déplacés lors des dernières élections municipales. Une élection organisée juste avant la période de confinement.

Le

Macron endosse le rôle d' »opposant principal » à Orban et Salvini
3min

Politique

Alain Duhamel : « Les Français sont dans un état de défiance que je trouve totalement disproportionné »

Il a connu Pompidou, interviewé Valéry Giscard d’Estaing, mis sur le grill François Mitterrand et, pour ainsi dire, vu naître politiquement tous les autres présidents de la Cinquième République. Voilà cinquante ans qu’Alain Duhamel ausculte la politique française avec une tempérance devenue sa marque de fabrique. La retraite ? Impensable pour l’éditorialiste qui publie Les Politiques, portraits et croquis (éditions de l’Observatoire) dans lequel sont scrutées 63 personnalités politiques avec beaucoup de franchise. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde un regard, il revient sur les souvenirs marquants de sa carrière et analyse le climat politique des dernières années.

Le

6min

Politique

Royaume-Uni : Keir Starmer face à « la défiance » de son propre camp, après de nouvelles révélations entre Jeffrey Epstein et l’ancien ambassadeur britannique à Washington

Le Premier ministre essuie les conséquences de sa décision de nommer Peter Mandelson en tant qu’ambassadeur à Washington en 2024, alors que ses liens avec Jeffrey Epstein étaient déjà connus. Après la publication de nouveaux fichiers sur le financier américain, la pression s’accentue contre Keir Starmer, déjà fragilisé depuis le début de son mandat.

Le

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?
8min

Politique

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?

Le ministère de l’Intérieur a déclenché les foudres des Insoumis en classant ce mouvement pour la première fois à l’extrême gauche, dans une circulaire adressée aux préfets en vue de la catégorisation des candidats et des listes. Ce n’est pas la première fois que la place Beauvau est critiquée pour ses choix.

Le