Macron et Le Pen en duel à Paris pour lancer le sprint final
Favoris des sondages mais en position encore précaire, Emmanuel Macron et Marine Le Pen se sont toisés à distance à quelques heures d'intervalle...

Macron et Le Pen en duel à Paris pour lancer le sprint final

Favoris des sondages mais en position encore précaire, Emmanuel Macron et Marine Le Pen se sont toisés à distance à quelques heures d'intervalle...
Public Sénat

Par Jérémy MAROT

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

Favoris des sondages mais en position encore précaire, Emmanuel Macron et Marine Le Pen se sont toisés à distance à quelques heures d'intervalle en meetings lundi à Paris, lançant une dernière semaine décisive avant le premier tour de la présidentielle.

Alors que les enquêtes d'opinion montrent un resserrement des positions en tête et soulignent la part importante d'indécision de l'électorat, la gestion du sprint final sera cruciale. Gare au faux pas avant vendredi minuit, fin officielle de la campagne !

Talonnés par Jean-Luc Mélenchon et François Fillon, Emmanuel Macron et Marine Le Pen cherchent à recréer une dynamique porteuse.

Le candidat du mouvement En Marche ! Emmanuel Macron, lors d'un meeting à Paris, le 17 avril 2017
Le candidat du mouvement En Marche ! Emmanuel Macron, lors d'un meeting à Paris, le 17 avril 2017
AFP

Le candidat d'En Marche! a tenu lundi après-midi son plus grand meeting de campagne à Bercy. "Dimanche, nous allons gagner, et ce sera le début d'une nouvelle France", a lancé le leader d'En Marche! devant près de 20.000 personnes.

M. Macron a ironisé sur le choix entre "Thatcher ou Trotski, Fidel Castro ou Maurras". Le matin, il s'était lancé dans une opération "transparence" sur RMC et BFMTV, en prévision de "fausses informations" qui pourraient sortir à son sujet. Et l'ancien ministre de démentir avoir reçu un héritage de plusieurs millions d'euros de son ami Henry Hermand, homme d'affaires décédé à l'automne dernier, et de détailler ses gains et dépenses durant la période 2009-2014, avant son entrée au gouvernement. Il a dit avoir dépensé "environ 700.000 euros de vie courante" au cours de la période.

- Fillon: "m'abattre plutôt que débattre"-

Le candidat d'En Marche! met les bouchées doubles alors que Marine Le Pen a redoublé ses attaques à son encontre samedi à Perpignan ("Ce sera l'islamisme en marche!"), puis lundi soir lors d'un meeting au Zénith de Paris.

Marine Le Pen, candidate du Front national à la présidentielle, en meeting le 17 avril 2017 à Paris
Marine Le Pen, candidate du Front national à la présidentielle, en meeting le 17 avril 2017 à Paris
AFP

"Rendez-nous la France", a lancé la présidente du FN lors d'un discours aux accents identitaires. Mme Le Pen a annoncé son intention, en cas d'élection, d'ordonner un "moratoire sur toute l'immigration légale" pour "arrêter ce délire". Une promesse qui ne figure pas dans son programme.

Son discours a été perturbé par deux militantes Femen, chaque fois rapidement évacuées par le service d'ordre. De brefs heurts ont par ailleurs opposé des militants anti-FN aux forces de l'ordre en marge du meeting.

La présidente du FN poursuivra sa campagne avec un grand meeting mercredi à Marseille.

Le candidat du parti Les Républicains à la présidentielle, François Fillon, lors d'un meeting à Nice, le 17 avril 2017
Le candidat du parti Les Républicains à la présidentielle, François Fillon, lors d'un meeting à Nice, le 17 avril 2017
AFP

François Fillon croit toujours à sa victoire. "La campagne a été rude. Mes opposants de tous bords n’ont cherché qu’une seule chose: m’abattre plutôt que débattre". Mais "je les ai surpris une fois lors de la primaire, nous les surprendrons une seconde fois lors de l'élection présidentielle", a-t-il lancé lors d'un meeting à Nice au cours duquel Christian Estrosi, président de Paca et ex-maire de la ville, a essuyé des huées, quelques semaines après avoir reçu Emmanuel Macron à l'hôtel de région.

M. Fillon avait largement occupé le terrain durant le week-end pascal en s'adressant à l'électorat catholique, notamment en se rendant samedi au Puy-en-Velay (Haute-Loire), haut-lieu du catholicisme français.

De son côté, Jean-Luc Mélenchon veut capitaliser sur ce temps fort pour troubler encore davantage la bataille pour le second tour, alors que juste avant le long week-end, deux sondages voyaient le leader de La France insoumise atteindre la barre des 20% d'intentions de vote.

Lundi, il a vogué à bord de la "péniche insoumise" de Bobigny à la Bibliothèque François-Mitterrand à Paris. "C'est cette semaine que tout va se jouer", a-t-il lancé, avant d'avertir ses partisans qu'il risquait de lui "manquer une poignée de voix" pour accéder au second tour.

Le candidat du mouvement La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, prononce un discours sur une péniche à Paris, le 17 avril 2017
Le candidat du mouvement La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, prononce un discours sur une péniche à Paris, le 17 avril 2017
POOL/AFP

M. Mélenchon doit créer l'événement mardi avec un meeting à Dijon répliqué par hologramme dans six autres villes.

Quant à Benoît Hamon, décroché du carré de tête, il comptera sur un meeting à Toulouse mardi et un rassemblement "festif et très politique" mercredi place de la République à Paris pour déjouer les pronostics.

Le candidat socialiste a affirmé lundi ne pas croire en un "second tour droite - extrême-droite", se bornant à indiquer que dans un tel cas, il ne "voterait pas Marine Le Pen". Selon un sondage Elabe publié lundi, M. Macron reste en tête du premier tour (24%) devant Marine Le Pen (23%), François Fillon (19,5%) Jean-Luc Mélenchon (18%) et Benoît Hamon (8%).

Partager cet article

Dans la même thématique

Macron et Le Pen en duel à Paris pour lancer le sprint final
5min

Politique

Elections provinciales en Nouvelle-Calédonie : Naïma Moutchou propose l’entrée de 1 500 à 1800 personnes dans le corps électoral en tant que conjoints de natifs 

Alors que se tiendra le 28 juin, les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie, le gouvernement s’appuie sur une proposition de loi du Sénat pour parvenir à un consensus sur l’élargissement du corps électoral aux natifs de l’Archipel. Mais l’exécutif compte aller plus loin en y intégrant également leurs conjoints. Auditionnée mercredi par la commission des lois du Sénat, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou s’est vu opposer une fin de recevoir par les élus. 

Le

Paris: Examens projets de loi Senat
8min

Politique

Gérald Darmanin recule sur le plaider-coupable : « Un mauvais service rendu aux victimes », dénonce la rapporteure du texte au Sénat

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin a, largement, revu à la baisse la portée du dispositif de plaider-coupable, la réforme phare et controversée de son projet de loi sur la justice criminelle, adopté au Sénat le mois dernier. Face à la pression des avocats, le ministre propose désormais d’exclure du dispositif tous les crimes sexuels et l’ensemble des crimes passibles de la cour d’assises. « Certains se servent des victimes contre l’intérêt », dénonce Dominique Vérien, présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat et co-rapporteure du texte.

Le

Hearing of French billionaire and majority shareholder of the Canal+ media group Vincent Bollore at National Assembly
7min

Politique

L’offensive de Vincent Bolloré sur le septième art

À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, une tribune signée par près de 600 professionnels du cinéma dénonce l’extension de l’influence de Vincent Bolloré dans le septième art. L’entrée de Canal+ au capital d’UGC ravive les craintes autour de la concentration des médias et d’une possible emprise idéologique sur la création culturelle française.

Le