Macron exhorte les jeunes à se lancer dans le grand débat
"C'est à vous de vous exprimer!": Emmanuel Macron a appelé un millier de jeunes rassemblés autour de lui jeudi en Bourgogne à se...

Macron exhorte les jeunes à se lancer dans le grand débat

"C'est à vous de vous exprimer!": Emmanuel Macron a appelé un millier de jeunes rassemblés autour de lui jeudi en Bourgogne à se...
Public Sénat

Par Jérôme RIVET et Olivier DEVOS

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"C'est à vous de vous exprimer!": Emmanuel Macron a appelé un millier de jeunes rassemblés autour de lui jeudi en Bourgogne à se saisir du grand débat, une consultation qui prépare "l'avenir de la France", et à s'intéresser à la politique.

"Au fond, ce que nous avons à faire, c'est inventer le pays dont nous voulons, ni plus ni moins", a lancé le chef de l'Etat en introduisant la discussion dans le gymnase de la petite ville d'Etang-sur-Arroux (Saône-et-Loire).

Durant les quatre heures et demi du débat, les mains n'ont cessé de se lever pour l'interpeller dans l'assistance, composée d'un millier de lycéens, d'étudiants ou d'apprentis de 15 à 25 ans venus des quatre coins du du département.

Appelés à exprimer leurs "convictions, doutes et interpellations", les jeunes ont témoigné de la cherté des études, des difficultés à entrer dans la vie active, des inquiétudes sur l'avenir de l'agriculture ou de la filière nucléaire... Des préoccupations parfois bien différentes de celles exprimées lors des cinq précédents débats auxquels a participé le chef de l'Etat pour trouver une issue à la crise des "gilets jaunes".

Ces interventions ont souvent été applaudies et l'émotion a saisi le gymnase lorsque un garçon et deux jeunes filles ont témoigné de leur handicap, notamment la dyslexie, et du harcèlement à l'école.

"J'entends dire que la jeunesse ne participait pas assez à ces débats", a souligné Emmanuel Macron en préambule du débat. Avant d'affirmer, en le concluant, que la richesse des échanges démontrait "formidablement le contraire". "Faites de la politique", leur a-t-il lancé, en bras de chemise.

En répondant, parfois longuement, avec le soutien des ministres de l'Education Jean-Michel Blanquer et du Travail Muriel Pénicaud, Emmanuel Macron a défendu les décisions et les réformes mises en oeuvre depuis son arrivée à l'Elysée. Tout en se montrant ouvert à étudier certains propositions des intervenants, comme sur le Livret Jeunes ou sur ParcoursSup.

Interpellé par un lycéen sur le service national universel (SNU), qui "suscite beaucoup d'interrogations", il l'a qualifié de "chance inouïe pour votre génération", annonçant que "l'intégralité du permis" de conduire pourrait être passé dans ce cadre.

- "meilleure image" -

Le président "a pris un risque en venant devant nous", a commenté Sandra Delbeken, 18 ans, élève de l'établissement de réinsertion (Epide) d'Etang-sur-Arroux. "Il nous a donné une meilleure image de lui, celle de quelqu'un qui s'intéresse aux gens", a-t-elle ajouté, en regrettant toutefois un débat "un peu trop long".

Son camarade Florent Pierron, 18 ans, s'est également félicité que le président ne soit pas apparu trop "politicien", comme il le craignait. "J'espère qu'il fera ce qu'il a dit, comme d'améliorer la vie dans les écoles et les lycées".

Le chef de l'État avait débuté sa visite en Saône-et-Loire en s'entretenant pendant deux heures à Autun avec 45 élus de ce département rural, qui ont "pris la crise des gilets jaunes en pleine figure", selon le maire de Blanzy, Hervé Mazurek.

"Avec ce grand débat, vous n'avez pas le droit à l'erreur", a lancé au président Alain Gaudray, maire de Fragnes-La-Loyère. Il l'a exhorté à annoncer "des actions concrètes, rapides", car sinon "le rang des mécontents va grossir".

Une centaine de "gilets jaunes" s'étaient rassemblés dans le centre d'Autun, où six d'entre eux ont ensuite été reçus par la secrétaire d'Etat Emmanuelle Wargon, co-animatrice du grand débat.

Près de deux Français sur trois (64%) continuent de "soutenir" le mouvement des "gilets jaunes", soit deux points de plus en un mois, selon un sondage YouGov diffusé jeudi.

Emmanuel Macron, qui remonte dans les sondages, prévoit de participer à un ou deux débats par semaine jusqu'à la fin du grand débat, prévue pour la mi-mars.

Des "conférences citoyennes" doivent se tenir ensuite dans chaque région. Les participants, parmi lesquels un quota de jeunes de 16 à 25 ans, seront tirés au sort à partir des bases de données des numéros de téléphone, a indiqué le gouvernement jeudi.

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