Macron exhorte les jeunes à se lancer dans le grand débat
"C'est à vous de vous exprimer!": Emmanuel Macron a appelé un millier de jeunes rassemblés autour de lui jeudi en Bourgogne à se...

Macron exhorte les jeunes à se lancer dans le grand débat

"C'est à vous de vous exprimer!": Emmanuel Macron a appelé un millier de jeunes rassemblés autour de lui jeudi en Bourgogne à se...
Public Sénat

Par Jérôme RIVET et Olivier DEVOS

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

"C'est à vous de vous exprimer!": Emmanuel Macron a appelé un millier de jeunes rassemblés autour de lui jeudi en Bourgogne à se saisir du grand débat, une consultation qui prépare "l'avenir de la France", et à s'intéresser à la politique.

"Au fond, ce que nous avons à faire, c'est inventer le pays dont nous voulons, ni plus ni moins", a lancé le chef de l'Etat en introduisant la discussion dans le gymnase de la petite ville d'Etang-sur-Arroux (Saône-et-Loire).

Durant les quatre heures et demi du débat, les mains n'ont cessé de se lever pour l'interpeller dans l'assistance, composée d'un millier de lycéens, d'étudiants ou d'apprentis de 15 à 25 ans venus des quatre coins du du département.

Appelés à exprimer leurs "convictions, doutes et interpellations", les jeunes ont témoigné de la cherté des études, des difficultés à entrer dans la vie active, des inquiétudes sur l'avenir de l'agriculture ou de la filière nucléaire... Des préoccupations parfois bien différentes de celles exprimées lors des cinq précédents débats auxquels a participé le chef de l'Etat pour trouver une issue à la crise des "gilets jaunes".

Ces interventions ont souvent été applaudies et l'émotion a saisi le gymnase lorsque un garçon et deux jeunes filles ont témoigné de leur handicap, notamment la dyslexie, et du harcèlement à l'école.

"J'entends dire que la jeunesse ne participait pas assez à ces débats", a souligné Emmanuel Macron en préambule du débat. Avant d'affirmer, en le concluant, que la richesse des échanges démontrait "formidablement le contraire". "Faites de la politique", leur a-t-il lancé, en bras de chemise.

En répondant, parfois longuement, avec le soutien des ministres de l'Education Jean-Michel Blanquer et du Travail Muriel Pénicaud, Emmanuel Macron a défendu les décisions et les réformes mises en oeuvre depuis son arrivée à l'Elysée. Tout en se montrant ouvert à étudier certains propositions des intervenants, comme sur le Livret Jeunes ou sur ParcoursSup.

Interpellé par un lycéen sur le service national universel (SNU), qui "suscite beaucoup d'interrogations", il l'a qualifié de "chance inouïe pour votre génération", annonçant que "l'intégralité du permis" de conduire pourrait être passé dans ce cadre.

- "meilleure image" -

Le président "a pris un risque en venant devant nous", a commenté Sandra Delbeken, 18 ans, élève de l'établissement de réinsertion (Epide) d'Etang-sur-Arroux. "Il nous a donné une meilleure image de lui, celle de quelqu'un qui s'intéresse aux gens", a-t-elle ajouté, en regrettant toutefois un débat "un peu trop long".

Son camarade Florent Pierron, 18 ans, s'est également félicité que le président ne soit pas apparu trop "politicien", comme il le craignait. "J'espère qu'il fera ce qu'il a dit, comme d'améliorer la vie dans les écoles et les lycées".

Le chef de l'État avait débuté sa visite en Saône-et-Loire en s'entretenant pendant deux heures à Autun avec 45 élus de ce département rural, qui ont "pris la crise des gilets jaunes en pleine figure", selon le maire de Blanzy, Hervé Mazurek.

"Avec ce grand débat, vous n'avez pas le droit à l'erreur", a lancé au président Alain Gaudray, maire de Fragnes-La-Loyère. Il l'a exhorté à annoncer "des actions concrètes, rapides", car sinon "le rang des mécontents va grossir".

Une centaine de "gilets jaunes" s'étaient rassemblés dans le centre d'Autun, où six d'entre eux ont ensuite été reçus par la secrétaire d'Etat Emmanuelle Wargon, co-animatrice du grand débat.

Près de deux Français sur trois (64%) continuent de "soutenir" le mouvement des "gilets jaunes", soit deux points de plus en un mois, selon un sondage YouGov diffusé jeudi.

Emmanuel Macron, qui remonte dans les sondages, prévoit de participer à un ou deux débats par semaine jusqu'à la fin du grand débat, prévue pour la mi-mars.

Des "conférences citoyennes" doivent se tenir ensuite dans chaque région. Les participants, parmi lesquels un quota de jeunes de 16 à 25 ans, seront tirés au sort à partir des bases de données des numéros de téléphone, a indiqué le gouvernement jeudi.

Partager cet article

Dans la même thématique

Illustration of the headquarters of the French media group Canal +
9min

Politique

Tribune anti-Bolloré et réaction de Canal + : le cinéma français au bord de la fracture

Après la tribune anti-Bolloré signée par près de 600 professionnels du cinéma, la riposte du patron de Canal+, Maxime Saada, a déclenché une onde de choc politique et culturelle. Entre accusations de « maccarthysme », dénonciation d’une « caste gauchiste » et inquiétudes sur l’emprise idéologique du groupe Vivendi, la polémique révèle une fracture profonde, celle d’un cinéma français pris entre dépendance économique et bataille culturelle.

Le

People vote in Bordeaux for the legislatives elections
6min

Politique

Municipales 2026 : un électeur sur six a utilisé l’IA pour l’aider dans son choix de vote, révèle une étude

Les élections municipales ont vu, pour la première fois en France, un nombre significatif d’électeurs, environ un sur six, faire appel à l’IA conversationnelle pour déterminer leur choix de vote, d’après une étude Toluna Harris Interactive. Une pratique encore très minoritaire, mais qui interroge sur l’influence politique réelle de l’IA à un an de l’élection présidentielle.

Le

New Caledonia’s vote on independence from France
4min

Politique

Elections provinciales en Nouvelle-Calédonie : le texte visant à élargir le corps électoral adopté en commission au Sénat

A l’approche des élections provinciales en Nouvelle-Calédonie qui se tiendront le 28 juin, la commission des lois du Sénat a adopté la proposition de loi organique visant à élargir le corps électoral aux natifs de l’Archipel. L’exécutif, qui compte aller plus loin en y intégrant également les conjoints des natifs, déposera son amendement en séance publique, cet après-midi.

Le

Macron exhorte les jeunes à se lancer dans le grand débat
3min

Politique

Candidature de Gabriel Attal pour 2027 : « On s’y prépare, il s’y prépare depuis des années », explique Franck Riester

Invité de la matinale de Public Sénat, Franck Riester détaille les raisons de son soutien à Gabriel Attal et considère qu’il est le mieux placé pour être le candidat du bloc central pour l’élection présidentielle de 2027. L’ancien ministre de la Culture estime par ailleurs qu’une candidature commune pour le bloc central pour 2027 pourrait être actée “en début d’année prochaine”.

Le