Macron invite les Français à moins se plaindre, l’opposition réplique
Emmanuel Macron a estimé jeudi, en rencontrant des habitants à Colombey-les-Deux-Eglises (Haute-Marne), que la France se...

Macron invite les Français à moins se plaindre, l’opposition réplique

Emmanuel Macron a estimé jeudi, en rencontrant des habitants à Colombey-les-Deux-Eglises (Haute-Marne), que la France se...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Emmanuel Macron a estimé jeudi, en rencontrant des habitants à Colombey-les-Deux-Eglises (Haute-Marne), que la France se porterait "autrement" si les Français se plaignaient moins, suscitant critiques et ironie de l'opposition.

A une retraitée qui se plaignait de sa faible pension, le président a répondu: "Le petit-fils du général (de Gaulle) m'a dit tout à l'heure" que la règle devant son grand-père était: "+Vous pouvez parler très librement; la seule chose qu'on n'a pas le droit de faire, c'est de se plaindre+".

"Je trouve que c'est une bonne pratique qu'avait le général. Le pays se tiendrait autrement s'il était comme ça", a-t-il ajouté.

"On ne se rend pas compte de la chance immense qu'on a. On vit de plus en plus vieux dans notre pays en bonne santé", a poursuivi Emmanuel Macron en discutant d'un ton courtois avec des habitants qui se pressaient contre les barrières.

S'adressant à une autre retraitée, il a ajouté: "Je me bats pour que votre petit-fils puisse avoir une retraite. Mais c'est pour cette raison que je ne peux pas vous dire: +Je vais donner ça+. (...) Il faut des gens pour produire avant de redistribuer".

"+Ceux qui se plaignent+ ne le font pas par plaisir, mais parce qu'ils sont victimes des hausses ininterrompues de taxes et de l'insécurité endémique: bref, de votre politique!", a réagi sur Twitter la présidente du Rassemblement national (RN, en FN), Marine Le Pen.

"Quand (M. Macron) est à l'étranger, il les critique ouvertement, c'est +les Gaulois réfractaires+. Et quand il est en face d'eux dans la rue il les tance", a déploré sur BFMTV l'eurodéputé RN, Nicolas Bay.

Mehdi Ouraoui, un des porte-paroles du mouvement Génération.s, a dénoncé un "nouveau dérapage" dans un communiqué. "Ces insultes incessantes (...) doivent cesser", a-t-il ajouté, appelant M. Macron à "se tenir".

"Les retraités peuvent se plaindre. Ils paient aujourd'hui les cadeaux fiscaux faits aux plus riches de notre pays. +Le pays se tiendrait mieux+ si la politique était juste!", a ironisé le premier secrétaire du PS, Olivier Faure.

"Avec ce mépris permanent, il y a une incompréhension profonde entre le peuple et le président parce qu'il n'a jamais été élu de terrain et est hors sol", a jugé le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan.

Lors de ses bains de foule, M. Macron est fréquemment interpellé par des retraités qui se plaignent de la baisse de leur pension en raison, entre autres, du paiement de la CSG décidé par le gouvernement en début d'année.

Selon une étude publiée cette semaine par le service statistique des ministères sociaux, l'espérance de vie en bonne santé, c'est-à-dire sans être limité dans ses activités quotidiennes, a progressé en 2017 à 64,9 ans pour les femmes tandis qu'elle a légèrement reculé à 62,6 ans pour les hommes.

En 2017, l'espérance de vie à la naissance s'établissait en France à 85,3 ans pour une femme et 79,5 ans pour les hommes.

Partager cet article

Dans la même thématique

6min

Politique

Municipales 2026 : les prisons privées du vote par correspondance

Conformément à la loi promulguée en juillet 2025, les détenus ne pourront plus voter par correspondance aux scrutins locaux, dans le souci d’éviter toute distorsion électorale. Au mois de mars, les municipales seront les premières élections concernées par ce changement.

Le

image prétexte écran ordinateur
5min

Politique

 « Où va ma France ? » : Guillaume Gontard, président du groupe écologiste au Sénat, juge l’initiative « totalement scandaleuse et illégale ».

La députée écologiste Sabrina Sebaihi a dénoncé, lundi 5 janvier sur le réseau social X, le site « Où va ma France ? », qu’elle accuse de constituer un « fichage dangereux ». La plateforme cartographiant mosquées, quartiers dits « sensibles » et hébergements pour migrants, fait désormais l’objet de plusieurs saisines judiciaires.

Le

Le Senat, Paris.
5min

Politique

Fin de vie : « Un référendum sur le texte inopérant du Sénat, n’aurait pas de sens », considère Olivier Falorni

Cette semaine, la commission des affaires sociales du Sénat a restreint la portée de la proposition de loi établissant « un droit à l’aide à mourir », le remplaçant par une « assistance médicale à mourir ». L’auteur de la proposition de loi, le député Olivier Falorni, juge la version du Sénat « inopérante » et espère « un dernier mot » de l’Assemblée avant l’été. Le chef de l’Etat a rappelé qu’il était prêt à aller au référendum si la navette parlementaire était interrompue.

Le