Macron joue la proximité avec Angela Merkel à Berlin
Le centriste Emmanuel Macron, un des favoris de l'élection présidentielle française, a vanté jeudi sa proximité avec Angela Merkel sur les...

Macron joue la proximité avec Angela Merkel à Berlin

Le centriste Emmanuel Macron, un des favoris de l'élection présidentielle française, a vanté jeudi sa proximité avec Angela Merkel sur les...
Public Sénat

Par Daphné BENOIT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Le centriste Emmanuel Macron, un des favoris de l'élection présidentielle française, a vanté jeudi sa proximité avec Angela Merkel sur les sujets européens lors d'une visite à Berlin suivant de peu celle de son rival conservateur François Fillon.

"Je n'oublie pas que je ne suis là qu'en tant que candidat, mais j'ai vu beaucoup de convergences avec la chancelière", a déclaré M. Macron aux journalistes après sa rencontre d'environ une heure à la chancellerie avec celle qui est considérée comme la dirigeante la plus puissante d'Europe.

L'ex-ministre de l'Economie du gouvernement socialiste de François Hollande, 39 ans, a dit avoir confié à la chancelière conservatrice son fort attachement au "couple franco-allemand", son souhait de lutter "contre les extrêmes", de renforcer "l'Europe de la défense", ainsi que sa volonté de "tenir les engagements" européens de la France et d'y entamer des réformes structurelles, un sujet qui a souvent divisé Paris et Berlin par le passé.

Mais il a aussi insisté sur la nécessité d'engager "une politique d'investissements européens", ce qui pourrait constituer un sujet conflictuel avec Mme Merkel.

- Pas un 'adoubement' -

M. Macron a rejeté l'idée selon laquelle sa venue à la chancellerie pourrait être perçue comme une marque de soutien d'Angela Merkel. "Ce n'est en aucun cas un adoubement", a-t-il dit, "dans une campagne le seul adoubement, c'est celui du peuple".

Emmanuel Macron tient un point de presse devant la chancellerie après sa rencontre avec Angela Merkel, le 16 mars 2017 à Berlin
Emmanuel Macron tient un point de presse devant la chancellerie après sa rencontre avec Angela Merkel, le 16 mars 2017 à Berlin
AFP

La réception d'Emmanuel Macron à la chancellerie n'est toutefois pas anodine. L'ex-ministre s'était déjà rendu à Berlin le 10 janvier, mais n'avait pas à l'époque été reçu par Mme Merkel.

La chancelière s'était en revanche entretenu avec François Fillon, le candidat conservateur, fin janvier.

Le lendemain éclatait le scandale des emplois présumés fictifs de sa femme et de deux de ses enfants au Parlement, payés sur des deniers publics. Une affaire qui a valu à M. Fillon d'être inculpé mardi et qui plombe sa campagne.

L'intention de Mme Merkel n'est pas d'apporter "un soutien" au candidat Emmanuel Macron mais de soigner "les relations avec la France", a affirmé de son côté une porte-parole du gouvernement allemand, Ulrike Demmer.

Et la chancelière conservatrice a fait savoir fin janvier qu'elle était disposée à rencontrer les différents candidats français, à l'exception de la chef de file de l'extrême droite Marine Le Pen, aux positions anti-immigration et anti-euro.

L'intérêt en Allemagne pour le candidat centriste, y compris dans les rangs du parti de la chancelière, est réel. En privé, des proches de la chancelière soulignent qu'Emmanuel Macron est selon les sondages le plus à même d'empêcher une victoire du Front national et ne cachent pas leur étonnement, au vu de sa mise en examen, face au maintien de la candidature de l'ancien Premier ministre, pourtant investi par un parti proche de celui d'Angela Merkel.

- Positions pro-européennes -

M. Macron est actuellement au coude à coude avec Mme Le Pen dans les intentions de vote pour le premier tour de la présidentielle française, le 23 avril. François Fillon est en troisième position.

Les scandales qui éclaboussent ce dernier sont jugés avec sévérité dans un pays intransigeant sur l'éthique des politiques.

"Emmanuel Macron est aujourd'hui pris au sérieux en Allemagne. Sa volonté affichée de vouloir rendre la France crédible en faisant des réformes fait écho aux préoccupations allemandes", souligne Claire Demesmay, politologue à l'Institut allemand de politique étrangère à Berlin.

Les responsables allemands saluent la volonté réformatrice et de maîtrise des déficits tant de François Fillon que d'Emmanuel Macron.

Le candidat à la présidentielle Emmanuel Macron enlace le ministre allemand des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel, le 16 mars 2017
Le candidat à la présidentielle Emmanuel Macron enlace le ministre allemand des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel, le 16 mars 2017
POOL/AFP

Ce dernier marque des points supplémentaires en Allemagne par ses positions résolument pro-européennes. Or "dans un contexte inquiétant pour l'avenir de l'UE, avec le Brexit, la Pologne, les élections aux Pays-Bas, l'Allemagne a besoin d'une France ouverte aux questions européennes", analyse Mme Demesmay.

En 2012, Mme Merkel n'avait pas rencontré François Hollande, alors candidat socialiste, et avait apporté son soutien au président sortant Nicolas Sarkozy, candidat d'un "parti ami" de son parti conservateur (CDU).

Partager cet article

Dans la même thématique

Macron joue la proximité avec Angela Merkel à Berlin
2min

Politique

Municipales 2026 : « On ne peut pas critiquer la vie politique si on n’y participe pas », estime Albane Gély, primo-votante

Les élections municipales qui auront lieues le 15 et 22 mars prochains seront pour certains la première occasion de voter. Invitée dans l’émission Dialogue Citoyen, Albane, étudiante en droit et philosophie, témoigne de l’importance pour elle de voter, une exception chez les 18-25 ans qui n’étaient que 30% à s’être déplacés lors des dernières élections municipales. Une élection organisée juste avant la période de confinement.

Le

Macron joue la proximité avec Angela Merkel à Berlin
3min

Politique

Alain Duhamel : « Les Français sont dans un état de défiance que je trouve totalement disproportionné »

Il a connu Pompidou, interviewé Valéry Giscard d’Estaing, mis sur le grill François Mitterrand et, pour ainsi dire, vu naître politiquement tous les autres présidents de la Cinquième République. Voilà cinquante ans qu’Alain Duhamel ausculte la politique française avec une tempérance devenue sa marque de fabrique. La retraite ? Impensable pour l’éditorialiste qui publie Les Politiques, portraits et croquis (éditions de l’Observatoire) dans lequel sont scrutées 63 personnalités politiques avec beaucoup de franchise. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde un regard, il revient sur les souvenirs marquants de sa carrière et analyse le climat politique des dernières années.

Le

6min

Politique

Royaume-Uni : Keir Starmer face à « la défiance » de son propre camp, après de nouvelles révélations entre Jeffrey Epstein et l’ancien ambassadeur britannique à Washington

Le Premier ministre essuie les conséquences de sa décision de nommer Peter Mandelson en tant qu’ambassadeur à Washington en 2024, alors que ses liens avec Jeffrey Epstein étaient déjà connus. Après la publication de nouveaux fichiers sur le financier américain, la pression s’accentue contre Keir Starmer, déjà fragilisé depuis le début de son mandat.

Le

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?
8min

Politique

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?

Le ministère de l’Intérieur a déclenché les foudres des Insoumis en classant ce mouvement pour la première fois à l’extrême gauche, dans une circulaire adressée aux préfets en vue de la catégorisation des candidats et des listes. Ce n’est pas la première fois que la place Beauvau est critiquée pour ses choix.

Le