Macron: l’opposition critique une réponse loin des attentes
Pouvoir d'achat, retraites, écologie: l'opposition a pointé du doigt jeudi une réponse insuffisante et éloignée des attentes des...

Macron: l’opposition critique une réponse loin des attentes

Pouvoir d'achat, retraites, écologie: l'opposition a pointé du doigt jeudi une réponse insuffisante et éloignée des attentes des...
Public Sénat

Par Gaëlle GEOFFROY

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Pouvoir d'achat, retraites, écologie: l'opposition a pointé du doigt jeudi une réponse insuffisante et éloignée des attentes des Français de la part d'Emmanuel Macron, qui fait craindre à certains un regain de colère, après cinq mois de crise des "gilets jaunes".

"Macron sait-il que son discours était censé conclure la crise politique ? Il vient de la relancer en se défilant comme il vient de le faire", a réagi sur Twitter le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon.

Et si le chef de l'Etat "n'a rien compris aux attentes des Français, on lui réexpliquera le 26 mai!", a lancé de son côté la tête de liste du mouvement pour les européennes, Manon Aubry.

"Baisse des impôts", "justice sociale", "lutte contre l'immigration clandestine et contre l'insécurité": Emmanuel Macron "n'a rien dit, rien apporté", et "je crains très honnêtement que la colère des Français a de très beaux jours devant elle", a averti la tête de liste du parti d'extrême droite pour les européennes, Jordan Bardella, sur BFM-TV.

En écho, Priscillia Ludosky, une des figures des "gilets jaunes", a écrit sur Twitter: "27/04 manif 01/05 manif 04/05 manif 08/05 manif 11/05 manif 18/05 manif 25/05 manif".

"Il y a encore beaucoup d'oubliés (...), d'abord les retraités", qui "ne seront pas réévalués sur l'inflation en 2019", a réagi le patron des Républicains, Laurent Wauquiez, sur France 2, en regrettant qu'il y ait seulement des "petits gestes, des petites corrections des lourdes erreurs commises", et que "des compartiments entiers de Français ne sont pas concernés".

Le député LR Eric Ciotti a dénoncé "un marché de dupes" proposé aux retraités, car en réalité "leur pouvoir d’achat va continuer à baisser pendant 2 ans !"

"Hypocrisie!", a lancé Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France: "l'âge de départ à la retraite de 62 ans ne sera pas touché (...) la durée de cotisation sera allongée. Autrement dit, on pourra partir +tôt+ mais avec +très peu+".

- "Je, je, je" -

Côté environnement, "tout ça pour ça !", dit Yannick Jadot, tête de liste EELV pour les européennes: "on attendait un plan Marshall sur le climat (logement et renouvelables), une sanctuarisation des services publics (gares, maternités...) et des infrastructures vitales (aéroports, barrages...)", et à la fin, "rien ! Ou si peu..."

"Evasif sur l'écologie, imprécis sur le nouvel acte de décentralisation et la réforme constitutionnelle, laborieux sur la laïcité mise en relation avec la migration et le regroupement familial. Le président de la République parle beaucoup de lui et pose plus de questions qu'il n'y répond", a également estimé le porte-parole d'EELV David Cormand.

"Je, je, je: 90 minutes sur lui-même, une minute pour le climat. De ce point de vue, rien n"a changé", a fustigé Raphaël Glucksmann, tête de liste PS/Place Publique pour les Européennes.

Mais Pascal Canfin, numéro deux sur la liste LREM pour les européennes, a salué auprès de l'AFP "deux réformes clés" pour "accélérer la transition": "la conférence de citoyens va permettre de sortir des blocages en partant des demandes concrètes" tant en matière de logement ou de transports, et le "conseil de défense économique va rassembler les ministères clés pour la transition" ( économie, logement, agriculture...)".

Même s'il a "regretté" d'avoir pu paraître "dur", le président a expliqué ne pas penser avoir fait "fausse route", et estimé que "les transformations en cours ne doivent pas être arrêtées".

Il n'y aura "pas d'acte II", en a conclu le patron du PS, Olivier Faure.

"Les Français demandent un changement de politique. Le président répond: je continue et j’accélère", a critiqué Fabien Roussel, premier secrétaire du PCF, dans la même veine qu'un Benoît Hamon (Générations) fustigeant un président qui "répond +je radicalise, j’intensifie et j’accélère ma politique+"

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