Macron maintient son cap avec une pléiade de réformes
Tournant la page Benalla, Emmanuel Macron revient décidé à "ne pas dévier de stratégie" mais veut "au contraire poursuivre le...

Macron maintient son cap avec une pléiade de réformes

Tournant la page Benalla, Emmanuel Macron revient décidé à "ne pas dévier de stratégie" mais veut "au contraire poursuivre le...
Public Sénat

Par Laurence BENHAMOU

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Tournant la page Benalla, Emmanuel Macron revient décidé à "ne pas dévier de stratégie" mais veut "au contraire poursuivre le déploiement" de ses réformes: c'est en ces termes qu'il a ouvert mercredi le conseil des ministres de rentrée.

Le chef de l'État doit faire face à une image dégradée: une majorité de Français (54%) juge toujours son action décevante, selon un sondage Elabe pour BFMTV paru mercredi, et ils ne sont plus que 14% (-1 point depuis une précédente enquête de mi-juillet) à la juger "satisfaisante". Pour un Français interrogé sur trois (32%, +6), "il est encore trop tôt pour se prononcer".

Le programme de cette deuxième année du quinquennat débutera par la présentation du plan pauvreté "mi-septembre", a annoncé le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux. Ce plan, très attendu par l'aile gauche de sa majorité et initialement prévu pour début juillet, avait été reporté faute de finalisation des arbitrages.

Plusieurs autres réformes sont annoncées dans le domaine social : la réforme de l'hôpital, le traitement de la dépendance puis l'an prochain une vaste réforme des retraites que le gouvernement veut fondre en un régime unique. Le gouvernement compte aussi s'attaquer à la réforme des compétences des territoires, à celle des "mobilités" et à la transition énergétique.

Il poursuivra également le dédoublement des petites classes dans les zones défavorisées -- le chef de l'État devrait mettre cette mesure en valeur lors d'une visite dans une école le 3 septembre, jour de la rentrée scolaire -- et lancera la création du service national universel voulu par Emmanuel Macron.

Un séminaire gouvernemental est programmé le 31 août "pour se projeter dans le travail des six prochains mois", avant la présentation du projet de budget 2019 fin septembre.

Le gouvernement, qui a promis de ne pas augmenter les impôts, devra réaliser un train d'économies important s'il veut tenir ses objectifs de réduction des déficits publics à 2,3% du PIB en 2019.

L'exécutif refuse d'indiquer à ce stade s'il compte réviser en baisse ses hypothèses de croissance. Or la croissance 2018 s'annonce moins forte que prévu -- à 1,8% au lieu des 2% espérés au printemps -- alors que l'État devra notamment financer la suppression partielle de la taxe d'habitation, qu'il compensera pour les communes.

- Réforme constitutionnelle, acte II -

Côté Parlement, la session devrait commencer par l'examen de la loi Pacte sur la croissance des entreprises, un texte qui comprend de nombreuses mesures de simplification mais aussi une réforme de l'épargne salariale et l'ouverture aux privatisations.

La suite du calendrier parlementaire reste floue, en particulier la date de l'examen de la réforme constitutionnelle, suspendu fin juillet en raison de l'affaire Benalla. Les partis d'opposition avaient alors usé d'innombrables rappels au règlement pour bloquer l'examen de cette réforme, premier pan d'un projet plus vaste sur les institutions qui prévoit notamment une diminution de 30% du nombre des parlementaires.

Le président LR du Sénat Gérard Larcher avait jugé que "le calendrier et le contenu (...) paraissent devoir être repensés".

Le pouvoir est bien décidé à revenir à la charge sur la réforme constitutionnelle, qui notamment supprimerait la Cour de justice de la République et autoriserait le chef de l’État à écouter les parlementaires et leur répondre lors des Congrès.

"Nous sommes très attachés à ce que nous puissions réviser la Constitution, c'est aussi le souhait qui s'est exprimé très clairement dans les urnes lors des élections présidentielle et législatives", a fait valoir Benjamin Griveaux.

"Le plus tôt sera le mieux mais il m'est difficile de vous dire, en amont, à quelle date précisément" aura lieu son examen, compte tenu "des contraintes des textes budgétaires et financiers qui vont arriver au Parlement à l'automne", a-t-il ajouté.

Les débats politiques devraient se cristalliser fin septembre sur les choix budgétaires du gouvernement, entre hausses pour certains ministères (éducation, sécurité, défense...) mais en nette baisse par exemple pour les emplois aidés ou les aides au logement, sans oublier la réduction du nombre de fonctionnaires promise.

Emmanuel Macron compte aussi mener une offensive diplomatique en Europe pour créer un "arc des progressistes" face à la montée des nationalismes, afin de préparer les élections européennes de 2019. Il sera la semaine prochaine au Danemark et en Finlande.

Le point fort de la diplomatie française aura lieu le 11 novembre pour le centenaire de l'Armistice de 1918, auquel la France à invité 80 chefs d'État et dirigeants internationaux. Donald Trump a déjà répondu présent. Paris organisera un "Forum pour la paix" où Emmanuel Macron prévoit un grand discours.

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