Macron mécontente de nouveau les militaires
Trois mois après le conflit avec le chef d'Etat-major des armées, Emmanuel Macron suscite de nouveau le mécontentement dans les...

Macron mécontente de nouveau les militaires

Trois mois après le conflit avec le chef d'Etat-major des armées, Emmanuel Macron suscite de nouveau le mécontentement dans les...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Trois mois après le conflit avec le chef d'Etat-major des armées, Emmanuel Macron suscite de nouveau le mécontentement dans les rangs des militaires, cette fois à propos du temps de travail.

Le président a lâché mercredi, au détour d'un discours sur la sécurité, que la France n'appliquerait pas dans les armées et la gendarmerie une directive européenne encadrant temps d'activité et de repos.

La directive adoptée en 2003 fixe des seuils à ne pas dépasser, hors opérations extérieures ou de guerre, notamment un repos minimal de 11 heures consécutives par tranches de 24 heures et une durée hebdomadaire maximale de travail de 48 heures.

"Ma détermination est complète pour que aussi bien la gendarmerie que le ministère des Armées ne soient pas concernés par la directive bien connue. Les choses sont claires, notifiées à qui de droit, et seront portées jusqu'à leur terme", a dit le chef de l'Etat.

Les associations professionnelles nationales de militaires (APNM), qui représentent leurs intérêts en l'absence de syndicats, interdits dans les armées, ont aussitôt protesté.

L'APNM de gendarmerie GendXXI a déploré jeudi une adhésion à l'Europe "à la carte". "La France ne peut pas prendre ce qui l’intéresse et laisser de côté les directives dérangeantes … ceci au risque de créer une rupture d’égalité entre les citoyens et de générer du contentieux", a-t-elle dit sur son site.

L'APNM Gendarmes et Citoyens s'est aussi montrée circonspecte. "Revenir en arrière sur les 11 heures de récupération, c'est quelque chose que les gendarmes ne pourront pas entendre", a déclaré son président, Thierry Guerrero, à l'AFP.

Le président de l'association ADEFDROMIL de défense des Droits des militaires, Jacques Bessy, a jugé pour sa part "scandaleuse" la décision présidentielle. "Sans compensations sérieuses telles que le compte épargne temps, il y aura des problèmes. On va créer un mécontentement et là ce ne sera pas celui des officiers généraux", a-t-il dit à l'AFP.

Le chef d'Etat-major des armées, le général Pierre de Villiers, a démissionné avec fracas en juillet après un conflit ouvert avec le président sur le budget des armées.

Côté hiérarchie, le chef de l'armée de Terre, le général Jean-Pierre Bosser, s'est en revanche réjoui de la non mise en oeuvre d'une directive qui aurait mis "sous forte contrainte les armées au plan des effectifs".

"Cette directive européenne a été imaginée en 2003 alors qu'on ne connaissait pas les menaces que l'on connaît aujourd'hui sur le territoire national", a-t-il déclaré lors d'une présentation de moyens de l'armée de Terre à Versailles-Satory.

La gendarmerie, qui avait commencé à transposer la directive en 2016, estime avoir perdu 6% de sa capacité opérationnelle du fait de ces mesures, soit 6.000 emplois temps plein.

vl-pta/DS

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Senat Questions au gouvernement
7min

Politique

François-Noël Buffet pressenti au poste de Défenseur des droits : retour sur son parcours au Sénat

Ancien ministre et ancien président de la commission des lois du Sénat, le sénateur LR du Rhône, François-Noël Buffet est plus que pressenti pour succéder à Claire Hédon au poste de Défenseur des droits. Une perspective qui hérisse les syndicats et les associations qui rappellent les prises de position passées de l’élu en matière d’immigration et de défense des droits LGBT.

Le

Pierre-Edouard-Sterin-auditionne-par-le-Senat
12min

Politique

« Nous espérons avoir en France une politique de droite libérale conservatrice » : les temps forts de l'audition de Pierre-Edouard Stérin devant la commission d'enquête du Sénat

Le milliardaire ultraconservateur Pierre-Edouard Stérin a été auditionné pendant une heure et demie en visioconférence, par la commission d’enquête sénatoriale sur le financement privé des politiques publiques. Il a été interrogé sur son projet « Périclès », ou encore son soutien à l’école de formation des candidats Politicae. La rapporteure estime que l’audition n’a pas permis de lever toutes les interrogations, notamment sur le choix de soutiens financiers sous forme de prêts plutôt que de dons.

Le