Macron « n’a pas écouté ce qu’on a dit », estiment des figures des « gilets jaunes »
Emmanuel Macron "n'a pas écouté ce qu'on a dit", ont réagi jeudi des figures des "gilets jaunes", sceptiques face aux décisions...

Macron « n’a pas écouté ce qu’on a dit », estiment des figures des « gilets jaunes »

Emmanuel Macron "n'a pas écouté ce qu'on a dit", ont réagi jeudi des figures des "gilets jaunes", sceptiques face aux décisions...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Emmanuel Macron "n'a pas écouté ce qu'on a dit", ont réagi jeudi des figures des "gilets jaunes", sceptiques face aux décisions annoncées après le grand débat voulu par le président pour répondre à cette contestation sociale inédite.

"Il n'a pas écouté ce qu'on a dit dans la rue depuis cinq mois", a déclaré à l'AFP Maxime Nicolle. "Il a commencé son allocution par dire que ce qu'il avait fait depuis deux ans c'était très bien et qu'on l'avait pas compris. Nous, on a très bien compris, il est incapable d'un mea culpa."

Une baisse de l'impôt sur le revenu et qui nécessite de "travailler davantage" et de réduire les dépenses publiques, les retraites de moins de 2.000 euros réindexées sur l'inflation, pas de vote blanc ou de référendum d'initiative citoyenne (RIC), un abaissement du nombre de signatures nécessaires pour saisir le Parlement d'une proposition de loi... Dans une intervention de deux heures et demie, le chef de l'Etat a multiplié les annonces tout en défendant ses réformes.

"Il vient de balancer quelques miettes de pain comme la réindexation des retraites", a estimé M. Nicolle, en déplorant l'écartement du RIC, une des principales revendications des "gilets jaunes".

"Simplement abaisser le seuil du référendum d'initiative populaire, c'est complètement inutile, il faut toujours l'accord du Parlement", s'est-il indigné.

Emmanuel Macron "veut baisser l'imposition en baissant les dépenses publiques et en même temps il veut plus de personnes dans les écoles et les hôpitaux, c'est complètement contradictoire", a-t-il ajouté.

"Tout est repoussé, tout est vague, rien n'est précis, donc samedi on lui montrera que nous aussi on sait faire les choses en profondeur et le 1er mai aussi", a-t-il lancé, appelant à de nouvelles manifestations.

"Ca sonne creux. Au fond, il garde le cap", a réagi Jérôme Rodrigues, autre figure du mouvement. "C'est un bon tchatcheur, il vendrait du sable à un berbère dans le désert, mais ça ne prend pas."

Lui aussi est très déçu des annonces sur la démocratie. "Il ne peut pas être le candidat du vote blanc forcément, ça lui enlèverait complètement l'ivresse du pouvoir", a-t-il cinglé.

Sur l'impôt sur le revenu, "il n'a pas annoncé plus de tranches donc on ne réduit pas les inégalités", a-t-il jugé. "Et il n'y a rien eu sur la TVA, alors que c'est une des premières revendications".

Sur Twitter, Priscillia Ludosky, l'une des initiatrices du mouvement, a réagi en listant les dates des prochaines manifestations hebdomadaires jusqu'au 25 mai.

Partager cet article

Dans la même thématique

ill_institution_assemblee_nationale_15
10min

Politique

Les pétitions, un nouvel outil de pression citoyenne sur le débat public ?

Du succès de la mobilisation contre la loi Duplomb au classement sans suite de la pétition sur la présomption de légitime défense des forces de l’ordre, les pétitions en ligne s’imposent comme un nouveau mode d’interpellation des élus. Sans portée juridique contraignante, elles peinent toutefois à infléchir le travail parlementaire. Leur succès révèle surtout l’aspiration croissante des citoyens à peser sur les décisions publiques entre deux élections, alors que les institutions peinent encore à leur ouvrir une véritable place.

Le

Recolte betterave 2020
7min

Politique

Projet de loi d'urgence agricole : une censure du Conseil constitutionnel est-elle envisageable ?

Mercredi, le Parlement a définitivement adopté le projet de loi d'urgence agricole qui prévoit l'utilisation à titre dérogatoire, pour certaines cultures, de deux néonicotinoïdes interdits en France. Un texte qui va faire l'objet d'une saisine du Conseil constitutionnel par différents groupes politiques. L'année dernière, les Sages avaient censuré une disposition similaire issue d'un texte d'origine sénatoriale, mais les parlementaires ont, depuis, revu leur copie.

Le

Paris : Weekly cabinet meeting at Elysee Palace
5min

Politique

Quels ministères ont connu le plus de ministres pendant les mandats d’Emmanuel Macron ?

Les deux quinquennats d’Emmanuel Macron ont été marqués par un nombre important de gouvernements. Sur ces neuf ans, c’est le ministère de la Santé qui a connu le plus de ministres, talonné par les ministères en charge des Collectivités territoriales ou de l’Environnement. Les Armées, l’Economie et les Affaires étrangères sont ceux avec le plus de stabilité. Le reflet de choix politiques ou le fruit d’une instabilité politique ?

Le