Macron prend la parole, les élus attendent des actes
Avec deux interventions filmées en moins de 24 heures, Emmanuel Macron a tenté de redonner un souffle à son action politique. Pas suffisant pour convaincre.  

Macron prend la parole, les élus attendent des actes

Avec deux interventions filmées en moins de 24 heures, Emmanuel Macron a tenté de redonner un souffle à son action politique. Pas suffisant pour convaincre.  
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Mal éclairé derrière son bureau où l’on distingue des notes raturées, Emmanuel Macron avait décidé de prendre de la hauteur en ce jour de remaniement tant attendu. Pas un mot sur les nouveaux entrants du gouvernement ni même pour le Premier ministre, en 12 minutes Emmanuel Macron a réaffirmé un cap que les Français avaient perdu de vue. « Ces derniers mois ont pu rendre moins perceptible (le) sens (de mon action) d’abord parce que parfois par ma détermination, ou mon parler vrai j’ai pu déranger ou choquer certains. Et j’entends les critiques » a-t-il concédé en guise d’unique mea culpa.

« Il a parlé pour dire aux Français : je vous parle »

« On doit s’habituer avec Emmanuel Macron à ce que la communication remplace l’action, mais en politique, seuls les résultats comptent. S’il y a eu un remaniement c’est parce qu’il y a eu un échec, sa politique ne produit pas de résultats » a jugé sur CNEWS, le patron des sénateurs LR, Bruno Retailleau. « Il a pris un ton très solennel. Ça sortait de sa familiarité lors des déplacements en province. Mais en fait, il a parlé pour dire aux Français : je vous parle (…) Il a reconnu qu’il avait quelques défauts qui étaient les défauts de ses qualités ». Voilà ce que retient également le sénateur LR, François Grosdidier.

Plus d’écoute

La sénatrice centriste, Annick Billon estime « qu’il n’y a pas eu d’annonces ». « Il nous dit qu’il est dans la continuité et qu’il applique son programme vaille que vaille (…) Il y a des nouvelles têtes au gouvernement. Mais le président de la République souhaite continuer sa méthode (de) manque d’écoute des corps intermédiaires et du Parlement » juge-t-elle.

Le chef de l’État a néanmoins promis « de s’appuyer sur toutes les forces du progrès et de la réforme, les associations, les élus locaux, dans tous nos territoires. Et en particulier nos maires, qui sont les premiers porteurs de la République du quotidien. »

« Constance et de la cohérence »

Conseil des ministres: Macron prend la parole,
14:15

Ce mercredi, en ouverture du conseil des ministres, Emmanuel Macron a développé et précisé ses propos de la veille dans une intervention exceptionnellement filmée. D’abord des remerciements aux ministres partants, Françoise Nyssen, Stéphane Travert, et Jacques Mézard. « Certains (de nos concitoyens) vont jusqu’à imaginer que c’est un privilège d’être ministre. C’est un honneur à coup sûr (…) mais ça n’a rien d’aisé par les temps que nous vivons ». Pour autant, le chef de l’État a fixé une feuille de route sous l’égide « de la constance et de la cohérence ».

Devant le gouvernement, Emmanuel Macron a énuméré les réformes à venir : « Créer une flexisécurité à la française », faire de la France « une nation éducative », fonder une « puissance environnementale du XXIe siècle » avec « des annonces fortes dans la stratégie énergétique » avant de promettre une réforme « extrêmement ambitieuse » de l'État dans les prochains mois.

Comme hier soir, le chef de l’État s’est montré pessimiste sur l’avenir. « Ce moment que nous traversons n’a rien d’innocent (…) beaucoup de choses qui paraissaient acquises ne le sont plus. Il y a une impatience, il y a des colères, des blessures. Il nous faut y répondre sans facilité ».

Faire de la France une « puissance environnementale du XXIe siècle »

Dans ce nouveau gouvernement, François de Rugy, ministre de la Transition écologique et solidaire est le numéro 2 du gouvernement, le seul à avoir le titre de ministre d’État. Et même si Emmanuel Macron a annoncé, « des décisions profondes, inédites » en matière d’Environnement, les écologistes attendent la déclinaison de ces paroles. « Nous avons une taxe carbone qui augmente. Ce sont des recettes extrêmement importantes pour l’État mais elles ne sont pas redistribuées vers la transition écologique » regrette le sénateur écologiste, Ronan Dantec qui considère que « pour rentrer dans l’Histoire », Emmanuel Macron va devoir analyser les accords de libre échange et les mettre au service des enjeux climatiques.

Partager cet article

Dans la même thématique

Glucksmann
6min

Politique

Le sénateur Place Publique Bernard Jomier appelle à créer « un intergroupe » rassemblant les pro-Glucksmann au Sénat

« Il va y avoir un travail en commun des sénateurs qui soutiennent Raphaël Glucksmann », soutient le sénateur de Paris, après la victoire écrasante de Raphaël Glucksmann à la primaire de la gauche sociale-démocrate. Il tend notamment « la main » aux sénateurs écologistes, qu’il a rejoints. Mais du côté du groupe PS, l’initiative laisse pour l’heure plus dubitatif.

Le

Bram: Raphael Glucksmann at Les Rencontres de la Gauche
8min

Politique

Présidentielle : de quels moyens va bénéficier Raphaël Glucksmann, désormais candidat du PS, pour faire campagne ?

Officiellement investi pour la campagne présidentielle, Raphaël Glucksmann va pouvoir bénéficier de l’expertise technique et militante du Parti socialiste pour la course à l’Elysée. Du fait de son poids politique, le parti à la rose devrait également être le premier contributeur financier de sa campagne. Le Canard enchaîné évoque un plafond à 2,4 millions d’euros, loin toutefois de ce qui avait été déboursé pour Anne Hidalgo ou Benoît Hamon.

Le

Paris: Weekly session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Modernisation de la radio : la proposition de loi de Laurent Lafon pour assouplir la réglementation et soutenir le secteur

Déposée le 16 juin 2026 à l’initiative du sénateur Laurent Lafon, la proposition de loi relative à la modernisation de la radio sera débattue demain en séance publique. Adoptée largement par la Commission de la culture le 7 octobre 2026 et soutenue par les acteurs de la radio, la proposition de loi vise à assouplir la règlementation et favoriser le développement de la radio numérique terrestre dans un contexte de relatif déclin de la radio française.

Le

Paris Students and Police face to face
6min

Politique

Mobilisation lycéenne : le recours aux gardes à vue est-il justifié ?

Depuis le début du mouvement, 6 877 personnes ont été placées en garde à vue, dont une très grande majorité de mineurs. Une mesure de contrainte injustifiée selon plusieurs avocats, qui y voient plutôt une volonté de la part des forces de l’ordre de sanctionner les manifestants.

Le