Stoppée par l'affaire Benalla, la réforme institutionnelle sera relancée en janvier, a annoncé jeudi Emmanuel Macron, en louant les qualités de...
Macron relance la réforme des institutions en célébrant les 60 ans de la Ve République
Stoppée par l'affaire Benalla, la réforme institutionnelle sera relancée en janvier, a annoncé jeudi Emmanuel Macron, en louant les qualités de...
Par Jérôme RIVET avec Laurence BENHAMOU à Colombey-les-Deux-Eglises
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Stoppée par l'affaire Benalla, la réforme institutionnelle sera relancée en janvier, a annoncé jeudi Emmanuel Macron, en louant les qualités de la Ve République, née il y a 60 ans par la volonté du général de Gaulle.
A Colombey-les-Deux-Eglises, le village de de Gaulle, puis à Paris, le chef de l'Etat a consacré sa journée à célébrer l'anniversaire de la Constitution de 1958, loin de la crise gouvernementale provoquée par la démission de Gérard Collomb.
Sans évoquer directement les difficultés politiques des dernières semaines, il a dénoncé avec force "la tyrannie de l'immédiat, le règne de l'image et le goût pour l'écume des jours" qui "n'aident pas à mener une action sereine".
"Qu'on ne prétende pas gouverner la France si l'on n'est pas prêt aux déferlantes et aux vents contraires. Il faut tout ignorer de notre pays pour espérer une mer d'huile", a-t-il ajouté en s'adressant à 200 invités, dont ses prédécesseurs Valéry Giscard d'Estaing et Nicolas Sarkozy, accueillis au Conseil constitutionnel.
Le président Emmanuel Macron dépose une gerbe de fleurs sur la tombe du général de Gaulle, le 4 octobre 2018 à Colombey-les-Deux-Eglises
AFP
Quelques heures plus tôt, à Colombey, le chef de l'Etat a tenté de prendre de la hauteur en visitant tous les sites liés au général de Gaulle, de la Boisserie, la demeure où il est mort en 1970, à sa tombe, en passant par l'immense Croix de Lorraine qui domine le village.
Mais il a aussi, comme à chacun de ses déplacements, longtemps échangé avec les habitants, dont de nombreux retraités. Qui l'ont, pour la plupart, interpellé sur leurs faibles pensions. Comme ces conjointes d'agriculteurs qui ne perçoivent que 500 ou 600 euros par mois.
A leurs questions bienveillantes mais insistantes, il a répété qu'il demandait "des efforts" aux seniors pour privilégier ceux qui travaillent. Il a glissé que la France se porterait "autrement" si les Français se plaignaient moins et réalisaient leur chance de vivre dans ce pays.
"Le petit-fils du général (de Gaulle) m'a dit tout à l'heure" que la règle devant son grand-père était: "+ Vous pouvez parler très librement; la seule chose qu'on n'a pas le droit de faire, c'est de se plaindre +." Pour le président, "c'est une bonne pratique qu'avait le général. Le pays se tiendrait autrement s'il était comme ça".
- "lien de confiance" -
Dates des mandats des huit présidents de la Ve République
AFP
Devant le Conseil constitutionnel, Emmanuel Macron s'est montré optimiste sur le sort de la réforme des institutions, dont l'examen avait été suspendu le 23 juillet jusqu'à nouvel ordre, l'Assemblée nationale étant paralysée pendant plusieurs jours par l'affaire Benalla.
"Je sais que le gouvernement, par le dialogue, avec l'Assemblée nationale et le Sénat, trouvera la manière de faire intelligemment cheminer cette réforme", a souligné le chef de l'Etat.
Description des pouvoirs du président de la République française
AFP
Le Sénat, dominé par la droite, sans qui l'adoption de la réforme est donc impossible, voit dans ce texte un affaiblissement des droits du Parlement face à l'exécutif, avec notamment la proposition de limiter les amendements ou réduire les navettes pour les textes.
La réforme constitutionnelle prévoit notamment la suppression de la Cour de justice de la République, qui juge les ministres en fonction, au profit de la cour d'appel de Paris. Elle doit également réformer les conditions de fabrique de la loi, notamment les règles de dépôt d'amendements et l'accélération des procédures.
La réduction de 30% du nombre de parlementaires, la limitation du cumul à trois mandats identiques dans le temps et la dose de 15% de proportionnelle figurent dans les projets de loi organique et ordinaire.
Pour Emmanuel Macron, cette réforme est destinée à retisser "le lien de confiance entre électeurs et élus", qui "s’est étiolé d'années en années". "Cette érosion est mortelle", a-t-il averti.
Cette Constitution donne-t-elle trop de pouvoir au président? "Non, je ne crois pas", a répondu M. Macron à Colombey.
"Ceux qui, comme dirait le général, sautent comme des cabris sur leur chaise pour vouloir une VIe République, n'aiment tout simplement pas l'État et n'aiment pas qu'on décide. Aucun pays n'avance si on ne décide pas", a-t-il ajouté.
Présent à Colombey, Jean-Louis Debré, fils de Michel Debré, l'un des initiateurs de la Ve République, a fait remarquer que la Constitution avait "survécu à huit présidents, 23 Premiers ministres et 1.400 ministres", signe de "son efficacité".
Le placement de personnes âgées en Ephad est toujours une étape redoutée par les familles. Les principaux intéressés ne veulent pas quitter leur domicile et l’entourage craint toujours une mauvaise prise en charge. Des craintes amplifiées depuis l’enquête de Victor Castanet dans son livre « Les Fossoyeurs » en 2022 qui a révélé un système privilégiant le rendement au détriment du bien être des patients. Depuis, les politiques se sont emparés du sujet, mais les moyens déployés sont-ils suffisants ? La prise en charge s’est-elle améliorée ? Et quelles sont les alternatives ? La sénatrice écologiste Anne Souyris et le gériatre Jean-Pierre Aquino en débattent dans l’émission Et la santé, ça va ? présentée par Axel de Tarlé.
A l’heure de la manipulation des algorithmes et du recours croissant à l’intelligence artificielle sur les plateformes numériques, des experts alertent le Sénat sur la multiplication d’ingérences d’origine étrangères en Europe. Avec pour objectif de déstabiliser les périodes électorales, à coups de désinformation et d‘altération de la confiance envers les institutions.
Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après des débuts plutôt bienveillants, la relation va vite se tendre sur les collectivités, avant qu’elle ne se dégrade sur le projet de réforme constitutionnelle, qui finira enterré.
Face à la menace grandissante des discours masculinistes, l’acteur Bruno Solo appelle les hommes à s'engager « concrètement » pour inverser la tendance. Lors d’une table ronde organisée au Sénat, plusieurs intervenants ont lancé l’alerte sur une jeunesse livrée à la misogynie en ligne, et rappellent l'urgence d'appliquer enfin l’arsenal législatif contre les violences sexistes et sexuelles.