Macron reprend le fil des réformes mais peine encore à convaincre
Déterminé à reprendre le fil des réformes, Emmanuel Macron s'est démarqué lors de ses voeux lundi du mea culpa concédé mi...

Macron reprend le fil des réformes mais peine encore à convaincre

Déterminé à reprendre le fil des réformes, Emmanuel Macron s'est démarqué lors de ses voeux lundi du mea culpa concédé mi...
Public Sénat

Par Gaëlle GEOFFROY

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Déterminé à reprendre le fil des réformes, Emmanuel Macron s'est démarqué lors de ses voeux lundi du mea culpa concédé mi-décembre en pleine crise des "gilets jaunes", un discours qui peine pour l'heure à convaincre.

Dans la forme comme sur le fond, le chef de l'Etat, debout, sans pupitre, parlant avec les mains, est apparu offensif, loin de l'acte de contrition du 10 décembre où il avait concédé avoir pu "blesser certains" Français par ses déclarations jugées parfois provocantes, du "pognon de dingue" des aides sociales aux "Gaulois réfractaires".

Emmanuel Macron a appelé lundi à "l'unité retrouvée" des Français après un mois et demi de manifestations des "gilets jaunes", et confirmé qu'il entendait lancer en 2019 les réformes de l'assurance-chômage, des retraites et de la fonction publique.

"Il a essayé de renouer avec les Français au travers d'un message d'un réformateur ferme dans sa volonté de poursuivre ses réformes", en se fondant, "comme pendant sa campagne", sur "les atouts de la France", décrypte auprès de l'AFP Stéphane Rozès, président du cabinet Cap (Conseils, analyses et perspectives).

"Je suis au travail (...) je crois en nous", a déclaré le chef de l'Etat à la fin de son allocution. "Façon de dire qu'il n'en n'a pas fini avec les réformes", le "message principal" de son allocution, abonde Gaspard Gantzer, ancien conseiller de François Hollande et proche d'Emmanuel Macron.

Car après le mea culpa précédent, s'il "n'avance pas, il risque de tomber, comme une bicyclette sur laquelle on ne pédalerait plus", a résumé M. Gantzer sur franceinfo mardi.

Ce message sera-t-il toutefois entendu, et permettra-t-il au président de rebondir après plusieurs mois calamiteux, entre crise des "gilets jaunes", démissions de ministres de premier plan et secousses de l'affaire Benalla ?

- Légitimité de l'exécutif -

Selon un sondage OpinionWay pour LCI réalisé après l'allocution et publié mardi, six Français sur dix n'ont pas jugé Emmanuel Macron convaincant - contre 40% pensant le contraire.

Les "gilets jaunes" interrogés lundi soir par l'AFP semblaient camper sur leurs positions, l'un d'eux, Rabah, 52 ans, chef d'équipe dans le bâtiment à Bordeaux, disant avoir "entendu que rien n'allait changer", et prédisant que "les gens vont continuer de plus belle".

Après l'annonce de 10 milliards d'euros de mesures sociales promis pour tenter de répondre aux manifestants le 10 décembre, le chef de l'Etat n'a fait aucune annonce sonnante et trébuchante lundi, et certains ont vu dans sa parole une "droitisation" avec sa défense de "l'ordre républicain" et sa dénonciation des "porte-voix d'une foule haineuse".

Dans l'opposition, les critiques ont fusé.

La porte-parole des Républicains Laurence Sailliet a critiqué mardi sur Europe 1 un président toujours "totalement dans le déni", tandis que le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon l'exhortait sur Twitter au "partage des richesses".

A l'aube de 2019, le Rassemblement national a appelé les Français "à se préparer à une année de résistance et de combat", et le patron de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, a vu dans les élections européennes de mai l'occasion pour les Français de jouer "les arbitres".

A l'inverse, Stanislas Guerini, délégué général du parti présidentiel La République en marche (LREM), a vu un président de la République "debout, offensif, qui croit dans notre pays, tel qu'il est, avec ses forces et ses faiblesses", tandis que le ministre de l'Economie Bruno Le Maire saluait une "intervention lucide et courageuse".

Le chef de l'Etat, qui entend aller à la rencontre des maires, a annoncé qu'il allait écrire aux Français "dans quelques jours" pour préciser les contours du grand "débat national" voulu par l'exécutif pour répondre aux revendications des "gilets jaunes", et qui sera lancé en début d'année.

Un rendez-vous qui, s'il s'avère être "un vrai lieu de relégitimation de l'exécutif", permettrait de poursuivre effectivement les réformes, estime Stéphane Rozès.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris Caf Nationale inauguration
8min

Politique

Politique familiale, allocations, crèches : que proposent les candidats à la présidentielle ?

Alors qu’Edouard Philippe met sur la table la création d’une allocation familiale unique de 350 euros, Gabriel Attal se penche sur les familles monoparentales, quand Bruno Retailleau propose un revenu familial de 240 euros par mois dès le premier enfant, et Marine Le Pen la préférence nationale pour les familles françaises candidate à un HLM. L’écologiste Marine Tondelier propose elle un congé d’allaitement choisi et indemnisé. Revue de détails.

Le

Paris : Socialist Party Primary Debate Ahead of France’s 2027 Presidential Election
6min

Politique

Le vote du premier tour de la primaire du PS perturbé par une cyberattaque

Alors que quelque 140 000 électeurs sont invités à exprimer leur préférence pour le premier tour de la primaire organisée à gauche, les opérations de vote sont perturbées depuis l’ouverture du scrutin ce vendredi matin. Les organisateurs font état d’une cyberattaque visant à saturer la plateforme de connexion. Les trois partis à l’origine de cette primaire, dont le Parti socialiste et Place publique, ont saisi la justice.

Le

Paris: Marine Le Pen presentation contre budget
5min

Politique

Préférence nationale : la proposition du RN de taxer l’embauche de travailleurs étrangers inquiète les entrepreneurs

Dans le contre-budget du RN présenté cette semaine par Marine Le Pen et Jordan Bardella, figure une mesure passée relativement inaperçue. Elle vise à taxer l’embauche d’un étranger extra-communautaire de 1 000 euros par an. La mesure a suscité un fort rejet de la part des syndicats patronaux qui rappellent au RN le principe de réalité du marché du travail.

Le