Macron rouvre la réforme des retraites : «C’est un peu provocateur» selon René-Paul Savary
Dans un entretien accordé à la presse régionale, le chef de l’État affirme vouloir mener à bien la réforme des retraites avec des ajustements possibles. Une annonce qui provoque la colère des syndicats et le scepticisme des sénateurs.

Macron rouvre la réforme des retraites : «C’est un peu provocateur» selon René-Paul Savary

Dans un entretien accordé à la presse régionale, le chef de l’État affirme vouloir mener à bien la réforme des retraites avec des ajustements possibles. Une annonce qui provoque la colère des syndicats et le scepticisme des sénateurs.
Public Sénat

Par Marylou Magal

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« La rentrée sera très dure, il faut nous y préparer. Il nous faut donc dessiner un nouveau chemin ». Par ces quelques mots tirés d’un entretien accordé, ce jeudi, à la presse quotidienne régionale, le président de la République a esquissé les traits du schéma attendu pour les deux dernières années de son quinquennat. Si d’aucuns avaient annoncé un virage social, Emmanuel Macron a tenu à préciser que les réformes, entamées avant la crise sanitaire causée par l’épidémie de Covid-19, seraient bien menées à leur terme. Particulièrement la réforme des retraites.

Une réforme maintenue mais modifiable

« Le débat autour de la durée du nombre d'années de cotisations continue à se poser. Nous devons être honnêtes avec nous-mêmes, a estimé le Président. La réforme des retraites est-elle à mettre à la poubelle ? Non. Ce serait une erreur. » Cependant, Emmanuel Macron assure être ouvert quant à de possibles « ajustements » de la réforme. « Je demanderai au gouvernement de réengager rapidement une concertation en profondeur, dans un dialogue de responsabilité. Il faut que tout cela soit mis sur la table. Je suis ouvert à ce que [la réforme] soit transformée. » a soutenu le président. Pour ce faire, le chef de l’État a donc demandé la reprise des discussions avec les syndicats, dès cet été.

Une annonce qui fait mouche parmi les syndicats, peu disposés à rouvrir les discussions sur les retraites au lendemain d’une crise de grande ampleur pour le pays. Ce vendredi, Laurent Berger, qui faisait pourtant partie des partenaires potentiels d’Emmanuel Macron dans ces discussions, a fermé la porte à une réouverture des négociations dès cet été. « On est dans une situation très compliquée économiquement et socialement. La priorité ça doit être l’emploi. On ne va pas se remettre à se foutre sur la gueule sur la question des retraites dans cette période », a-t-il assuré. Le secrétaire général de la CFDT a ainsi annoncé que le syndicat ne serait pas présent à la table des négociations « d’autant plus sous l’angle de l’équilibre global du système des retraites ».

« Une déclaration inadmissible »

« C’est un coup de colère ! » s’écrie la sénatrice PC Laurence Cohen. Après ce que nous venons de vivre, cette déclaration est inadmissible. Continuer sur la même ligne politique alors que pleuvent des plans de licenciement, c’est faire fi de la souffrance des Français et ne pas prendre en compte les voix qui s’élèvent dans les rues ». L’annonce d’Emmanuel Macron a de quoi surprendre les oppositions. En juin, alors que le projet de réforme des retraites n’avait plus fait parler de lui depuis plusieurs mois, la majorité présidentielle laissait entendre que l’heure n’était pas à la réouverture des discussions.  « Les circonstances ont changé », avait reconnu Gilles Le Gendre, patron du groupe LREM à l’Assemblée. François Patriat, chef de file des sénateurs de la majorité, affirmait quant à lui qu’il vaudrait « sans doute mieux attendre 2022 pour faire cette réforme ».

À droite, aussi, la remise de la réforme sur la table fait réagir. « C’est un peu provocateur, dans le contexte actuel » commente René-Paul Savary, sénateur LR membre de la commission des Affaires sociales. Cette réforme avait dressé les Français les uns contre les autres, et réformer pour réformer, je ne suis pas sûr que ce soit ce que les citoyens attendent… Il faut surtout se préoccuper de l’équilibre des retraites avant de vouloir tout changer ».

 

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