Les obsèques de l'ancien ministre socialiste Michel Charasse se sont déroulées mercredi à l'hôtel de ville de Puy-Guillaume (Puy-de-Dôme), dont il a été maire 33 ans, en présence d'Emmanuel Macron qui a salué un "amoureux de la République".
Environ 200 personnes, dont de nombreuses personnalités politiques, ont assisté à la cérémonie dans la salle des fêtes de la mairie où avait été installé le cercueil de l'ancien ministre surmonté d'une gerbe de fleurs rouges, devant son portrait.
A l'extérieur, entre giboulées de neige et rayons de soleil, près de 500 personnes, en majorité des habitants de Puy-Guillaume, ont suivi l'hommage retransmis sur deux écrans géants.
"On l'estimait beaucoup. Il s'occupait très bien de la ville. On est venu par respect", a témoigné auprès de l'AFP Geneviève Guillebert, une habitante de 70 ans.
"Michel, c'était une histoire française, auvergnate, celle d'un enfant du pays, celle aussi d'un maire, d'un élu, qui n'a jamais compté son temps et son engagement", a déclaré Emmanuel Macron, qui le consultait de temps à autre et lui avait rendu visite en octobre 2019 à l'hôpital où il était soigné.
"La République, tu la connaissais, tu la servais", a dit M. Macron en saluant un "amoureux de la République" dont les "combats furent aussi souvent pour les plus démunis".
Le chef de l'Etat est revenu sur son "amour de la politique", en évoquant "l'homme de (sa) vie", François Mitterrand, qu'il a accompagné comme "collaborateur, confident, ministre" et "défendu au-delà de sa disparition", en "inlassable gardien du temple".
Michel Charasse au Sénat le 7 novembre 2001
AFP/Archives
"Les Français aimaient en toi l'homme qui jamais n'oublia ses racines, l'homme qui parlait les mots fleuris de la vérité, l'homme qui affirmait un style, bretelles, cigares et ici en Auvergne pull rouge et pantalon en velours", a-t-il dit.
Soutenant Danièle, la femme du défunt, à la sortie du cercueil, le président de la République était accompagné de la ministre de la Justice Nicole Belloubet et de la ministre des Armées Florence Parly.
Lionel Jospin (3eD) et Jean Glavany (2eD) assistent le 26 février 2020 aux obsèques de Michel Charasse à Puy-Guillaume
AFP
Le président du Sénat Gérard Larcher, le président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius, l'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin, l'ancien président socialiste de l'Assemblée nationale Claude Bartolone ainsi que de nombreux élus et parlementaires ont également assisté à la cérémonie.
Michel Charasse est décédé à 78 ans des suites d'une longue maladie dans la nuit de jeudi à vendredi à l'hôpital de Clermont-Ferrand.
Connu pour avoir été un très proche de François Mitterrand et une figure atypique du Parti socialiste, il avait été ministre du Budget dans le gouvernement de Michel Rocard en 1988 et avait terminé sa carrière parmi les sages du Conseil Constitutionnel, de 2010 à 2019.
Longtemps perçu comme le gardien discret de la Constitution, le Conseil constitutionnel s’impose aujourd’hui comme l’un des acteurs incontournables de la vie politique. Jamais autant saisi sur les lois votées par le Parlement depuis une quinzaine d’années, il est devenu le passage obligé des textes les plus sensibles. Loin d'un dysfonctionnement, cette hyper-activité traduit les nouvelles dynamiques du pouvoir sous l'ère de la « majorité relative ».
Face à la multiplication des feux en France, en particulier en Gironde et dans les Landes, le président de la République Emmanuel Macron a demandé l’activation du mécanisme de protection civile européen hier soir. Déjà utilisé par le passé à Mayotte ou en Ukraine, ce dispositif permet « de proposer une réponse d’urgence » face aux incendies sur le sol européen.
Le ministre de l’Intérieur a fait un point de situation, ce vendredi matin, sur « le plus feu gros de la saison » qui menace dangereusement le Cap-Ferret, en Gironde. « Le feu n’est pas maitrisé et continue de progresser », alerte Laurent Nuñez. Au total, 50 000 hectares ont brûlé depuis le début de l’année, « quasiment trois fois » plus que l’an dernier.
Le Conseil constitutionnel a censuré plusieurs dispositions de la loi sur la justice criminelle portée par le garde des Sceaux Gérald Darmanin, dont le recours à la généalogie génétique dans les enquêtes judiciaires, tout en validant l’essentiel de la réforme, selon une décision publiée jeudi.