Macron, sous pression, ne veut pas « céder aux Cassandre »
Emmanuel Macron, en forte chute dans les sondages après trois mois de présidence, a réuni lundi matin à l'Elysée son gouvernement pour affronter...

Macron, sous pression, ne veut pas « céder aux Cassandre »

Emmanuel Macron, en forte chute dans les sondages après trois mois de présidence, a réuni lundi matin à l'Elysée son gouvernement pour affronter...
Public Sénat

Par Baptiste PACE et Jérémy MAROT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Emmanuel Macron, en forte chute dans les sondages après trois mois de présidence, a réuni lundi matin à l'Elysée son gouvernement pour affronter une rentrée sous tension, avec la présentation dès jeudi des très décriées ordonnances réformant le droit du travail.

"Certains prédisent le pire. Il ne faut jamais céder aux Cassandre. Certains peut-être même le souhaitent. Mais si nous sommes là, c'est pour faire, avec détermination", a déclaré M. Macron à l'ouverture de ce séminaire, exhortant son gouvernement au "volontarisme".

Mais "l'entrée dans l'atmosphère est difficile pour Jupiter", a résumé Olivier Faure (PS), président du groupe Nouvelle gauche à l'Assemblée.

Le chef de l'Etat voit à nouveau sa cote de popularité chuter, avec 40% de personnes satisfaites dans le sondage Ifop publié par le JDD. Soit 22 points de baisse depuis son élection. Et seulement 37% le jugent en mesure de "réformer efficacement" le code du travail selon une étude Odoxa pour RTL.

Mais "le pays a besoin de transformation et les Français le savent", a insisté Edouard Philippe lundi au sortir du séminaire gouvernemental. Malgré "ceux qui caricaturent sur les estrades", le Premier ministre entend bien "commencer à réparer le pays" au moyen d'un impressionnant programme de travail concocté pour les prochaines semaines.

Au menu: la présentation jeudi des cinq ordonnances réformant le droit du travail, puis, courant septembre, "le démarrage des travaux relatifs à la réforme de l'assurance chômage, de l’apprentissage et de la formation professionnelle" ainsi qu'une "série de mesures relatives aux travailleurs indépendants".

Sont également annoncés, entre autres, un plan d'envergure pour le logement, des "assises de la mobilité" en matière de transports, les bases d'une future réforme du baccalauréat et les "premières orientations d'un grand plan étudiant". Le projet de loi de finances sera présenté le 27 septembre.

"Les Français considèrent que nous n'allons pas assez vite". "On a eu un mois de juillet qui était très budgétaire", avait concédé dimanche le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner.

"Peut être que les Français s’interrogent parce qu’ils voient des mesures parcellaires sans comprendre le lien entre les unes et les autres", a jugé le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb.

Emmanuel Macron à Varna le 25 août 2017
Emmanuel Macron à Varna le 25 août 2017
AFP

"Impréparation, précipitation ou incohérence", a réagi Bernand Accoyer, secrétaire général de LR, dans un communiqué, en dénonçant "la faiblesse des mesures annoncées".

Pratiquement muet sur la scène intérieure depuis son élection, Emmanuel Macron n'a pourtant pas tardé à réagir longuement, et depuis l'étranger, aux mises en garde de François Hollande à quelques jours de la publication des ordonnances.

- "Les Français détestent les réformes" -

La semaine dernière, lors de sa tournée en Europe de l'Est, il a affirmé que "la France n'est pas un pays réformable" et que "les Français détestent les réformes".

A la voix de M. Hollande se sont ajoutées celles de François Bayrou, l'éphémère garde des Sceaux, puis d'Alain Juppé qui a brocardé le "grand flou artistique sur le budget 2018" orchestré par son ancien protégé, le Premier ministre Edouard Philippe.

Nicolas Sarkozy s'est discrètement ajouté à la liste, conseillant notamment à M. Macron de proposer à l'Europe un nouveau traité européen.

"Il est élu pour cinq ans", "on ne va pas multiplier les procès d'intention", tempère pour sa part la maire (PS) de Paris Anne Hidalgo.

De son côté, Jean-Luc Mélenchon n'a pas retenu ses coups. Considéré comme le principal opposant au président (sondage Ifop), le leader de la France insoumise a appelé à un "déferlement" le 23 septembre à Paris contre le "coup d'Etat social" que représentent selon lui les ordonnances. Lundi, Edouard Philippe l'a renvoyé à sa "fascination vénézuélienne".

Partager cet article

Dans la même thématique

Heatwave canicule, ecole elementaire, Paris
10min

Politique

Présidentielle 2027 : que proposent les candidats pour l’école ?

À quelques heures de la rentrée scolaire, l’éducation s’impose déjà comme l’un des thèmes de la campagne présidentielle. Salaires des enseignants, autorité, réduction des effectifs, autonomie des établissements, lutte contre les inégalités : de la droite à la gauche, les candidats avancent des réponses très différentes à une même préoccupation, celle d’une école jugée en difficulté.

Le

Ecole maternelle Volontaires, Violences dans le periscolaire, Paris
7min

Politique

Violences sexuelles dans le périscolaire : Anne Hidalgo auditionnée le 15 septembre par la commission d'enquête du Sénat

Avec 203 enquêtes pénales actuellement ouvertes pour des soupçons de violences dans les établissements scolaires parisiens, l'inquiétude des parents n'est pas près de faiblir à la veille de la rentrée. Au Sénat, la commission d'enquête consacrée à la prévention et au traitement des violences dans le périscolaire va reprendre ses travaux avec notamment l’audition d’Anne Hidalgo prévue le 15 septembre et celle d'Emmanuel Grégoire le 16 septembre. Sa rapporteure, Agnès Evren (LR), regrette « la solitude institutionnelle » qui pèse sur les familles victimes.

Le

Logo du Parti socialiste illustration
4min

Politique

Présidentielle : comment fonctionne la primaire du PS ?

Les socialistes et plusieurs formations satellites organisent une primaire en octobre pour choisir leur candidat à l’élection présidentielle. Les sympathisants de gauche qui n’appartiennent à aucun des partis organisateurs devront s’acquitter d’un tarif de 15 ou 10 euros, en fonction de leurs revenus, pour pouvoir voter. Explications.

Le