Macron va rompre son silence radio, et fait du « off »
Emmanuel Macron, lors de sa tournée en Europe de l'Est, a expliqué en "off" à quelques journalistes qu'il avait décidé de...

Macron va rompre son silence radio, et fait du « off »

Emmanuel Macron, lors de sa tournée en Europe de l'Est, a expliqué en "off" à quelques journalistes qu'il avait décidé de...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Emmanuel Macron, lors de sa tournée en Europe de l'Est, a expliqué en "off" à quelques journalistes qu'il avait décidé de renoncer à raréfier sa parole et comptait s'adresser aux Français une ou deux fois par mois, peut-être à la radio, selon des journalistes présents.

Trois mois après son élection, le chef de l'Etat va ainsi changer radicalement sa stratégie média, qui jusqu'ici consistait à répondre le moins possible aux questions des journalistes, et à préférer publier des déclarations sur les réseaux sociaux.

Il refusait ainsi lors de ses déplacements de répondre aux questions ne portant pas directement sur sa visite, ou aux questions de politique intérieure lors de ses déplacements à l'étranger.

Il avait aussi annulé l'interview télé traditionnelle du 14 juillet et n'a tenu depuis son arrivée aucune conférence de presse en France, hormis lors de visites de chefs d'Etat étrangers où les journalistes n'ont généralement droit qu'à une ou deux questions par pays.

En invitant jeudi trois journalistes à bord du Falcon présidentiel entre Salzbourg et Bucarest, qui ont pu lui parler une bonne heure sur de multiples sujets, il a aussi rompu avec la règle jusqu’ici martelée par l'Elysée de ne jamais faire de "off".

Dans ces entretiens informels qu'affectionnaient ses prédécesseurs, surtout François Hollande, les journalistes conviés peuvent rendre compte de la substance de ce que leur dit leur interlocuteur mais sans le citer directement ni révéler qu'il a leur parlé. Ils doivent utiliser des formules du type "selon son entourage".

Selon L'Obs, Le Monde et Ouest-France, les médias choisis par le président, Emmanuel Macron se méfie toujours des conférences de presse solennelles à l’Elysée, qu'il juge trop formatées ou trop décousues pour développer un propos en profondeur.

Au-delà d'interviews ponctuelles qu’il accordera à la presse écrite et aux chaînes de télévision, il choisirait la radio, à l’instar autrefois du président américain Franklin Roosevelt ou, au milieu des années 50, de Pierre Mendès-France qui avaient leur causerie régulière au coin du feu.

Cette formule et ce média de proximité ont, dans son esprit, l’avantage de toucher un public large et populaire, précise L'Obs, sans diminuer la fonction présidentielle.

Emmanuel Macron éprouve visiblement le besoin de davantage expliquer son action, alors que sa réforme du droit du travail inquiète et qu'il voit sa cote de popularité fortement baisser dans les sondages.

Il en a déjà donné une preuve mercredi en consacrant un long moment à défendre ses réformes en France, en pleine conférence de presse conjointe avec les chefs de gouvernement autrichien, tchèque et slovaque consacrée à la réforme de la directive sur le travail détaché, le sujet de son voyage.

Partager cet article

Dans la même thématique

Macron va rompre son silence radio, et fait du « off »
7min

Politique

Présidentielle 2027 : pourquoi l’élection française inquiète déjà les Européens

À huit mois de la présidentielle française, Bruxelles scrute déjà avec inquiétude les propositions des principaux candidats. Budget européen, primauté du droit de l’UE, dette, soutien à l’Ukraine... l’éventualité d’une victoire du RN ou de Jean-Luc Mélenchon alimente les craintes. Au point de transformer la France en maillon faible de l'UE ? Ici l'Europe ouvre le débat, avec les eurodéputés Daniel Freund (Allemagne, Les Verts), Charles Goerens (Luxembourg, Renew Europe) et Andras Laszlo (Hongrie, Patriotes pour l’Europe).

Le

Paris : Francois Bayrou recoit l l UDI
7min

Politique

« Pas à la hauteur » : le coup de gueule d’Hervé Marseille, après le soutien de Bruno Retailleau à Valérie Boyer pour les sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône

Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.

Le

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le