Macron veut « libérer » la construction via une réduction des normes
Sur fond de polémique autour de la baisse des APL, Emmanuel Macron a présenté lundi des axes de sa réforme du logement, avec notamment une ...

Macron veut « libérer » la construction via une réduction des normes

Sur fond de polémique autour de la baisse des APL, Emmanuel Macron a présenté lundi des axes de sa réforme du logement, avec notamment une ...
Public Sénat

Par Laurence BENHAMOU, Anne Pascale REBOUL

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Sur fond de polémique autour de la baisse des APL, Emmanuel Macron a présenté lundi des axes de sa réforme du logement, avec notamment une "libération" de la construction par une "réduction" des normes environnementales et sociales.

Le président a fait ces annonces à Toulouse, où il a visité un centre d'hébergement pour mères isolées, avant de décoller dans la soirée pour les Antilles frappées par l'ouragan Irma.

Après une table ronde avec les acteurs du logement, M. Macron a détaillé un nouveau dispositif de prise en charge des plus défavorisés, baptisé "Logement d’abord", qu'il a défendu pendant sa campagne présidentielle. Il s'agit de remplacer les logements d'urgence et les nuitées d'hôtel par des solutions de logements plus pérennes.

Ainsi 50.000 places supplémentaires pérennes doivent être créées, dont 10.000 dans des pensions de famille et 40.000 dans le parc locatif. Elles doivent remplacer des nuitées d'hôtels, qu'il juge inadaptées et "très coûteuses". Ce volet fera l'objet d'une "mise en oeuvre accélérée dans 15 territoires volontaires dont Toulouse", a expliqué le président.

Par ailleurs, il veut accroître la construction de logement neufs dans le parc social, en portant à 40.000 par an dès 2018 et "sur tout le quinquennat" la construction de logements "très sociaux".

Il a aussi souhaité "faire tourner davantage le parc social en faisant rentrer beaucoup plus de monde et activer un politique de baisses des prix" des logements sociaux.

Le président français, Emmanuel Macron, veut
Le président français, Emmanuel Macron, veut "une production massive" de logements neufs en quelques années. Ici, une vue aérienne de La Courneuve, en banlieue parisienne, le 14 juillet 2010
AFP/Archives

Troisième volet, M. Macron veut "libérer" la construction dans le parc libre grâce à "une réduction des exigences des normes environnementales et sociales" pour obtenir "une production massive" de logements neufs en quelques années.

"Notre pays en construit trop peu car notre système est bloqué par la sur-règlementation", a-t-il estimé. Il faut "diminuer cette règlementation pour la rendre plus pragmatique, y compris sur des normes qui relèvent de très bons sentiments, quelquefois environnementales et sociales".

"Il y aura énormément de (gens) qui s'élèveront contre ça, tous ceux qui ont dit (que) ces normes (sont) sur tout le territoire pour tout le monde": "on me dira que je ne respecte pas l'environnement, ou parfois le handicap, parfois ceci ou cela. Mais il faut du pragmatisme", car "c'est essentiel pour résoudre le problème du logement", a-t-il estimé.

- Bain de foule et manif -

Ces mesures s'inscriront dans un vaste plan logement, qui doit être présenté au prochain Conseil des ministres. Un plan sur lequel plane l'ombre de la baisse décriée de 5 euros des APL, coup de rabot annoncé fin juillet et jugé "pas intelligent" par le Premier ministre lui-même, avant l'épineuse présentation du projet de budget pour 2018.

Le président a appelé la semaine dernière "tous les propriétaires à baisser les loyers de 5 euros par mois", s'attirant des critiques à droite comme à gauche, comme des fédérations de propriétaires.

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté le 11 septembre 2017 à Toulouse à l'occasion du déplacement du président, Emmanuel Macron, dans la ville
Plusieurs centaines de personnes ont manifesté le 11 septembre 2017 à Toulouse à l'occasion du déplacement du président, Emmanuel Macron, dans la ville
AFP

Le ministre de la Cohésion des territoires Jacques Mézard a promis une "réforme structurelle" de ces aides pour mettre fin à un "système pervers" responsable d'une inflation des loyers. De premières pistes sont d'ores et déjà critiquées par des associations de défense des mal-logés.

Dans la Ville rose, entre 300 à 400 personnes, selon la préfecture, 2.000 personnes, selon la CGT, ont manifesté à cette occasion pour dire "non à la baisse des APL" (aides personnelles au logement) ou "non aux ordonnances", à la veille d'une journée de mobilisation contre la réforme du droit du travail.

A quelques centaines de mètres des manifestants, M. Macron s'est offert un long bain de foule improvisé à la mi-journée. "Ne lâchez rien", "merci", lui ont répété les badauds, parmi lesquels figuraient des militants d'En Marche !

En arrivant sur place en milieu de matinée, le chef de l’État, dérogeant à son habitude, a longuement répondu à un journaliste qui lui demandait s'il regrettait d'avoir employé le mot de "fainéants" pour qualifier des opposants à sa politique de réformes. "Absolument pas", a-t-il rétorqué, assurant ne pas l'avoir fait "avec l'esprit de polémique".

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Gerard Larcher elu President du Senat
6min

Politique

« Grand oral », « intox » et promesses : un match oppose Patrick Kanner à Rachid Temal pour la tête du groupe PS du Sénat

Les 62 sénateurs PS vont élire ce mercredi leur président de groupe. Le sortant Patrick Kanner, président depuis 2018, voit son poste convoité par Rachid Temal, qui pointe le manque de collégialité. Entre grands oraux passés ce mardi par le courant d’Olivier Faure et discussions de couloirs, cette campagne courte et discrète n’en est pas moins intense.

Le

« Ce sera du jamais vu depuis l’entre-deux-guerres » : le coût annuel de notre dette continue sa remontée, menaçant d’asphyxier nos capacités d’action
8min

Politique

« Ce sera du jamais vu depuis l’entre-deux-guerres » : le coût annuel de notre dette continue sa remontée, menaçant d’asphyxier nos capacités d’action

La hausse des taux d’intérêt continue de s’élever à un rythme qui n’avait pas été anticipé. Elle renchérit à la fois le coût des nouvelles émissions de dette mais aussi le renouvellement des anciens bons du Trésor. Selon l’économiste Anthony Morlet-Lavidalie, la charge annuelle de la dette pourrait à moyen terme retrouver des niveaux que la France n’avait plus connu depuis l’entre-deux-guerres.

Le

Paris : Block Everything protest day
7min

Politique

Blocus des lycées : « Une fois sorti du tube, le dentifrice ne rentre plus »

Parti de revendications sur les moyens, le manque d’enseignants ou les conditions d’étude, le mouvement lycéen s’étend de ville en ville. Le soutien affiché de La France insoumise et la réponse ferme du gouvernement ont progressivement déplacé la contestation sur le terrain politique. Mais les sociologues insistent sur l’autonomie des élèves et redoutent que l’affrontement entre adultes ne finisse par éclipser leurs revendications.

Le

La Seyne-sur-Mer RN party’s President Jordan Bardella
8min

Politique

Accusations d'antisémitisme : « La défense de Jordan Bardella est assez classique. C’est celle de Fillon en 2017 », selon le communiquant Philippe Moreau-Chevrolet

Dans la tourmente depuis lundi et l’article de Mediapart qui a révélé des écrits antisémites datant de 2013, le président du RN, Jordan Bardella, a annoncé dans la foulée le dépôt d’une plainte pour diffamation et dénonce une opération destinée à le « tuer politiquement ». Cette mise en avant d’une « manipulation » n’est pas sans rappeler la défense de François Fillon il y a 10 ans et pose la question d’une future mise à l’écart de celui censé former un ticket avec Marine Le Pen pour l’élection présidentielle.

Le