Macron veut transformer Pôle emploi en « France travail », et réformer le RSA avec 15 à 20 heures d’activité hebdomadaire

Macron veut transformer Pôle emploi en « France travail », et réformer le RSA avec 15 à 20 heures d’activité hebdomadaire

Le candidat Emmanuel Macron a proposé jeudi de réformer le RSA pour un « meilleur équilibre » entre les droits et les devoirs des bénéficiaires, notamment une obligation de consacrer 15 à 20 heures par semaine à une activité facilitant le retour à l’emploi. Le président sortant a également évoqué la fusion de Pôle emploi avec d’autres dispositifs de réinsertion professionnelle.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

« Le plein emploi est un objectif atteignable », a assuré Emmanuel Macron, lors de la présentation de son projet présidentiel, jeudi à Aubervilliers. Le président candidat a expliqué vouloir poursuivre, en matière de travail, les réformes engagées durant son quinquennat. Assumant la philosophie suivante : « À chaque fois que la conjoncture s’améliore, on doit avoir des règles qui incitent davantage au retour à l’emploi. À chaque fois que la conjoncture se dégrade, nous devons mieux protéger celles et ceux qui tombent dans des situations de chômage. »

Il a évoqué une réforme de Pôle emploi, qui pourrait être fusionné avec les autres dispositifs d’aides de retour à l’emploi existants. Cette nouvelle entité sera baptisée « France travail », a indiqué le président candidat. L’objectif est de « mettre en commun à l’échelle d’un territoire tous les savoir-faire et les compétences, celles de Pôle emploi, de nos régions, de nos départements, de nos communes, de nos missions locales », a expliqué Emmanuel Macron. « Il y a une trop grande segmentation de toutes celles et ceux qui accompagnent le retour à l’emploi », estime le candidat.  « La volonté est d’avoir - je n’aime pas ce terme qu’on emploie souvent, celui de guichet unique -, un lieu où l’on accompagne tous ceux et celles qui ont vocation à revenir à l’emploi. »

Le RSA soumis à des contreparties

Emmanuel Macron a également levé le voile sur la réforme du revenu de solidarité active (RSA), évoquée lundi par Richard Ferrand, le président de l’Assemblée nationale, et qui figurait déjà dans le programme de 2017. Le fondateur d’En Marche ! souhaite « aller vers un revenu d’activité avec un meilleur équilibre des droits et devoirs ». « Il faut un revenu de subsistance pour toute personne, mais il faut pouvoir mieux accompagner chacune et chacun, lui reconnaître sa dignité, et lui demander une part de devoirs pour toutes celles et ceux qui le peuvent », a-t-il déclaré. Avec cette réforme, les bénéficiaires du RSA auront « l’obligation de consacrer 15 à 20 heures par semaine à une activité permettant d’aller vers l’insertion professionnelle. »

Emmanuel Macron a décrit cette mesure comme le pendant du contrat d’engagement jeune pour les 18-25 ans, une allocation de 500 euros maximum, notamment liée à « un parcours intensif avec une mise en activité systématique, soutenue et régulière ». « Je n’ai pas voulu faire le RSA pour les 18-25 ans parce que je considère que c’est en quelque sorte nous satisfaire d’une idée qu’on traiterait la pauvreté ou la précarité uniquement à travers des prestations monétaires », a expliqué le président sortant.

Actuellement, le RSA garantit un revenu minimum aux personnes sans ressource d’au moins 25 ans. Son montant est déterminé en fonction de la composition du foyer. Fin septembre 2021, le nombre de bénéficiaires était estimé à 1,91 million de foyers, pour un montant d’environ 2,9 milliards d’euros, selon les chiffres de la Caisse nationale d’allocations familiales.

Dans la même thématique

Paris : Deux policiers blesses par balle comissariat 13 eme arrondissment
4min

Politique

Sécurité : que proposent les grands blocs politiques pour les élections législatives ?

Ce lundi 14 juin, la campagne pour les élections législatives s’est ouverte, et les programmes des principales forces politiques ont été dévoilés. La sécurité est au cœur du débat et suscite une attention tout particulière au sein de l’opinion publique. Petit aperçu des différentes propositions et promesses sur ce sujet clivant entre les partis.

Le

Rentree scolaire Ecole Primaire Maternelle Saint-Philippe a Nice
7min

Politique

Législatives anticipées : que proposent les trois blocs sur l’éducation ?

Après le pouvoir d’achat, la sécurité et l’immigration, l’éducation divise les différents candidats aux élections législatives. Si le programme gouvernemental sur l’école est bien connu, les deux autres blocs politiques en lice pour les élections législatives prônent des mesures radicalement opposées.

Le

Paris : Auditions au MEDEF
6min

Politique

Législatives : ces sénateurs tentés par la ligne Ciotti/Bardella

Depuis l’alliance annoncée entre Éric Ciotti et Jordan Bardella aux élections législatives, les sénateurs du groupe LR du Sénat font officiellement bloc derrière la ligne d’autonomie définie par le bureau politique du parti. Mais dans cette campagne éclair, certains expriment leurs divergences. Après les 7 juillet, elles pourraient bien s’accentuer.

Le