Macron veut voir les bibliothèques ouvertes le dimanche et le soir
Le président Emmanuel Macron et la ministre de la Culture Françoise Nyssen ont appelé mardi les bibliothèques à ouvrir davantage...

Macron veut voir les bibliothèques ouvertes le dimanche et le soir

Le président Emmanuel Macron et la ministre de la Culture Françoise Nyssen ont appelé mardi les bibliothèques à ouvrir davantage...
Public Sénat

Par Jérôme RIVET

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Le président Emmanuel Macron et la ministre de la Culture Françoise Nyssen ont appelé mardi les bibliothèques à ouvrir davantage le soir et le dimanche afin de "réduire les fractures" culturelles et sociales.

Actuellement, seules 130 des 16.500 bibliothèques et points de lecture de France ouvrent leurs portes le dimanche.

Et, dans la semaine, "beaucoup d'entre elles ouvrent aux horaires où la plupart des Français travaillent", étant fermées à l'heure du déjeuner et tôt le soir, a regretté Françoise Nyssen.

Il faut donc "changer de rythme" et "ouvrir mieux et plus", appelle l'écrivain Erik Orsenna qui a présenté un rapport sur l'avenir des bibliothèques au président et à la ministre aux Mureaux (Yvelines).

Emmanuel Macron a visité durant trois heures la médiathèque de cette ville de la grande banlieue de Paris, présentée comme "exemplaire" car elle ouvre le dimanche et propose de nombreuses activités en plus du prêt traditionnel de livres et de vidéos.

La France est bien équipée puisqu'elle possède autant de bibliothèques que de bureaux de Poste. Mais ces équipements culturels, souvent modernes, ne sont ouverts que 41 heures par semaine dans les grandes villes contre 78 heures à Londres ou 98 heures - un record - à Copenhague.

Cette situation avait été dénoncée par Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle et il avait fait de l'extension des horaires l'une de ses promesses électorales.

Selon lui, l'accès à la culture fait partie intégrante de "la bataille pour l'émancipation", qui est le "fil rouge" de la politique du gouvernement.

- 'Financièrement difficile' -

Le rapport établi par Erik Orsenna et Noël Corbin, inspecteur des affaires culturelles, fixe la durée d'ouverture hebdomadaire moyenne à 45 heures pour les villes de 50.000 à 100.000 habitants, et à 50 heures pour celles de plus de 100.000 habitants.

Aux Mureaux, qui compte 32.000 habitants, la médiathèque est ouverte 28 heures par semaine "et on aimerait ouvrir plus, mais c'est financièrement difficile", a expliqué au président son maire, François Garay (DVG).

L'Association des bibliothécaires de France (ABF) avait accueilli favorablement en juillet 2017 l'extension des horaires d'ouverture, tout en mettant en garde contre l'impact de "la baisse des moyens financiers des collectivités territoriales".

Le gouvernement a augmenté de huit millions d'euros la dotation générale de décentralisation en faveur des bibliothèques pour les cinq prochaines années.

Cela devrait permettre de soutenir "200 projets d’extension d’horaires", selon le rapport Orsenna, qui juge toutefois cet effort insuffisant.

Pour l'académicien, "ce n'est pas à Paris qu'on doit décider" de tels projets, mais au niveau local car "les attentes des populations diffèrent de Dunkerque à Nice, de Cayenne à Nouméa, et selon qu'on soit étudiant ou retraité".

En 2015, les collectivités locales ont dépensé 1,7 milliard d'euros pour la lecture publique, dont près de 1,2 milliard pour rémunérer les 38.000 agents des bibliothèques, selon le ministère de la Culture.

Dans leur rapport, MM. Orsenna et Corbin appellent les bibliothèques à "s'adapter à la demande" et à "devenir des maisons de service public culturel" car "50% des personnes qui y entrent ne viennent pas chercher des livres". Aux Mureaux, la médiathèque accueille ainsi des cours de soutien scolaire, des ateliers d'art, de danse et un "fab-lab" équipé d'imprimantes 3D ainsi qu'une "micro-folie", musée numérique initié par la Grande Halle de la Villette à Paris.

Le rapport, qui souligne l'apport des 81.000 bénévoles qui permettent aux bibliothèques de fonctionner, suggère de faire davantage appel aux étudiants et d'encourager dans les petites villes "la mutualisation de locaux et de personnels d’accueil" entre les bibliothèques et les agences postales.

"Pourquoi pas des kiosques à livres dans les piscines, des salles de sport, des salons de coiffure, dans les salles d'attente des médecins?", écrivent ses auteurs.

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