Devant la commission des lois du Sénat, Gérald Darmanin a pointé du doigt la responsabilité « de l’ultragauche » dans les débordements des dernières manifestations contre la réforme des retraites ou contre la construction de la mega-bassine à Sainte-Soline. Toutefois, le ministre a reconnu « que l’ultragauche n’était pas la menace principale. 43 attentats islamistes et 9 attentats de l’ultradroite ont été déjoués depuis 2017 contre un seul de l’ultragauche.
Maintien de l’ordre : « Le sujet n’est pas les manifestations, mais l’ultragauche », pour Gérald Darmanin
Devant la commission des lois du Sénat, Gérald Darmanin a pointé du doigt la responsabilité « de l’ultragauche » dans les débordements des dernières manifestations contre la réforme des retraites ou contre la construction de la mega-bassine à Sainte-Soline. Toutefois, le ministre a reconnu « que l’ultragauche n’était pas la menace principale. 43 attentats islamistes et 9 attentats de l’ultradroite ont été déjoués depuis 2017 contre un seul de l’ultragauche.
Ce mercredi, après avoir répondu aux questions des députés, le ministre de l’Intérieur était invité à s’expliquer devant les sénateurs de la commission des lois sur l’usage de force par les policiers et les gendarmes lors des manifestations contre la réforme des retraites ou lors des affrontements à Saint-Soline.
Documents PowerPoint à l’appui, Gérald Darmanin a d’abord assuré que depuis le début du mouvement social contre la réforme des retraites, les manifestations s’étaient déroulées sans incidents majeurs. Le tournant se situerait selon lui, le 16 mars, jour du recours à l’article 49.3 à l’Assemblée nationale. Cette journée s’est soldée par 552 blessés chez les forces de l’ordre et 428 interpellations. « Lorsque l’ultragauche décide de prendre en otage le mouvement social ou notamment d’accentuer les exactions de l’écologie radicale à Sainte-Soline », indique-t-il.
Installation de ZAD: « 42 projets sont enregistrés par les services de renseignement »
Depuis le 16 mars, « c’est un bilan extrêmement lourd », que rapporte le ministre. « 1851 interpellations dans toute la France, 299 atteintes contre des institutions publiques, 132 atteintes de permanences politiques, 33 plaintes d’élus, 2 500 incendies sur la voie publique », liste-t-il avant de préciser : « Le sujet ce n’est pas les manifestations. Ce n’est pas les bassines ou les retraites. Le sujet, c’est l’ultragauche qui, en Europe, infiltre des manifestations pour pouvoir être extrêmement violentes ».
Sur le cas de Sainte-Soline, Gérald Darmanin est revenu sur ce qu’il affirme être une « fake news », « comme quoi les secours auraient été empêchés d’intervenir par les forces de l’ordre ». Il affirme que les secours ont d’abord été empêchés par les difficultés de géolocalisation des blessés. « Le SAMU a été ralenti soit par des blessés ou par des manifestants qui les prenaient à partie », assure-t-il.
« On me dit que des armes de guerre ont été utilisées. Oui, par les casseurs. La gendarmerie n’utilise pas de cocktails molotov par exemple. La gendarmerie n’utilise pas de drones […] En revanche, les casseurs ont fait voler des drones », a-t-il regretté, rappelant que 48 gendarmes ont été blessés Sainte-Soline, dont certains gravement.
Gérald Darmanin prend un ton plus alarmiste en déclarant « que ça ne fait que commencer ». « 42 projets sont enregistrés par les services de renseignement comme étant ceux qui peuvent faire naître des contestations extrêmement violentes, dont 17 avec une radicalisation du niveau de Sainte-Soline au minimum ».
Supprimer les subventions de la ligue des droits de l’Homme : « Ça mérite d’être regardé »
Concernant les évènements de Sainte-Soline, le ministre a pris soin de préciser qu’un arrêté d’interdiction de transport d’armes pris par la préfète des Deux-Sèvres avait été attaqué par la Ligue des droits de l’Homme.
Reprenant la liste des armes, couteaux et autres boules de pétanques, saisies par les forces de l’ordre la veille de la manifestation de Sainte-Soline, le sénateur LR, François Bonhomme s’attaque alors à ce qu’il nomme « les observateurs autoproclamés des pratiques policières issus de la ligue des droits de l’Homme et du Défenseur des droits ». « Ça pose des questions, le Défenseur des droits est financé par fonds publics et à un statut indépendant et s’autosaisit comme bon lui semble. La ligue des droits de l’Homme est financée sur fonds publics. Il faut cesser de financer des associations qui mettent en cause gravement l’Etat […] Ces associations n’ont rien à voir avec l’Etat de droit quoiqu’elles en disent », a-t-il martelé.
Pris quelque peu au dépourvu par la diatribe du sénateur du Tarn-et-Garonne, Gérald Darmanin a reconnu « ne pas connaître les subventions de l’Etat à la ligue des droits de l’Homme ». « Effectivement, ça mérite d’être regardé. Mais, je rappelle que beaucoup de collectivités locales les financent ».
Pointant du doigt les causes plutôt que les conséquences des débordements récents, le sénateur LR, Philippe Bas a évoqué la responsabilité de l’éxecutif. Le gouvernement auquel vous appartenez n'est pas capable de créer du consensus social sur ses réformes, il ne faut pas s'étonner qu'il y ait dans notre pays une radicalisation des luttes. Vous n'êtes pas capable, non plus, de contenir l'ultra-gauche ».
La sénatrice socialiste de Paris, Marie-Pierre de la Gontrie a invité le ministre à ne pas utiliser le terme « terroriste » lorsqu’il a évoqué « le terrorisme intellectuel de l’extrême gauche » dans le JDD. « Le terme terroriste, est un mot que vous ne devriez pas utiliser de manière un peu rapide », a-t-elle regretté.
« Vous n’êtes pas la police des mots », lui a rétorqué le locataire de Beauvau. « Je mets des mots sur les choses. Jeter des cocktails Molotov sur la police, c’est de la terreur ».
Plusieurs élus de gauche comme les sénateurs PS, Jérôme Durain et Laurence Harribey se sont interrogés sur une forme d’hémiplégie de la pensée du ministre lorsqu’il s’agit d’évoquer la menace de l’ultragauche. « Vous ne parlez que de l’ultragauche alors que vous êtes tout à fait capable de faire des réponses équilibrées quand on vous alerte sur l’ultradroite. Je trouve regrettable qu’on soit obligé de vous poser la question pour revenir à l’équilibre », a objecté la sénatrice.
« La menace principale est bien évidemment la menace terroriste »
Paradoxalement, lors de cette audition, le locataire de Beauvau a effectivement indiqué que « la menace principale n’était pas l’ultragauche ». « La menace principale est bien évidemment la menace terroriste. 41 attentats déjoués depuis 2017 », a-t-il rappelé avant d’ajouter : « Depuis 2017, il y a eu 9 attentats déjoués de l’ultradroite et 1 de l’ultragauche ».
Alors pourquoi axer toute son audition sur la menace de l’ultragauche ? Puisque comme l’a rappelé Jérôme Durain, citant les propos du directeur de la DGSI, « la menace ultradroite, suprémaciste, accelerationiste est aujourd’hui la principale menace auxquelles les démocraties occidentales sont confrontées ».
Le ministre a indiqué qu’à sa connaissance l’incendie de la porte de la mairie de Bordeaux, il y a quelques jours, en marge d’une manifestation contre la réforme des retraites, était l’œuvre de l’ultragauche et non de l’ultradroite. « Maintenant, si le président de la commission des lois veut m’inviter pour parler de la menace accelerationiste ou suprémaciste de l’ultradroite, je le fais bien volontiers. Mais ce n’est pas l’objet de l’actualité d’aujourd’hui ».
Le Sénat a voté en faveur « d’un droit opposable au soulagement » lors de l’examen de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. Après avoir rejeté l’article qui fixait les conditions, le Sénat est donc également revenu sur le principe de « l’assistance médicale à mourir », défendue par la commission des affaires sociales ».
Coup de théâtre, mercredi les sénateurs ont rejeté l’article 4, le cœur de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. La commission des affaires sociales avait considérablement réduit la portée du texte en remplaçant un « droit à l’aide à mourir » par « une assistance médicale à mourir », pour les malades dont le pronostic vital » est engagé à très court terme. La majorité sénatoriale divisée n’est pas parvenue à s’entendre sur cette version.
Suite aux recours au 49.3 par le premier ministre pour faire adopter le budget, Sébastien Lecornu a écrit aux parlementaires pour expliquer les principales mesures de ce budget de compromis. Une lettre envoyée aux seuls députés en réalité. Les sénateurs, eux, ne l’ont pas reçue. Ils devront attendre le retour du texte à la Haute assemblée pour que le premier ministre leur écrive.
Le premier ministre détaille en partie la copie finale du projet de loi de finances, « fruit d’un compromis » avec les forces politiques, en particulier le PS. Selon Sébastien Lecornu, cette version du budget est « meilleure » que le texte initial du gouvernement.