Majorité indépendantiste en Nouvelle-Calédonie : « un signal politique fort » assure le sénateur Gérard Poadja
Alors qu’un troisième référendum sur l’autodétermination de la Nouvelle-Calédonie doit avoir lieu en 2022, les indépendantistes s’imposent un peu plus dans le paysage politique en remportant la majorité au gouvernement collégial, ce mercredi.

Majorité indépendantiste en Nouvelle-Calédonie : « un signal politique fort » assure le sénateur Gérard Poadja

Alors qu’un troisième référendum sur l’autodétermination de la Nouvelle-Calédonie doit avoir lieu en 2022, les indépendantistes s’imposent un peu plus dans le paysage politique en remportant la majorité au gouvernement collégial, ce mercredi.
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Un pas de plus pour les indépendantistes. Ce mercredi, les partisans de l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie ont remporté la majorité au gouvernement collégial, où ils disposent, pour la première fois depuis le début de l’accord de Nouméa en 1998, de six des onze membres de l’assemblée. Une victoire obtenue grâce à une alliance entre les indépendantistes et un parti plus petit, L’Eveil océanien, qui inscrit un peu plus le courant indépendantiste dans la scène politique de la Nouvelle-Calédonie.

« C’est un signal politique fort », réagit le sénateur de Nouvelle-Calédonie Gérard Poadja auprès de Public Sénat. « Les mouvements indépendantistes, et particulièrement Avenir en confiance, se sont montrés trop confiants et trop individuels. Ce qui se passe aujourd’hui est plus un échec d’alliance entre les mouvements non-indépendantistes qu’une victoire des indépendantistes », analyse-t-il. Pour autant, Gérard Poadja regrette la montée en puissance des indépendantistes. « Je souhaite une émancipation de la Nouvelle-Calédonie », assure-t-il. « Et le processus est entamé depuis l’accord de Nouméa, mais je suis Français et attaché à la République, je suis donc contre l’indépendance totale de la Nouvelle-Calédonie. »

« La coopération doit rester très vivace »

Ce nouveau gouvernement entérine par ailleurs le résultat du deuxième référendum sur l’autodétermination du territoire, où le « oui » avait rassemblé 46,75 % des suffrages, alors qu’un troisième référendum doit avoir lieu en 2022. « Je ne pense pas qu’on puisse préjuger du troisième référendum », assure cependant le sénateur socialiste Jean-Pierre Sueur. « Ce que je souhaite c’est qu’il ait lieu dans les conditions les plus objectives possibles, que chacun y contribue. Je suis pour le dialogue, et le peuple calédonien décidera. S’il décide, ce que je souhaiterais, que la Nouvelle-Calédonie reste dans la France, que ce soit l’occasion de fortifier nos relations. Si c’est un choix différent, ce sera l’indépendance, mais je pense que l’indépendance n’exclue pas la coopération qui de toute façon restera et doit rester très vivace. »

Pour prendre la mesure de la situation, le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu avait annoncé, mi-janvier, la mise en place d’une mission d’information sur le sujet afin d’avoir « un temps de travail spécifique sur la Nouvelle-Calédonie ». Et si la composition de cette mission d’information reste inconnue, c’est le président du Sénat, Gérard Larcher, qui prendra la tête de ce groupe de contact.

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