Emmanuel Macron, plus "maître des horloges" que jamais, a répondu mercredi aux critiques sur la longue attente du remaniement en soulignant sa...
Malgré les critiques, Macron va « prendre le temps » pour remanier plusieurs ministères
Emmanuel Macron, plus "maître des horloges" que jamais, a répondu mercredi aux critiques sur la longue attente du remaniement en soulignant sa...
Par Jérôme RIVET, Laurence BENHAMOU
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Emmanuel Macron, plus "maître des horloges" que jamais, a répondu mercredi aux critiques sur la longue attente du remaniement en soulignant sa volonté de "prendre le temps" d'organiser ce mouvement qui concernera plusieurs ministères.
Confronté à des reproches de plus en plus vifs contre un processus qui aura pris, si le remaniement intervient ce week-end, une dizaine de jours, le président a souligné au Conseil des ministres qu'il "assumait totalement de prendre le temps de faire ce fameux remaniement", a rapporté le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.
L'exécutif a également balayé les rumeurs de désaccord en son sein. Le Premier ministre, Édouard Philippe, interpellé à l'Assemblée, a ainsi démenti qu'il y ait "le début du commencement de la moitié d'une feuille de papier à cigarette" entre le président et lui.
Le chef du gouvernement assure l'intérim du ministère de l'Intérieur depuis le 2 octobre, jour de la démission du ministre Gérard Collomb.
Mercredi, l'Élysée a fait valoir que le retour à Lyon de M. Collomb avait créé "une opportunité pour retailler l'équipe". Il y aura donc "des entrants, des sortants et certains changeront de job à l'intérieur du gouvernement" avec aussi de possibles "changements de périmètre" et "redécoupages de portefeuilles".
Le Premier ministre Edouard Philippe à la sortie du Conseil des ministres au Palais de l'Elysée à Paris, le 10 octobre 2018
AFP
Sur la méthode, Benjamin Griveaux explique que le président "assume de rompre avec les pratiques habituelles qui voulaient qu'on change en quelques heures tel ou tel ministre, en le passant d'un portefeuille ministériel à l'autre". Les ministres, a ajouté le chef de l'État selon ces propos rapportés, sont "des personnes avec lesquelles il faut avoir un dialogue nourri avant de décider de leur confier la mission importante de transformation du pays dans laquelle nous sommes engagés".
Pas convaincue par ce discours managérial, l'opposition voit dans le long délai écoulé depuis la démission de M. Collomb le signe de dissensions et d'un manque de maîtrise de la part de l'exécutif.
"Tout ça symbolise une immense fébrilité au sommet de l'État, avec une succession de couacs et une incapacité à tracer un cap", a ainsi accusé Guillaume Peltier (Les Républicains), tandis qu'à gauche, l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon évoquait un "bazar" privé de "pilote et d'équipage".
- "Au plus tôt ce week-end" -
M. Macron s'est envolé dans l'après-midi pour l'Arménie, où il doit participer au Sommet de la Francophonie. Il rentrera à Paris vendredi soir. De source gouvernementale, le remaniement interviendra "au plus tôt ce week-end, mais il y a le temps".
Le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand le 09 octobre 2018
AFP
Si l'exécutif souligne qu'un gouvernement est en place et fonctionne normalement, des rumeurs, évoquées par plusieurs médias, attribuent ce délai inhabituel à un désaccord entre Emmanuel Macron et Édouard Philippe sur le choix du futur ministre de l'Intérieur. "Le fait nouveau, c'est la mésentente entre le président et le Premier ministre", estime ainsi le centriste Jean-Christophe Lagarde.
"Les discussions sont parfaitement fluides mais forcément longues", réplique une source gouvernementale : "Ce n'est pas parce que c'est long que c'est conflictuel! Il s'agit moins d'une question de noms que d'une question de mécanique. Un mouvement crée d'autres mouvements, comme dans un Rubik's Cube". En d'autres termes, le remaniement pourrait s'apparenter à une partie de chaises musicales, dans laquelle le changement de fonctions d'un ministre créerait une réaction en chaîne.
Pour remplacer Gérard Collomb place Beauvau, les noms des ministres Christophe Castaner (Relations avec le Parlement), Jean-Yves Le Drian (Affaires étrangères) ou Gérald Darmanin (Comptes publics) ont été évoqués. L'exécutif pourrait aussi être tenté de faire confiance à un expert, sur le modèle de Jean-Michel Blanquer à l'Éducation, dont l'assimilation au monde politique est jugée réussie.
L'option consistant à associer un profil politique et une personnalité extérieure a aussi conduit différentes sources à citer l'hypothèse d'un duo entre M. Castaner et l'ancien patron de la police nationale Frédéric Péchenard, par exemple.
Parmi les sortants possibles, figurent Françoise Nyssen (Culture), Jacques Mézard (Cohésion des Territoires) ou Stéphane Travert (Agriculture). Ce dernier, selon son entourage, pourrait prendre des responsabilités à LREM en cas d'entrée de M. Castaner place Beauvau.
Les centristes du MoDem pourraient récupérer un ou deux portefeuilles, comme Marc Fesneau, leur chef de file à l'Assemblée, pressenti, entre autres, pour l'Agriculture.
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