Malgré leurs défaites, Les Républicains espèrent sauver leur unité
Sonnés par leurs lourdes défaites à la présidentielle et aux législatives, et le ralliement de plusieurs ténors au camp pro-Macron, Les...

Malgré leurs défaites, Les Républicains espèrent sauver leur unité

Sonnés par leurs lourdes défaites à la présidentielle et aux législatives, et le ralliement de plusieurs ténors au camp pro-Macron, Les...
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Par Nadège PULJAK

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Sonnés par leurs lourdes défaites à la présidentielle et aux législatives, et le ralliement de plusieurs ténors au camp pro-Macron, Les Républicains espèrent sauver leur unité, en dépit des divergences entre partisans d'une ligne droitière et tenants d'une voie "plus centrale".

Avant d'entamer le travail de "reconstruction", voire de "refondation" d'un parti qui a échoué à remplir sa mission première - empêcher une défaite au premier tour d'une présidentielle face au Front national - Les Républicains veulent "clarifier" la situation avec les "constructifs", ces LR Macron-compatibles, fondateurs avec l'UDI, d'un groupe distinct à l'Assemblée.

La question devrait être tranchée au prochain bureau politique, le 11 juillet. Ils ne sont que treize, mais sont une épine dans le pied d'une formation déjà affaiblie par la perte de la moitié de ses députés (une centaine au lieu des quelque 200 dans la précédente législature).

A en croire la plupart des leaders LR interrogés par l'AFP en fin de semaine, les principaux constructifs devraient être exclus. Exit Thierry Solère (qualifié de "traître") ou Franck Riester (co-président du groupe).

"Les autres, on ne désespère pas de les ramener à la maison", affirme-t-on au parti.

Edouard Philippe et Bruno Le Maire à Pacy-sur-Eure, le 28 mai 2017
Edouard Philippe et Bruno Le Maire à Pacy-sur-Eure, le 28 mai 2017
AFP/Archives

Quand aux trois LR du gouvernement, Edouard Philippe, Premier ministre, Bruno le Maire, ministre de l'Economie, et Gérald Darmanin (Action et Comptes publics), "ils se sont mis eux-mêmes en dehors du parti", répète-t-on, sans que l'on sache s'ils seront ou non officiellement exclus.

Autre temps fort du BP, le vote sur les dates des prochaines élections internes, d'où sortira le nouveau président du parti. Bernard Accoyer, secrétaire général de LR, proposera "les 10 et 17 décembre". Les Républicains avaient envisagé de réunir leur congrès en octobre, avant de décider de le reculer "pour ne pas parasiter la campagne des élections sénatoriales" (24 septembre).

- "Rajeunir, féminiser" LR -

Pour l'instant, le seul candidat certain de la compétition est Laurent Wauquiez, actuel numéro deux du parti et président de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

"Je suis convaincu que l'espoir peut renaître à droite, et plus vite qu'on ne pense", affirme M. Wauquiez, qui pose "deux conditions" à cette renaissance: que la droite soit "claire", qu'elle soit "rassemblée".

Laurent Wauquiez, vice-président des Républicains, le 18 janvier 2017 à Paris
Laurent Wauquiez, vice-président des Républicains, le 18 janvier 2017 à Paris
AFP/Archives

Dans son esprit, il s'agit d'une droite qui "assume ses valeurs", redonne tout son sens au mot "régalien", défend les "classes moyennes", est ferme sur les questions d'immigration, la laïcité et les questions de société ("je refuse de garder la loi Taubira", disait-il début 2016).

L'ancien ministre s'est fixé "une ligne rouge": "pas d'alliance avec la gauche et le FN. Une seule boussole: les valeurs de la droite et du centre", avait-il tweeté le 17 mai, alors que Marion Maréchal-Le Pen venait d'assurer à Valeurs actuelles qu'"avec Wauquiez, on aurait des choses à faire ensemble".

Valérie Pécresse, la présidente LR de la région Ile-de-France, le 23 mai 2017 à Cannes
Valérie Pécresse, la présidente LR de la région Ile-de-France, le 23 mai 2017 à Cannes
AFP

Wauquiez "court après l'extrême droite", tonne néanmoins Xavier Bertrand. Le président LR des Hauts-de-France, partisan de "la voie centrale", a annoncé au JDD qu'il ne serait pas lui-même candidat, suggérant à sa collègue d'Ile-de-France Valérie Pécresse de se présenter. Selon des sources LR, la présidente d'IdF ne serait pas encline à y aller.

"Elle est très soucieuse d'éviter une guerre des chefs" dans un parti longtemps traumatisé par la guerre Copé/Fillon de fin 2012, explique-t-on dans son entourage. Son souhait: "redéfinir la ligne de LR - ni compromission avec le FN, ni ralliement à Macron - le rajeunir, le féminiser".

"Donner la parole aux jeunes générations" est aussi l'objectif de Daniel Fasquelle, trésorier de LR, réélu dans sa circonscription du Pas-de-Calais contre un candidat REM dont la suppléante n'était autre que la belle-fille de Macron, aime-t-il répéter. "Je veux faire entendre mes idées dans le débat interne et je me réserve la possibilité d'être candidat si elles ne sont pas entendues", affirme-t-il.

Avant l'élection du patron, "lançons des états-généraux dans chaque fédération, pour réfléchir à la ligne et l'organisation du mouvement", affirme de son côté Bruno Retailleau, président des sénateurs LR.

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