Mali : « Quelle autre solution avons-nous que de nous retirer ? », s’interroge Hervé Morin
Invité de la matinale de Public Sénat, Hervé Morin est revenu sur la situation au Mali. L’ancien ministre de la défense ne semble pas voir d’autre issue possible que le retrait pour l’opération Barkhane, qui doit être organisé, mais apparaît inévitable.

Mali : « Quelle autre solution avons-nous que de nous retirer ? », s’interroge Hervé Morin

Invité de la matinale de Public Sénat, Hervé Morin est revenu sur la situation au Mali. L’ancien ministre de la défense ne semble pas voir d’autre issue possible que le retrait pour l’opération Barkhane, qui doit être organisé, mais apparaît inévitable.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Alors que l’ambassadeur français a été sommé de quitter le pays, Jean Castex parlait mercredi dans l’hémicycle d’une situation « extrêmement préoccupante » au Mali. Hervé Morin, ancien ministre de la Défense, se montre assez pessimiste sur l’avenir de l’opération Barkhane : « On a un schéma qui s’approche chaque jour de plus en plus de ce que l’on a connu en Afghanistan. On est arrivés pour combattre le terrorisme et reconstruire un Etat sur un accord politique et on apparaît de plus en plus comme une force d’occupation. » Depuis le coup d’Etat, la France est en effet utilisée comme « bouc émissaire » par la junte au pouvoir, selon le discours tenu par Jean Castex hier au Sénat.

>> Lire aussi : Situation au Mali : Jean Castex annonce la tenue d’un débat au Parlement

« On ne retire pas 5000 hommes du jour au lendemain »

Pour le président centriste de la région Normandie, la situation politique interne au Mali sonne le glas de l’opération Barkhane : « Continuer à déployer des forces importantes, sans accord politique, quels que soient les moyens déployés, l’équation est impossible. Il y a un moment il faut en tirer les conclusions. » Cette fameuse « équation impossible », c’est l’équation typique d’une « guerre asymétrique » que mène la France dans le cadre de l’opération Barkhane : « Il y a un espace gigantesque et un accroissement des forces terroristes. On ne peut pas installer quelque chose de durable et de stable si les conditions ne sont pas réunies dans le pays. »

Hervé Morin « tire des conclusions » du fait que la France, n’ayant pas atteint « son but de guerre », ne peut rester présente au Mali contre l’avis des autorités locales : « Le renvoi de l’ambassadeur de France est une rupture. Quelle autre solution avons-nous que de nous retirer ? Barkhane doit être revue de fond en comble, il nous faut nous replier sur le Niger pour pouvoir intervenir en cas d’urgence. » Ce retrait demande une logistique lourde, mais doit être organisé petit à petit, d’après l’ancien ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy, aujourd’hui conseiller économique de Valérie Pécresse : « On ne retire pas 5000 hommes du jour au lendemain, il faut faire ça dignement et proprement, pour arriver à rapatrier nos moyens. Ce sont des opérations très lourdes. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Elysee Palace : Emmanuel Macron welcomes European Council President Antonio Costa
3min

Politique

Les sénateurs communistes veulent réduire les pouvoirs du Président de la République

Mercredi 25 février, les communistes du Sénat défendront une proposition de loi constitutionnelle visant à « restreindre certaines prérogatives du Président de la République ». Il s’agit de retirer des prérogatives du chef de l’Etat et de les transférer au Premier ministre, comme le pouvoir de dissolution ou encore la présidence du Conseil des ministres.

Le

Mali : « Quelle autre solution avons-nous que de nous retirer ? », s’interroge Hervé Morin
2min

Politique

Mort de Quentin : Vincent Jeanbrun pointe la responsabilité de LFI dans « la libération de la parole violente »

Invité dans notre matinale, le ministre du Logement est revenu sur la mort de Quentin en marge d’une intervention de Rima Hassan à Sciences Po Lyon. L’ancien député LR pointe la responsabilité de LFI dans « l’hystérisation » du débat public et appelle la France Insoumise à « se soumettre » au respect du débat public et des règles de droit.

Le

Mali : « Quelle autre solution avons-nous que de nous retirer ? », s’interroge Hervé Morin
3min

Politique

Logement : « Quand on est un criminel, on ne doit pas bénéficier d’un logement social » estime Vincent Jeanbrun

Invité de notre matinale, le ministre du Logement n’a pas nié les difficultés d’un secteur en crise, et mise en réponse sur un « plan de relance. » Concernant le logement social, Vincent Jeanbrun défend toujours la fin du « logement social à vie » et l’expulsion de locataires condamnés pour des faits « particulièrement graves. »

Le