Manifestation féministe: politiques et militantes dénoncent des « violences policières »
Personnalités politiques et associations féministes se sont indignées dimanche de "violences policières" en marge d'une...

Manifestation féministe: politiques et militantes dénoncent des « violences policières »

Personnalités politiques et associations féministes se sont indignées dimanche de "violences policières" en marge d'une...
Public Sénat

Par Katell PRIGENT, Claire GALLEN

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Personnalités politiques et associations féministes se sont indignées dimanche de "violences policières" en marge d'une manifestation "féministe et antiraciste" organisée samedi soir à Paris, à la veille de la journée internationale des femmes.

Au total neuf personnes ont été interpellées, dont sept placées en garde à vue. Deux font l'objet d'une convocation en justice, selon la préfecture, qui n'a fait état d'"aucun blessé parmi les manifestants" et d'un policier "blessé à la tête par un jet de projectile".

Deux gardes à vue étaient toujours en cours dimanche après-midi, selon le parquet.

Le ministre de l'Intérieur a demandé à la préfecture de police un rapport sur cette manifestation, a indiqué dimanche l'entourage de Christophe Castaner.

Cette "marche nocturne", "pour un féminisme populaire antiraciste", était organisée par des collectifs militants, distincts de ceux ayant appelé à la marche des "Grandes gagnantes" de dimanche après-midi, pour la journée internationale des droits des femmes.

Selon la préfecture de police, la manifestation, partie à 20H00 de la place des Fêtes, "a rassemblé plusieurs milliers de personnes" et "s'est déroulée, pour la majeure partie de son parcours, dans une ambiance calme".

Il s'agissait d'une manifestation "non mixte", c'est-à-dire réservée aux femmes ou aux transsexuelles, selon l'appel publié sur le site internet paris.demosphere.net

Le préfet de police Didier Lallement a déploré, dans un communiqué, que "la fin de cette manifestation, pourtant régulièrement déclarée, ait été entachée d'incidents" qui sont "manifestement le fait d'individus ayant pour seul but de provoquer les forces de l'ordre et de perturber le bon déroulé de l’événement".

De nombreuses vidéos ont été postées sur les réseaux sociaux, montrant par exemple les manifestantes chanter "nous sommes fortes, nous sommes fières, et féministes et radicales et en colère", face à des CRS tentant de les contenir avec leurs boucliers.

Sur une autre, on voit les forces de l'ordre obligeant les manifestantes à entrer dans une bouche de métro en les traînant sur les marches.

Selon la préfecture de police, "à aucun moment" les organisateurs "ne sont entrés en contact avec les représentants des forces de l'ordre" malgré "de nombreux appels téléphoniques". La préfecture assure aussi qu'à la fin du cortège, "malgré l'appel à la dispersion, un groupe de plusieurs centaines de manifestants ne l'ont intentionnellement pas respecté et ont forcé le barrage des forces de l’ordre" qui "ont alors dû utiliser des moyens lacrymogènes" pour les repousser.

- "Incompréhensible" -

Les réactions étaient nombreuses dimanche.

"Je suis atterrée de voir que le ministère de l'Intérieur a choisi de déployer des moyens pour réprimer les femmes plutôt que de renforcer les moyens de lutte contre les violences machistes", s'est indignée sur twitter la présidente de la Fondation des femmes Anne-Cécile Mailfert.

"Des féministes ont été frappées par les forces de l'ordre alors qu'elles manifestaient - notamment - contre les violences sexuelles", a affirmé de son côté la militante Caroline De Haas, du collectif #NousToutes.

Les politiques aussi ont réagi, jusque dans les rangs de la majorité. "Soutien aux manifestant.e.s de la #marchefeministe. Aux rapports devront cette fois suivre des décisions et des sanctions", a affirmé sur twitter le député LREM Aurélien Taché.

"Toutes les femmes doivent pouvoir manifester pacifiquement pour faire respecter leurs droits!", a tweeté la secrétaire d'Etat chargée de l'égalité entre les hommes et les femmes, Marlène Schiappa.

La maire de Paris Anne Hidalgo, candidate à sa réélection, s'est dite "choquée" par des "violences inadmissibles et incompréhensibles".

"Ce qui choque, c'est votre +choix politique+ à une semaine du scrutin" de "soutenir des manifestants qui ont copieusement insulté policiers et gendarmes chargés d'encadrer la manifestation, infestée par la haine", a répliqué le syndicat SCPN des commissaires de la police nationale.

Le secrétaire national d'EELV Julien Bayou a fustigé des "violences policières absolument injustifiables", tandis que la candidate LFI à la mairie de Paris Danielle Simonnet estimait que Christophe Castaner et le préfet de police Didier Lallement "doivent cesser leur politique de répression".

Partager cet article

Dans la même thématique

Manifestation féministe: politiques et militantes dénoncent des « violences policières »
6min

Politique

Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : le Sénat en défense de sa version remaniée du texte

Une table-ronde organisée ce mardi au Sénat a réuni élus et experts pour explorer les modalités possibles d’application de l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. L’occasion pour les sénateurs de défendre le texte qu’ils ont remanié à l’unanimité en mars, jugé plus compatible avec le droit européen que la copie du gouvernement. Mais « il faut encore blinder le texte », a reconnu le sénateur centriste Laurent Lafon.

Le

Manifestation féministe: politiques et militantes dénoncent des « violences policières »
5min

Politique

Lyhanna : « Il y a des milliers d'affaires qui présentent ce type de dysfonctionnements », rappellent les associations de victimes devant la commission d'enquête du Sénat

La commission d'enquête du Sénat lancée dans la foulée de l'émotion suscitée par l'affaire Lyhanna démarrait ses travaux ce mercredi en auditionnant les associations de victimes. Elles ont dressé un tableau inquiétant de la prise en charge des femmes et des enfants victimes de violences.

Le

Salon-de-Provence: Illustration of the French Air Force s Rafale
5min

Politique

Loi de programmation militaire : accord entre députés et sénateurs sur une rallonge budgétaire supplémentaire de 36 milliards d’euros accordée aux armées

Les parlementaires sont revenus en commission mixte paritaire à l’effort initial, fixé par le gouvernement à 36 milliards d’euros supplémentaires pour la défense sur la période 2024-2030. La majorité sénatoriale, qui voulait porter cet effort à 50 milliards, n’a pas eu gain de cause sur une rallonge supplémentaire. Mais au sein de cette enveloppe de + 36 milliards, elle a obtenu une accélération anticipée, avec + 1,2 milliard de plus en 2028.

Le