Manifestations d’étudiants: gouvernement et opposition dénoncent les violences
A l'unisson de nombreux responsables politiques, le gouvernement a condamné mercredi les "violences" survenues après l'immolation d'un étudiant...

Manifestations d’étudiants: gouvernement et opposition dénoncent les violences

A l'unisson de nombreux responsables politiques, le gouvernement a condamné mercredi les "violences" survenues après l'immolation d'un étudiant...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

A l'unisson de nombreux responsables politiques, le gouvernement a condamné mercredi les "violences" survenues après l'immolation d'un étudiant à Lyon, et semble vouloir prévenir un enlisement de la situation en recevant dès jeudi les organisations étudiantes.

Une grille d'entrée du ministère de l'Enseignement supérieur a été arrachée mardi alors que des cours ont été perturbés sur des campus de Paris, Lyon et Lille, où 300 à 400 personnes ont pénétré dans la faculté de droit et empêché François Hollande de tenir une conférence. Certains ont également déchiré les pages de son dernier livre.

"Rien ne peut justifier (ces) violences", s'est émue la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, à l'issue du Conseil des ministres.

Des rassemblements de centaines d'étudiants en colère s'étaient par ailleurs soldés mardi par des incidents dans plusieurs villes, notamment à Lyon où un étudiant de 22 ans s'était immolé par le feu vendredi devant un restaurant universitaire. Avant son geste, le jeune homme, toujours entre la vie et la mort, avait laissé un message interpellant les pouvoirs publics sur la précarité étudiante.

"Il faut se refuser à toute instrumentalisation politique", a fait valoir Mme Ndiaye, en assurant que l'exécutif avait "pris toute la mesure de ce drame".

Le président Emmanuel Macron a déploré un geste "tragique" et a demandé au gouvernement "la plus grande vigilance", a ajouté la porte-parole.

En l'absence de la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal, qui visite les bases de recherche françaises en Antarctique, le secrétaire d'Etat chargé de la Jeunesse Gabriel Attal a provisoirement hérité du dossier.

Aides sociales aux étudiants
Aides sociales aux étudiants
AFP

"Le Premier ministre m'a demandé de recevoir au plus vite les organisations étudiantes, je les recevrai à partir de demain matin", a-t-il indiqué au Sénat mercredi, expliquant vouloir "faire un point d'étape" sur l'accompagnement social des étudiants et les chantiers en cours, comme le projet de revenu universel d'activité.

Des responsables de droite, de gauche et de la majorité ont également dénoncé mercredi les "violences" survenues la veille, tout en déplorant la "précarité" des étudiants.

Un homme nettoie un tag
Un homme nettoie un tag "La précarité tue" inscrit sur une vitrine à Lyon, le 12 novembre 2019
AFP

Le numéro deux des Républicains, Guillaume Peltier, a appelé le gouvernement à "prendre des sanctions exemplaires contre des minorités infimes, politisées, qui organisent ces violences".

"La précarité étudiante est une réalité" mais "la violence, c'est pas possible", a abondé le président (ex-LR) de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, tout en mettant en garde le gouvernement: "Quand on donne le sentiment de passer à côté de la colère, ce sont les plus ultras, les plus durs, les plus violents, qui donnent le sentiment que c'est comme ça qu'on se fera entendre".

Mme Vidal et son homologue de la Culture Franck Riester avaient déjà dénoncé mardi une "violence (qui) n'a pas sa place à l'université".

François Hollande avait, lui, regretté mardi que cette "émotion", qu'il a aussi jugée "légitime", "se soit transformée en violence de la part d'une centaine d'individus".

Voyant dans les violences "une atteinte à nos valeurs communes", le premier secrétaire du PS Olivier Faure a déploré que le gouvernement ne débourse "rien de plus pour les conditions de vie des étudiants" et prévoie même "encore moins d'APL (aide au logement, ndlr) en janvier".

L'université Lyon 2, où étudiait le jeune homme qui s'est immolé par le feu, a été de nouveau fermée mercredi après des blocages menés par des étudiants.

Partager cet article

Dans la même thématique

Manifestations d’étudiants: gouvernement et opposition dénoncent les violences
5min

Politique

Ingérences étrangères : « Depuis les années 2010, aucun rendez-vous électoral n’a été épargné »

A l’heure de la manipulation des algorithmes et du recours croissant à l’intelligence artificielle sur les plateformes numériques, des experts alertent le Sénat sur la multiplication d’ingérences d’origine étrangères en Europe. Avec pour objectif de déstabiliser les périodes électorales, à coups de désinformation et d‘altération de la confiance envers les institutions.

Le

Manifestations d’étudiants: gouvernement et opposition dénoncent les violences
3min

Politique

« Ce sont des centaines de milliers de patients qui sont aujourd’hui en train de mourir », alerte ce médecin généraliste installé en Haute-Vienne

En France, neuf millions de personnes vivent dans un désert médical. L’augmentation de ce chiffre ne cesse d’inquiéter les professionnels de santé qui appellent le personnel politique à agir au plus vite, car derrière les statistiques se cache un véritable enjeu sanitaire. Raccourcir les parcours de formation des médecins ? Aller aux devants des patients avec des bus médicalisés ? Axel De Tarlé reçoit la sénatrice Corinne Imbert et le médecin généraliste Martial Jardel pour en débattre dans l’émission Et la Santé ça va ?.

Le