Manuel Valls, un « combattant » à l’assaut de la mairie de Barcelone
L'ancien Premier ministre Manuel Valls, qui doit annoncer mardi sa candidature à la mairie de Barcelone, est un "combattant" et...

Manuel Valls, un « combattant » à l’assaut de la mairie de Barcelone

L'ancien Premier ministre Manuel Valls, qui doit annoncer mardi sa candidature à la mairie de Barcelone, est un "combattant" et...
Public Sénat

Par Stéphanie LEROUGE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

L'ancien Premier ministre Manuel Valls, qui doit annoncer mardi sa candidature à la mairie de Barcelone, est un "combattant" et un passionné de politique, prêt à tenter à 56 ans l'aventure risquée d'une "nouvelle vie" en Espagne après avoir lourdement chuté en France.

Né dans la capitale catalane le 13 août 1962, ce fan du Barça a grandi à Paris et a été naturalisé français à vingt ans, perdant sa nationalité espagnole. Sa victoire aux municipales de mai 2019 n'a pour l'heure rien d'une évidence.

Ses amis saluent le panache d'une reconversion jamais vue. "C'est un choix de combattant. Manuel Valls prend son risque", commente l'ancien conseiller élyséen Aquilino Morelle, décrivant un "homme très courageux, très volontaire, très déterminé, très entier" et qui "vit par la politique".

Ses opposants dénoncent une ultime trahison, celle des électeurs de l'Essonne qui l'ont élu d'un cheveu député en juin 2017, au moment où son avenir politique semble bouché en France.

"Voilà plus de quatorze mois que nous ne sommes plus représentés. A l'Assemblée, il est aux abonnés absent (...) Son slogan c'était +proche de vous+ mais Barcelone, c'est loin d'Evry!", tempête son adversaire Insoumise aux législatives, Farida Amrani.

Manuel Valls n'en a cure. "Vous direz ce que vous voudrez. Une seule chose compte pour moi, la manière dont je serai perçu à Barcelone", a-t-il confié à L'Express début septembre.

- Réformiste et républicain -

Lancé tout jeune en politique auprès de Michel Rocard, l'ancien maire d'Evry (2001-2012) a fait d'une forme de transgression sa signature à gauche.

En 2007, il voulait changer le nom du Parti socialiste. A Matignon, où il succède à Jean-Marc Ayrault de 2014 à 2016 après avoir été ministre de l'Intérieur, il fustige la "gauche passéiste", lance un "j'aime l'entreprise" devant le patronat ou approuve l'interdiction du "burkini" par des maires de droite.

"Il est à la fois réformiste voire social-libéral sur le plan économique (...) et républicain, attaché à la laïcité et une expression rigoureuse du pouvoir régalien", résume le politologue Laurent Bouvet.

Son regard dur, ses réparties sèches, sa moue fréquente lui confèrent l'image d'un homme autoritaire. En période d'attentats, son autorité et sa stature rassurent aussi.

Défenseur de la déchéance de nationalité et de la loi Travail, théoricien des "gauches irréconciliables" et d'un rapprochement des "progressistes" de gauche et de droite, Manuel Valls laisse un souvenir amer au Parti socialiste.

"Avoir confié la responsabilité du gouvernement à Manuel Valls c'était une grave erreur (...) Ce garçon n'a pas de corpus idéologique, ou très peu", l'a fusillé la semaine dernière sur RMC l'ancien ministre du Travail François Rebsamen.

Candidat malheureux à la primaire PS de 2017, M. Valls a fait le choix de ne pas parrainer le vainqueur Benoît Hamon, et d'apporter son soutien à Emmanuel Macron, ce qui lui a aliéné une grande partie de ses soutiens.

"Valls n'a plus d'amis. Il a tellement déçu et trahi tout le monde, il n'a même pas aidé ses fidèles à trouver un job…", confie une ancienne proche.

- "Triple culture" -

À l'Assemblée, M. Valls siégeait depuis juin 2017 comme député apparenté dans les rangs de La République en marche, ne dissimulant pas son envie de "gouverner" à nouveau un jour. Mais sa défense parfois virulente d'une laïcité de combat était en décalage avec la vision du président de la République, qui s'est inquiété en décembre d'une "radicalisation de la laïcité".

Fils du peintre catalan Xavier Valls et d'une mère suisse italienne, Manuel Valls confiait en 2015 au Parisien avoir jusqu'à 16 ans vécu "pleinement cette triple culture espagnole -et catalane-, italienne et française", parlant catalan chez ses parents. Il avait aussi fait de son "amour de la France" et de son patriotisme une marque de fabrique.

Père de quatre enfants, nés d'un premier mariage, il s'est remarié en 2010 avec la violoniste Anne Gravoin, dont il s'est séparé en avril.

La presse espagnole s'est fait l'écho ces dernières semaines d'une relation amoureuse présumée entre l'ancien Premier ministre et Susana Gallardo, riche héritière d'un laboratoire pharmaceutique, et comme lui anti-indépendantiste convaincue.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le

Photo illustration d un titre de voyage pour refugie
6min

Politique

Droit d’asile : un rapport sénatorial alerte sur son coût et son utilisation détournée en « voie d’immigration comme les autres »

Dans un rapport présenté le 9 juillet, la sénatrice LR Marie-Carole Ciuntu chiffre à près de 2 milliards le coût annuel de la politique française de droit d’asile. Dénonçant un dispositif « dévoyé », détourné pour s’installer durablement sur le territoire, elle appelle à mieux suivre les déboutés de l’asile et à réduire de plus de moitié la durée de validité des titres des réfugiés.

Le