Marche contre l’islamophobie: Mélenchon appelle à se concentrer sur « la valeur de la cause »
Le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a appelé dimanche à ne pas "confondre quelques personnes avec la valeur...

Marche contre l’islamophobie: Mélenchon appelle à se concentrer sur « la valeur de la cause »

Le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a appelé dimanche à ne pas "confondre quelques personnes avec la valeur...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a appelé dimanche à ne pas "confondre quelques personnes avec la valeur de la cause qui est servie", juste avant le début d'une marche contre l'islamophobie controversée.

"Dans des moments comme cela, il ne faut pas confondre quelques personnes avec la valeur de la cause qui est servie", a estimé M. Mélenchon lors d'une conférence de presse.

Faisant valoir que "dans d'autres manifestations il y a des personnes indésirables", le député de Marseille a aussi déploré que l'on finisse "par oublier l'événement fondateur" de cette manifestation, à savoir "la tentative de meurtres devant la mosquée de Bayonne" qui a fait deux blessés par balle fin octobre. Le tireur présumé est un ancien candidat du Front national aux cantonales.

Il a aussi dénoncé "l'ambiance de haine, de vindicte et de stigmatisation des musulmans qui règne depuis quelques mois" en France.

"Il faut entourer d'affection, de fraternité, ceux qui sont montrés du doigt", a poursuivi M. Mélenchon, animé de la "tranquille sérénité de ceux qui défendent une cause juste".

Au même moment sur BFMTV, déplorant la participation de Jean-Luc Mélenchon qui "a été un grand laïc", la députée Aurore Bergé, porte-parole de LREM, s'est élevée contre "une marche qui attaque l'Etat et qui utilise un terme (islamophobie) dont on sait bien qu'il est utilisé à des fins politiques".

En revanche, "si demain il y avait une grande marche pour lutter contre le racisme sous toutes ces formes, nous serions les premiers à être présents", a-t-elle ajouté.

Au Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro, le président des Hauts-de-France Xavier Bertrand (ex-LR) a aussi pointé "des islamistes à l'origine de cette marche". "La France n'est pas islamophobe", a aussi affirmé l'ancien ministre.

La manifestation contre l'islamophobie organisée dimanche à Paris a divisé la gauche, notamment en raison de l'identité de certains signataires de l'appel comme le Collectif contre l'islamophobie (CCIF) accusé de liens avec les Frères musulmans.

"S'il y a en effet ici des gens qui nous dérangent, il y a aussi des gens avec qui on est plus à l'aise", a souligné M. Mélenchon, évoquant la présence de la CGT.

Quant aux réserves exprimées au sein même de LFI par les députés François Ruffin et Adrien Quatennens, "nos appréciations personnelles peuvent différer", a-t-il admis. Mais "ce n'est pas pour autant que mes amis sont d'accord pour participer aux campagnes de dénigrement".

Parmi les points cristallisant la tension, l'évocation ambiguë dans l'appel initial de "lois liberticides": est-il fait référence aux lois de 2004 interdisant le voile à l'école et 2010 interdisant la burqa, comme le soutiennent certains organisateurs ? Ou à d'autres textes ?

Il s'agit de "celle (LR) qui a été votée au Sénat" prévoyant d'interdire "aux accompagnatrices voilées de se rendre aux sorties scolaires", a répondu M. Mélenchon, en pointant aussi "celle sur l'état d'urgence (post-attentats) qui transforme en suspects des dizaines de milliers de gens".

Quant au caractère liberticide des textes de 2004 et 2010, "je ne suis pas de cet avis, ni aucun d'entre nous", a-t-il martelé, en épinglant les "4 ou 5 énergumènes" pensant le contraire.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: French Government Weekly Cabinet Meeting
3min

Politique

1er mai : boulangeries et fleuristes « indépendants » pourront faire travailler leurs salariés dès cette année, annonce Sébastien Lecornu

Le Premier ministre a mis sur la table, vendredi, un nouveau projet de loi d’élargissement du travail le 1er mai, uniquement ouvert aux boulangeries et fleuristes « indépendants et artisanaux ». En attendant son adoption formelle, il a assuré que des consignes seront données pour qu’aucun contrôle ne vienne entraver le travail de leurs salariés cette année.

Le

Festival Du Livre 2025
2min

Politique

Crise chez Grasset : au Festival du livre, Emmanuel Macron affiche sa volonté de défendre le « pluralisme éditorial »

En visite ce vendredi au Festival du livre, bousculé par la crise ouverte chez l’éditeur Grasset, Emmanuel Macron a voulu afficher sa défense du « pluralisme éditorial » et de « la liberté des auteurs ». Concernant la création d’une clause de conscience pour les auteurs, le Président a estimé que cela « doit se réfléchir ».

Le

FRA – BOOK – CONSENTEMENT
2min

Politique

Crise chez Grasset : la sénatrice Sylvie Robert (PS) propose de créer une clause de conscience pour les auteurs

Alors que plus de 150 écrivains annoncent quitter la maison d’édition Grasset pour protester contre le renvoi du PDG Olivier Nora, la sénatrice socialiste Sylvie Robert propose une « loi d’urgence » pour « protéger les auteurs ». Le but : permettre aux auteurs d’activer une clause de conscience en cas de changement radical de la ligne éditoriale de leur éditeur.

Le

FRA – ELECTIONS MUNICIPALES – LR RETAILLEAU
10min

Politique

« Il faut qu’il abatte son jeu et rentre sur le terrain » : Bruno Retailleau pourrait être candidat officiel des LR pour 2027 dès dimanche

Les militants LR sont appelés à choisir le mode de désignation de leur candidat ce week-end. Mais entre primaire fermée, primaire semi-ouverte et président du parti propulsé candidat, c’est la troisième option qui tient la corde. De quoi permettre au président des LR de lancer le second étage de la fusée et dévoiler son programme « de rupture ». Un meeting est en préparation avant l’été. Il pourrait se faire au Parc floral de Paris, le 20 juin.

Le