Marché européen de l’électricité :  « Nous souhaitons l’adoption de la réforme d’ici fin 2023 » affirme Laurence Boone
Auditionnée pour présenter les conclusions du Conseil européen des 23 et 24 mars, Laurence Boone, secrétaire d’Etat chargée de l’Europe, a voulu rassurer sur la capacité de l’Union européenne à répondre avec pertinence aux défis stratégiques contemporains. 

Marché européen de l’électricité : « Nous souhaitons l’adoption de la réforme d’ici fin 2023 » affirme Laurence Boone

Auditionnée pour présenter les conclusions du Conseil européen des 23 et 24 mars, Laurence Boone, secrétaire d’Etat chargée de l’Europe, a voulu rassurer sur la capacité de l’Union européenne à répondre avec pertinence aux défis stratégiques contemporains. 
Henri Clavier

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Le Conseil européen, qui se réunit tous les trois mois, fixe les orientations stratégiques pour les travaux de l’Union européenne, un moment crucial pour l’orientation stratégique des Etats membres. Alors que l’Union européenne est confrontée à plusieurs crises, les réponses apportées sont scrutées avec attention, notamment sur la réponse à l’Inflation reduction act américain. Surtout, la ministre a voulu afficher une forme d’unité européenne : « C’est vrai nous sommes 27 pays et nous avons des différences, mais quand vous discutez avec les non-européens, ce qui les frappe c’est que nous faisons bloc. »

« La dynamique vers une stratégie de souveraineté européenne est en train de se déployer »

Habitués à une doctrine économique centrée sur le libre-échange, les dirigeants européens ont été forcés de s’adapter aux mesures protectionnistes américaines. L’Inflation reduction act vise globalement à favoriser et à subventionner le développement d’une industrie plus respectueuse de l’environnement. Rapidement, la Commission européenne a répliqué en présentant, le 1er février, un plan similaire, le « plan industriel du Pacte vert ». Laurence Boone s’est montrée optimiste en affirmant que « la dynamique vers une stratégie de souveraineté européenne, conforme à nos ambitions écologiques, est en train de se déployer ».

« Les propositions de la Commission européenne, que ce soit en matière d’aides d’Etat, que ce soit les mesures qui permettent à l’Union européenne de se protéger contre la distorsion de concurrence créée par des dispositions étrangères, les règlements sectoriels sur l’industrie et le zéro émission net, tout cela forme un socle de travail », assume Laurence Boone. Un paquet législatif visant selon Laurence Boone a assuré « la soutenabilité de nos finances publiques, de la croissance et des investissements ». Fait marquant, le plan prévoit un assouplissement des aides d’Etat. Une disposition qui doit notamment permettre de stimuler l’investissement public dans les énergies renouvelables.

Une réforme du marché de l’énergie pour « s’éloigner du découplage des prix avec le gaz »

Autre sujet brûlant du Conseil européen, la souveraineté énergétique. « Nous avons réduit la consommation de gaz de 20 % l’année dernière », s’est félicitée Laurence Boone, présentant cette réduction comme une prise de conscience de la dépendance énergétique européenne. La secrétaire d’Etat a présenté les différentes mesures permettant de favoriser la souveraineté énergétique européenne. En premier lieu, « une plateforme d’achat conjoint pour coordonner les achats de gaz », sera mise en place afin de « pousser les prix à la baisse ». Une mesure proposée, dès le début de la guerre en Ukraine, par certains Etats membres comme l’Espagne pour limiter les effets de l’inflation.

Laurence Boone a affirmé que les Etats membres réfléchissent sérieusement à une réforme du marché de l’électricité afin notamment de « s’éloigner du découplage des prix avec le gaz ». « Nous souhaitons l’adoption de la réforme d’ici fin 2023 », annonce Laurence Boone. Une mesure relativement pressante puisque le marché européen de l’électricité a largement contribué à faire augmenter les prix de l’énergie. Le timing semble peu réaliste puisque « sur la réforme du marché de l’électricité, avec l’Allemagne, il y a des différences », reconnaît Laurence Boone. La question du nucléaire représente une fracture majeure entre les Etats membres.

« Nous avons les moyens de défense de pays qui ont vécu avec les dividendes de la paix »

Durant son audition, la ministre a précisé que « la France n’est pas dépendante de la Russie pour son parc électronucléaire », tout en admettant avoir recours à de l’uranium provenant de Russie. L’occasion d’insister sur le renforcement des sanctions contre la Russie et surtout l’application des sanctions déjà prises. Si la guerre en Ukraine avait illustré les faiblesses stratégiques de l’Union européenne, Laurence Boone vante l’évolution des Européens. « Ce que cette agression de la Russie a mis en évidence que nous avons les moyens de défense de pays qui ont vécu avec les dividendes de la paix », affirme Laurence Boone. « En moins d’un an, on a pu mettre en place l’Europe de la défense et vous savez comme moi que c’était impensable jusque-là », vante Laurence Boone. Vœu de longue date d’Emmanuel Macron, le développement d’une Europe de la défense reste plus qu’embryonnaire. A l’image de la Finlande, qui a intégré l’OTAN le 4 avril, la guerre en Ukraine a surtout relancé l’alliance atlantique et les budgets alloués à la défense chez les États européens.

 


 

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