Marée noire à l’île Maurice : « Cette tragédie aurait pu être évitée », accuse Nassimah Dindar
La sénatrice de la Réunion, dont l'île est à moins de 300 kilomètres de l'île Maurice, réagit après l'échouage d'un vraquier japonais, dont les milliers de tonnes de fuel sont en train de souiller l'un des plus beaux récifs coralliens du monde. Elle demande que les règles internationales de navigation soient « appliquées par tous », y compris par les « pavillons de complaisance ».

Marée noire à l’île Maurice : « Cette tragédie aurait pu être évitée », accuse Nassimah Dindar

La sénatrice de la Réunion, dont l'île est à moins de 300 kilomètres de l'île Maurice, réagit après l'échouage d'un vraquier japonais, dont les milliers de tonnes de fuel sont en train de souiller l'un des plus beaux récifs coralliens du monde. Elle demande que les règles internationales de navigation soient « appliquées par tous », y compris par les « pavillons de complaisance ».
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Par Michael Pauron

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Le 25 juillet, le vraquier japonais « MV Wakashio » s'est échoué sur un récif corallien au large de l'île Maurice, située à moins de 300 kilomètres de la Réunion. Douze jours plus tard, le 6 août, une brèche dans la coque du navire a commencé à laisser s'échapper des tonnes de fuel.

Si le terme « marée noire » n'est pas encore utilisé, le Premier ministre mauricien Pravind Kumar Jugnauth se prépare au « pire des scénarios » : quelque 1 000 tonnes de carburant ont déjà fuité, et il en resterait encore 2 000 à bord. Même si les conditions météorologiques ont permis d'aller pomper une partie du fuel, le Premier ministre craint que la coque ne rompe : « Il est clair qu'à un certain stade, le navire se brisera »

Les Réunionnais sont consternés

Les mots manquent à Nassimah Dindar, sénatrice de la Réunion, pour qualifier la tragédie écologique qui frappe l'île Maurice : « Les Réunionnais sont consternés et ressentent une grande tristesse, pour cette "île sœur" et l'un des plus beaux sites de la planète, classé patrimoine de l'Unesco. » « Tout porte à croire que l'île de la Réunion sera épargnée, même si les Réunionnais restent inquiets », poursuit la sénatrice centriste.

« Ils sont nombreux à s'être mobilisés pour aller aider les Mauriciens », explique celle qui préside par ailleurs le groupe France-Madagascar et pays de l'Océan indien. « Les Mauriciens font preuve d'un courage exceptionnel, même avec peu de moyens. Des gens donnent leurs cheveux pour fabriquer des digues absorbantes ! »

De nombreux bâtiments sous pavillons de complaisance naviguent en mauvais état

Au-delà de la compassion, la colère contre les raisons de cette tragédie anime la sénatrice : « Il faut que ce genre de tragédie ne soit plus possible, et elle aurait pu être évitée », accuse Nassimah Dindar. « Pour cela, il faut que les règles internationales de navigation soient revues, et appliquées par tous. Il faut que la France et l'Union européenne se saisissent du sujet », demande-t-elle.

Un quart du commerce mondial passe par l'Océan indien, notamment en direction de l'Afrique. C'était le cas du « Rhosus », ce bateau-poubelle sous pavillon moldave qui devait se rendre au Mozambique, mais bloqué à Beyrouth en 2013 et dont la cargaison de nitrate d'ammonium, déchargée dans le port, est responsable de la double explosion du 6 août.

« De nombreux bâtiments, sous pavillon de complaisance, naviguent en mauvais état. Il faut que l'Organisation mondiale du commerce, comme l'Union européenne, mette un terme à cette situation », dit la sénatrice. Et de proposer que « la Réunion devienne un hub portuaire pour contrôler la zone sous pavillon français »

 

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