Marine Le Pen attaque Macron, « visage » de la finance, et tente d’arrondir les angles
Marine Le Pen décrit Emmanuel Macron en candidat de la finance à six jours du second tour. Elle cherche à arrondir les angles et insiste sur sa volonté de protéger les Français.

Marine Le Pen attaque Macron, « visage » de la finance, et tente d’arrondir les angles

Marine Le Pen décrit Emmanuel Macron en candidat de la finance à six jours du second tour. Elle cherche à arrondir les angles et insiste sur sa volonté de protéger les Français.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

C’est son dernier grand discours avant le second tour. A Villepinte, au nord de Paris, Marine Le Pen a largement attaqué son adversaire, Emmanuel Macron. La présidente du FN a cherché à la renvoyer vers ses origines : la finance et la banque. Elle l’a décrit en défenseur de ce monde. Objectif : tenter d’attirer à elle certains électeurs de Jean-Luc Mélenchon, pour qui voter Macron n’est pas possible, en donnant des accents de gauche à son discours. Malgré le ralliement de Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen manque de réserves de voix pour espérer l’emporter.

Pour mieux servir son attaque, Marine Le Pen s’est fait un malin plaisir à citer le discours du candidat Hollande, en 2012, au Bourget :

« François Hollande disait au Bourget, « mon véritable adversaire n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti (…) cet adversaire, c’est le monde de la finance ». Aujourd’hui, l’adversaire, c’est toujours le monde de la finance. Mais cette fois, il a un nom, un visage, un parti, et tous rêvent de le voir élu. Il s’appelle Emmanuel Macron ».

« C’est Monsieur Macron qui a fait capoter la loi de séparation des banques d’affaires et de dépôts (…) et bien ce genre de service se paie ». « Il a adopté pour slogan « ensemble, la France ». Il eut été plus franc de dire « ensemble, la finance ». « Le 7 mai, je vous appelle à faire barrage à la finance, à l’arrogance, à l’argent roi » a encore lancé Marine Le Pen, qui se dépeint en rempart face au monde de l’argent. Lors de l’examen de la loi travail, les sénateurs FN avaient pourtant déposé des amendements défendant des mesures libérales, avant qu’ils ne soient retirés… (voir notre article)

« La philosophie de Macron, c’est en marche ou crève »

Elle a multiplié les attaques contre son adversaire, qu’elle décrit en candidat du système et des médias, citant les noms de ses soutiens comme autant de preuves. Décrivant François Hollande en « directeur de campagne » d’Emmanuel Macron, elle appelle à « renvoyer François Hollande et Emmanuel Macron dans leurs salles de marchés » et à choisir «  ensemble la France ».

« Emmanuel Macron, c’est le candidat de la continuité, d’une continuité morbide » pour Marine Le Pen. « Sa philosophie, c’est en marche ou crève » a-t-elle lancé, détournant le nom de son parti, « c’est en marche vers la déréglementation de toutes les professions ».

Faire oublier l’extrême droite qu’elle représente

Marine Le Pen cherche clairement à arrondir les angles, comme elle l’avait fait en septembre à Fréjus où son entourage mettait en avant sa personnalité (voir notre article). Il s’agit de faire oublier l’extrême droite qu’elle représente. Elle a évité de trop d’étendre sur l’Europe – la sortie de l’euro, trop anxiogène, n’est plus la priorité de son projet – préférant se montrer « en présidente qui protège ». Face à « la grande guerre économique du tous contre tous », elle assure vouloir protéger les salariés, « notamment les femmes ». Mais pas seulement. « Je protégerai l’environnement », « je protégerai notre territoire », via la commune, « je protégerai la solidarité qui existe entre les Français » énumère la candidate.

Marine Le Pen, "une présidente qui accueille avec hospitalité les étrangers qui respectent nos lois"
01:01

Si elle garde son discours de fermeté sur l’immigration, « dont chacun s’accorde à dire qu’elle est devenue en même temps massive et incontrôlable », elle « traitera avec hospitalité les étrangers qui demeurent chez nous en respectant nos lois ». Marine Le Pen joue la carte de la candidate Républicaine, souverainiste et antimondialisation pour espérer percer le plafond de verre, quitte à mettre sous le tapis un visage du FN moins présentable. Mais en cas de défaite, sa ligne risque d’être remise en cause au sein même de son parti.

Partager cet article

Dans la même thématique

Marine Le Pen attaque Macron, « visage » de la finance, et tente d’arrondir les angles
3min

Politique

Au nom du « soutien au peuple Vénézuélien », Gérard Larcher reçoit au Sénat la Prix Nobel de la paix et opposante María Corina Machado

Au lendemain de sa rencontre avec Emmanuel Macron, la lauréate du Prix Nobel de la paix María Corina Machado, figure de l’opposition vénézuélienne, est reçue mardi 14 avril par le président du Sénat Gérard Larcher. L’occasion d’échanger sur « les perspectives d’une transition pacifique et démocratique » au Venezuela plus de trois mois après la capture du président Maduro par les États-Unis.

Le

Marine Le Pen attaque Macron, « visage » de la finance, et tente d’arrondir les angles
3min

Politique

Après son arrivée chez Grasset, relié à Vincent Bolloré, Boualem Sansal assure ne « pas du tout » se rapprocher de l’extrême-droite 

Invité de la matinale de Public Sénat ce mardi 14 avril, Boualem Sansal est revenu sur son récent départ de Gallimard, son éditeur historique, vers Grasset, relié au milliardaire conservateur Vincent Bolloré. Interrogé sur ce choix et sur d’hypothétiques liens avec l’extrême-droite, l’écrivain franco-algérien assure ne « pas du tout » se rapprocher de ce camp politique et dit « picorer » ses idées « à droite » et « à gauche ».

Le

36071660134
5min

Politique

« La République a besoin de votre voix » : au Sénat, collégiens et lycéens dissertent sur la liberté d’expression lors d’un concours d’éloquence

Plusieurs dizaines de collégiens et lycéens, principalement originaires de Seine-Saint-Denis, se sont affrontés lors de la 8ème édition du Concours d'éloquence de la jeunesse, lundi 13 avril, au Sénat. L’occasion de philosopher sur les limites de la liberté d’expression et d’ « affirmer sa place dans la société », comme les y a invités le sénateur Ahmed Laouedj.

Le