Marine Le Pen condamnée : le PS ne manifestera pas dimanche, pour ne pas faire de la justice « un combat politicien »

En réaction à la manifestation de soutien à Marine Le Pen, les insoumis et les écologistes organisent une mobilisation ce dimanche à Paris. Un événement auquel ne participeront pas les socialistes, assure Nicolas Mayer-Rossignol auprès de Public Sénat.
Rose-Amélie Bécel

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Ce dimanche 6 avril, deux rassemblements vont s’opposer dans les rues de Paris. Le premier, convoqué par le Rassemblement national, appelle les sympathisants du parti à soutenir Marine Le Pen, condamnée à quatre ans de prison et cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate. La seconde mobilisation aura lieu à l’initiative de La France insoumise et des Ecologistes, avec pour mot d’ordre : « Ne laissons pas l’extrême droite faire sa loi ! »

Sur le plateau de Public Sénat, Nicolas Mayer-Rossignol exprime son inquiétude, face à la remise en question de la décision prononcée contre Marine Le Pen ce 31 mars. « Marine Le Pen est condamnée parce qu’elle a fraudé pour plus de 4 millions d’euros, les juges n’ont fait qu’appliquer le droit, c’est une fraudeuse ! Quand on commence à remettre en cause l’indépendance des juges, alors on remet en cause l’un des piliers de nos démocraties », alerte le maire socialiste de Rouen.

Manifestations de dimanche : « Ce n’est pas la gauche contre l’extrême droite »

Pour autant, le premier secrétaire délégué du PS indique que son parti ne s’associera pas à la manifestation des insoumis et des écologistes. « Je ne voudrais pas qu’on donne le sentiment que c’est un combat politicien, ce n’est pas la gauche contre l’extrême droite », affirme-t-il, souhaitant associer l’ensemble des partis républicains à une initiative plus large. « J’ai encore la naïveté de penser que nous avons des responsables de la droite républicaine, du centre, de la gauche, qui disent ensemble : ce qui nous réunit, c’est le respect de l’indépendance de la justice », observe-t-il.

Pour Nicolas Mayer-Rossignol, les initiatives de défense de la justice devraient aussi mobiliser la société civile, affirmant qu’elles ne sont pas associées à l’initiative des insoumis et des écologistes. « L’indépendance de la justice ne concerne pas que les élus, sinon on offre un argument aux personnes condamnées par la justice pour se prétendre victimes d’un complot politicien », explique-t-il.

Jean-Luc Mélenchon dénonce l’exécution immédiate de l’inéligibilité de Marine Le Pen : « C’est grave », répond Nicolas Mayer-Rossignol

Depuis la condamnation de Marine Le Pen, des voix s’élèvent aussi pour remettre en cause l’exécution provisoire de sa peine d’inéligibilité, et pas seulement à l’extrême droite. Tout en assurant son soutien aux magistrats, le Premier ministre s’est d’abord dit « troublé » par la décision de justice, qui pourrait empêcher la cheffe de file du RN d’être candidate à l’élection présidentielle de 2027. « Dans ces moments, il ne faut pas être troublé, il faut être clair », tranche Nicolas Mayer-Rossignol.

Du côté du gouvernement, les critiques autour de la décision de ce 31 mars se poursuivent aussi, avec les propos du ministre de l’Intérieur. Sur le plateau de France 2, Bruno Retailleau a jugé que si la « très grande majorité des magistrats en France observe une neutralité », il était « objectif » de parler dans certains cas de « juges rouges », pointant notamment le syndicat de la magistrature. « Ce n’est pas responsable d’attaquer telle ou telle force syndicale, ça concourt au même message populiste qui abîme le fonctionnement de notre démocratie », dénonce le maire socialiste.

À gauche aussi, la décision du tribunal a notamment été dénoncée par Jean-Luc Mélenchon, qui s’oppose à l’exécution provisoire de la peine d’inéligibilité prononcée contre Marine Le Pen. « La décision de destituer un élu devrait revenir au peuple », a-t-il dénoncé. Des propos que Nicolas Mayer-Rossignol condamne : « C’est grave. On ne peut pas combattre l’extrême droite si on se donne le sentiment qu’on est moins respectable que l’extrême droite ». Au sein de son parti, le maire de Rouen défend depuis plusieurs années la rupture avec La France insoumise. Une ligne qu’il compte de nouveau pousser cette année, alors qu’un nouveau premier secrétaire du PS doit être élu le 5 juin prochain.

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