Marine Le Pen doit rembourser 300.000 euros au Parlement européen
La justice européenne a confirmé mardi que la cheffe de l'extrême droite française Marine Le Pen devait rembourser près de 300...

Marine Le Pen doit rembourser 300.000 euros au Parlement européen

La justice européenne a confirmé mardi que la cheffe de l'extrême droite française Marine Le Pen devait rembourser près de 300...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La justice européenne a confirmé mardi que la cheffe de l'extrême droite française Marine Le Pen devait rembourser près de 300.000 euros réclamés par le Parlement européen, en raison de l'emploi douteux d'une assistante parlementaire quand elle était eurodéputée.

Le Tribunal de l'UE, basé à Luxembourg, a débouté la présidente du Rassemblement national (RN, ex-Front National) qui demandait l'annulation d'une décision de recouvrement de cette somme prise par le Parlement européen fin 2016.

"Le rejet est fondé non pas sur le fond du dossier mais sur un aspect procédural", a estimé Mme Le Pen, interrogée par l'AFP. "Nous allons faire appel de cette décision", a-t-elle ajouté, le délai étant de deux mois pour demander un pourvoi devant la Cour de justice de l'UE (CJUE).

Dans son arrêt, le Tribunal souligne que Marine Le Pen "n'a pas été en mesure de démontrer que son assistante assurait des tâches effectives pour elle" et "n'a pas fourni de preuve d'une activité quelconque (...) au titre de l'assistance parlementaire, ce qu'elle a d'ailleurs reconnu lors de l'audience".

Le parti de Mme Le Pen a pour sa part affirmé dans un communiqué que "quand on ne dépose pas de preuves, le Tribunal de l'UE dit qu'il n'y pas de travail parlementaire. Lorsqu'on dépose des preuves, il les déclare irrecevables dans la forme. Désormais, lorsqu'on les dépose dans les formes, il les déclare tardives", déplorant "des violations caractérisées des droits de la défense".

Le Tribunal avait déjà rejeté l'an dernier la demande en référé de Mme Le Pen de suspendre les retenues sur son salaire d'eurodéputée, mises en place par le Parlement pour récupérer son dû dans cette affaire, estimé à 298.500 euros.

Marine Le Pen, eurodéputée de 2009 à 2017, avait en effet vu son indemnité parlementaire et son indemnité de séjour amputées de moitié à partir de début 2017. Ces recouvrements avaient cessé de fait quand elle a quitté le Parlement européen au courant de l'année 2017.

Les retenues réalisées avant son départ sur ses revenus d'eurodéputée ont permis de récupérer environ 60.000 euros, a indiqué à l'AFP une source parlementaire. Pour le reste, le Parlement européen compte sur les suites de la procédure en cours devant la justice française, dans laquelle il s'est porté partie civile.

Le recouvrement visé par l'arrêt de mardi porte sur des sommes liées à l'emploi de Catherine Griset en tant qu'assistante parlementaire de fin 2010 à début 2016. Le Parlement européen réclame également environ 40.000 euros à l'ancienne eurodéputée dans une autre affaire similaire, sur laquelle la justice européenne devra aussi se prononcer.

S'appuyant sur une enquête de l'Olaf, l'Office antifraude de l'UE, le Parlement avait estimé que Mme Le Pen lui devait au total environ 340.000 euros.

Marine Le Pen n'est pas la seule membre de l'ex-FN à avoir été visée par des procédures de recouvrement pour des emplois d'assistants parlementaires considérés comme fictifs par le Parlement européen.

Le Tribunal de l'UE a ainsi déjà confirmé des remboursements exigés auprès du père de Marine Le Pen, Jean-Marie Le Pen (320.00 euros), de Bruno Gollnisch (276.000 euros environ), de Mylène Troszczynski (plus de 56.000 euros) et de l'eurodéputée Dominique Bilde (environ 40.000 euros).

Partager cet article

Dans la même thématique

Marine Le Pen doit rembourser 300.000 euros au Parlement européen
5min

Politique

Cyberattaque contre le ministère de l’Intérieur : Laurent Nunez va généraliser « la double identification » pour l’accès aux applications 

Un mois après le piratage des serveurs informatiques du ministère de l’intérieur, Laurent Nuñez était auditionné devant la commission des lois du Sénat pour faire le point sur les mesures de sécurité prises depuis. Le ministre a également été interrogé sur l’application de la loi visant à lutter contre le narcotrafic, entrée en vigueur il y a 6 mois. 

Le

6min

Politique

Désinformation en santé : l’exécutif dévoile une stratégie nationale de riposte

Face aux risques pour la santé publique, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a dévoilé lundi les premiers axes d’une stratégie nationale de lutte contre la désinformation médicale. « Priorité stratégique de l’État », cette riposte reposera sur différents outils, dont un Observatoire de la désinformation et un dispositif d’infovigilance réactif. Sans toutefois prévoir de volet sanction.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
4min

Politique

Budget : le gouvernement réévalue le déficit à la hausse, à 5,4 %, suite à la non-adoption du texte à la fin de l’année

En tenant compte des conséquences fiscales de la non-adoption par le Parlement du budget avant le 31 décembre 2025, le gouvernement revoit sa prévision de déficit public en 2026, avec un solde dégradé de 0,1 point, le portant à – 5,4 % du PIB. De quoi compliquer la tâche des députés, avant même le début de l’examen du budget en nouvelle lecture…

Le

Questions to the government at the National Assembly
7min

Politique

Procès en appel de Marine le Pen : quelle défense pour maintenir sa candidature à la présidentielle ?

A la veille de son procès en appel pour détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires européens de son parti, Marine Le Pen joue sa dernière carte pour pouvoir participer à la présidentielle. En première instance, la députée avait nié farouchement les faits et écopé d’une peine de 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. En appel, adoptera-t-elle la même stratégie ?

Le