Marine Le Pen : Macron « tombe dans la haine, la violence, l’agression »
Marine Le Pen était ce matin l’invité de Territoires d’Infos, sur Public Sénat et Sud Radio. Elle s’est attaquée à Emmanuel Macron et François Fillon, et affirme ses différences avec sa nièce, Marion Maréchal Le Pen.

Marine Le Pen : Macron « tombe dans la haine, la violence, l’agression »

Marine Le Pen était ce matin l’invité de Territoires d’Infos, sur Public Sénat et Sud Radio. Elle s’est attaquée à Emmanuel Macron et François Fillon, et affirme ses différences avec sa nièce, Marion Maréchal Le Pen.
Public Sénat

Par Alice Bardo

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« Emmanuel Macron est le candidat du vide, du rien », estime Marine Le Pen. La candidate FN ne mâche pas ses mots lorsqu’il s’agit de celui que les sondages placent comme étant son principal adversaire. Hier, dans une interview donnée au Monde, le leader d’ « En Marche ! » assurait être l’ « outsider » et Marine Le Pen, « la favorite ». Des affirmations qui donnent à la candidate l’occasion de le décrédibiliser : « M. Macron n’ouvre pas la bouche sans que ses communicants lui aient dit ce qu’il fallait dire. Et quand il le fait, c’est pour dire une énormité. » La présidente du Front national va même jusqu’à dire que lorsqu’il parle, « il tombe dans la haine, la violence, l’agression, l’attaque » et qu’il « insulte les Français ».

A l’égard de François Fillon, la candidate se montre moins virulente, mais tout aussi critique. Elle accuse celui qu’elle considère être en capacité d’être au second tour face à elle d’avoir supprimé 12 500 policiers et gendarmes lorsqu’il était Premier ministre, et de vouloir supprimer 500 000 fonctionnaires s’il est élu. « La santé va être la première impactée », prévient Marine Le Pen. Et la sécurité aussi : « Moi je mets 15 000 policiers et gendarmes supplémentaires. » La candidate estime qu’ »il faut désarmer les banlieues » et « redonner des moyens à la police ». Car « (son) choix, c’est la sécurité des Français », martèle t-elle.

Le Pen tacle Fillon
14:00

« Nous avons des différences » avec Marion Maréchal Le Pen

Le Pen : avec Marion "nous avons des différences"
01:40

Marine Le Pen s’est également exprimé au sujet de sa nièce, Marion Maréchal Le Pen. Celle-ci s’est prononcée en faveur de la suppression des régimes spéciaux de retraite, contrairement à sa tante : « Pour moi il faut regarder ces régimes spéciaux un par un car il y en a qui se justifient totalement, comme celui des marins pêcheurs par exemple. » Elle rappelle que Marion Maréchal Le Pen « n’est pas présidente du FN donc elle se sent libre de porter ses idées à elle, alors que moi je porte celle du FN ». Et de conclure : « Sur ces sujets là donc nous avons clairement des différences. »

Sur le chapitre sécuritaire, elle ne fait pas dans la demi-mesure : « Il faut fermer les mosquées radicales et expulser les fichés S étrangers », assure la députée européenne qui regrette « un état d’urgence de pacotille, qui ne sert strictement à rien ». Sa « politique de lutte contre le terrorisme islamique » à elle, c’est d’abord et avant tout « maitriser les frontières ».

Selon la candidate, une telle maitrise est également indispensable sur le plan commercial. Elle plaide pour « un protectionnisme intelligent », opposé à la « mondialisation sauvage » qui court actuellement. Une politique qui implique de sortir de l’Union européenne, à moins qu’elle n’arrive à négocier avec Bruxelles « le retour des quatre souverainetés » au cours des six mois de négociation qu’elle prévoit d’engager si elle est élue à la plus haute fonction de l’Etat.

Marine Le Pen tient à le préciser : au bout de six mois, « ce sont les Français qui décideront ». « Quoi de plus démocratique ? », se targue t-elle. Un référendum d’initiative populaire qui pourrait conduire à sa démission en cas d’échec. Et qui lui donne l’opportunité d’affirmer que « les Français n’ont aucune raison d’avoir peur » car elle leur donnera la parole, y compris pour « déclencher le vote ou la suppression d’une loi » s’ils sont 500 000.

Une « vraie grande réforme territoriale »

Outre la sortie de l’UE, la candidate FN appelle de ses vœux une « révolution de proximité » : « Je crois à la commune, au département et à la Nation. C’est autour de ces trois piliers que doit s’articuler l’aménagement du territoire. » Elle tient notamment à supprimer les conseils régionaux pour éviter « les compétences croisées » avec les conseils départementaux. Avec sa « vraie grande réforme territoriale », elle souhaite ainsi redonner plus de pouvoir aux départements, mais aussi aux maires, « véritables élus de proximité ». Marine Le Pen prévoir de « renforcer leur statut et de revaloriser leurs indemnités ».

Toutes ces mesures ont un prix, auquel s’ajoutent « 90 milliards de baisse d’impôts et de charges », compensé par « 80 milliards d’euros d’économie » et « 10 milliards apportés par la croissance due à la modification du modèle économique ». La candidate certifie que les économies qu’elle prévoit sont « sur les dépenses nocives de l’Etat », à savoir l’immigration  et la fraude sociale. Elle veut ainsi supprimer l’aide médicale d’Etat et créer une carte vitale biométrique.

Marine Le Pen n’oublie pas d’évoquer les TPE et PME, « murs porteurs de notre économie », à qui elle souhaite faire profiter de la suppression du CICE, qu’elle transformera en baisse des charges en leur direction.

Des mesures qu’elle essaiera de défendre ce soir, lors du débat organisé par BFM et CNews. Mais pas le 20 avril prochain, sur France Télévisions : « Personne ne semble pouvoir y aller donc si aucun des candidats principaux n’y est, je ne vais pas y aller. »

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