Marine Le Pen, venue mobiliser ses militants à Fréjus (Var) en vue des municipales de mars prochain, a vanté le "socle solide" de son parti face...
Marine Le Pen mobilise ses troupes pour les municipales, les yeux tournés vers 2022
Marine Le Pen, venue mobiliser ses militants à Fréjus (Var) en vue des municipales de mars prochain, a vanté le "socle solide" de son parti face...
Par Anne RENAUT
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Marine Le Pen, venue mobiliser ses militants à Fréjus (Var) en vue des municipales de mars prochain, a vanté le "socle solide" de son parti face à la société de "l'insécurité" proposée selon elle par Emmanuel Macron, les yeux déjà tournés vers la présidentielle 2022.
Emmanuel Macron "fait sauter tous les repères et (...) nous fait entrer dans une société que je qualifierais de liquide, une société où plus rien n'est sûr", "une société de l'insécurité généralisée, une société où tout est précaire, éphémère, incertain", a dénoncé la finaliste de la présidentielle en 2017.
"Pas sûr de garder son travail, pas sûr de ne pas être muté de manière autoritaire, pas sûr de son âge de départ à la retraite, ni même du montant de sa pension, pas sûr que ses enfants reviendront sains et saufs d'une sortie entre amis", a ajouté la cheffe du RN, devant quelque 1.200 militants.
"Dans ce contexte, le Rassemblement national constitue un socle solide et durable, il est la certitude d'une politique qui pose des limites, des règles, des droits, des garanties pour chacun", a-t-elle fait valoir dans cette ville dirigée par le RN.
Les yeux tournés vers la présidentielle, elle a redit que les municipales, puis les départementales et les régionales en 2021, étaient "des mousquetons qu'on fixe sur la paroi pour grimper jusqu'à l'objectif final", proposant au passage le retour à un septennat, non renouvelable.
- "Fracture territoriale" -
Et pour elle, la "grande affaire de la présidentielle", qui peut se décliner dans les communes, sera de "réparer la fracture territoriale" avec une "grande politique d'aménagement du territoire" basée sur la "relocalisation des activités" dans les zones rurales désertées, pour qu'elles deviennent des "zones France".
"Cette révolution de la proximité, qui est la pierre angulaire de notre projet, nous conduit à (...) la civilisation écologique", a plaidé la dirigeante d'extrême droite.
La cheffe du RN ne s'est pas attardée comme l'an dernier sur l'immigration et l'insécurité, qui restent cependant des "priorités" pour les futurs maires et la dizaine de villes gagnées en 2014, dont elle a vanté le bilan.
Elle s'est offusquée de n'avoir "aucun temps de parole" au débat sur l'immigration prévu le 30 septembre à l'Assemblée, et a promis de "se faire entendre autrement" sur ce sujet fétiche du RN. "On est chez nous", ont alors scandé ses militants.
La présidente d RN Marine Le Pen, durant son discours à l'université d'été du parti le 15 septembre 2019 à Fréjus
AFP
Voyant une "victoire idéologique" dans la nomination controversée d'un commissaire européen à la protection du mode de vie européen, elle ajouté que Bruxelles se voit obligée de "reconnaître que l'immigration pose la question du maintien du mode de vie des Européens".
Le scrutin municipal s'annonce pour le RN moins favorable que les européennes. Il s'agit surtout pour le RN de s'implanter davantage, en irriguant autour de la dizaine de villes déjà conquises, dans ses bastions du Nord-Pas-de-Calais et du pourtour méditerranéen.
Le parti mise sur l'ouverture à des personnalités extérieures, comme à Paris, à Carpentras (Vaucluse), ou à Perpignan, où l'ancien compagnon de Marine Le Pen, Louis Aliot se présente sans étiquette.
L'accent est également mis sur les jeunes, souvent rapidement promus dans ce parti. David Rachline, élu à 26 ans maire de Fréjus (53.000 habitants), la plus grosse ville tenue par le RN, les a appelés à se présenter "pour tout remettre à plat", y compris les subventions aux associations qui promeuvent "le vivre-ensemble".
Dans ses habits de "première opposante", la cheffe du RN s'est démarquée de son encombrante nièce Marion Maréchal, invitée vedette d'une "convention de la droite" le 28 septembre.
Marine Le Pen a défendu une stratégie "d'union nationale" plutôt que "d'union des droites", soutenue par Marion Maréchal, qu'elle trouve par ailleurs "peut-être un peu jeune" pour représenter le RN en 2022.
Leur point commun reste de préparer l'alternance à Emmanuel Macron, qui n'en a pas fini avec les "éruptions volcaniques" du type "gilets jaunes", a prédit Marine Le Pen.
Enfin, contrairement à 2018, elle n'a pas fait allusion à ses alliés en Europe, comme le FPÖ autrichien et la Ligue italienne, qui ne sont aujourd'hui plus au pouvoir.
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