Marine Le Pen prête à voter la censure face à un Michel Barnier « campé sur ses positions »

La présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale a rappelé à Michel Barnier les lignes rouges de son parti sur le budget ce lundi 25 novembre. « Nous verrons si le propos d’aujourd’hui fait son chemin, mais rien n’est moins sûr », a-t-elle indiqué à la sortie de son entrevue avec le Premier ministre, assurant voter la censure si le budget « reste en l’état ».
Quentin Gérard

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La cheffe de file des députés RN à l’Assemblée nationale a répété « pour la énième fois » à Michel Barnier les lignes rouges de son parti sur le budget ce lundi 25 novembre. A l’image de l’augmentation des taxes sur l’électricité qu’elle qualifie « d’inadmissible » ou de la désindexation des retraites.

Sur le perron de Matignon, Marine le Pen a demandé que les économies soient faites « sur l’immigration et le fonctionnement de l’Etat et de certaines organisations ». Elle refuse le déremboursement des médicaments, « surtout quand l’Aide médicale d’Etat n’est pas touchée de manière significative ». Et de poursuivre : « Nous ne touchons pas au budget de santé des clandestins, alors que nous sommes sûrement le seul pays du monde à avoir un système si généreux ». La candidate « naturelle » du RN en 2027, propose aussi de davantage taxer les rachats d’actions. « La lutte contre les rentes et la spéculation fait partie de notre budget », souligne-t-elle.

« Si le budget 2025 ne passe pas, c’est celui de l’année dernière qui passera »

« Le Premier ministre m’est apparu courtois et campé sur ces positions », lance-t-elle. « Nous verrons si le propos d’aujourd’hui fait son chemin, mais rien n’est moins sûr », ajoute, perplexe, la conseillère départementale du Pas-de-Calais. Ensemble, ils ont parlé immigration, proportionnelle et agriculture. Sur ce dernier sujet, Marine Le Pen déplore « qu’aucune mesure d’urgence ne soit proposée, si ce n’est l’opposition au Mercosur, dont on sait ce qu’elle vaut au niveau de l’Union européenne ».

« Si le budget reste en l’état, nous avons toujours dit que nous voterions la censure », rappelle l’ancienne présidente du Rassemblement national. « Nous sommes loyaux dans la démarche politique qui est la nôtre. Nous défendons les Français », fait-elle valoir. « Si le budget 2025 ne passe pas, c’est celui de l’année dernière qui passera », assure Marine Le Pen, en affirmant « qu’il est moins mauvais que celui-là », car « les classes populaires et moyennes sont moins touchées ».

Quelle alternative à Michel Barnier si le gouvernement est censuré ? « C’est au président de choisir », balaie-t-elle. Cependant, « nous n’acceptons pas que le NFP prenne une place qu’il ne mérite pas. Tout gouvernement NFP aurait vocation à se retrouver contrecarré par le RN. Nos lignes sont exprimées très clairement », conclut Marine Le Pen.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Paris : Session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Loi Yadan contre l’antisémitisme : les sénateurs dubitatifs à l’annonce de la reprise en main du gouvernement

Après le retrait à l’Assemblée nationale de la proposition de loi portée par la députée Renaissance Caroline Yadan, le gouvernement va reprendre la main et présentera un projet de loi sur la lutte contre l’antisémitisme devant le Sénat avant l’été. L’exécutif compte sur un accueil plus favorable à la chambre haute où la droite et le centre sont majoritaires. Mais les relations entre la majorité sénatoriale se sont tendues ces derniers temps.

Le

Paris: French Government Weekly Cabinet Meeting
3min

Politique

1er mai : boulangeries et fleuristes « indépendants » pourront faire travailler leurs salariés dès cette année, annonce Sébastien Lecornu

Le Premier ministre a mis sur la table, vendredi, un nouveau projet de loi d’élargissement du travail le 1er mai, uniquement ouvert aux boulangeries et fleuristes « indépendants et artisanaux ». En attendant son adoption formelle, il a assuré que des consignes seront données pour qu’aucun contrôle ne vienne entraver le travail de leurs salariés cette année.

Le

Festival Du Livre 2025
2min

Politique

Crise chez Grasset : au Festival du livre, Emmanuel Macron affiche sa volonté de défendre le « pluralisme éditorial »

En visite ce vendredi au Festival du livre, bousculé par la crise ouverte chez l’éditeur Grasset, Emmanuel Macron a voulu afficher sa défense du « pluralisme éditorial » et de « la liberté des auteurs ». Concernant la création d’une clause de conscience pour les auteurs, le Président a estimé que cela « doit se réfléchir ».

Le

FRA – BOOK – CONSENTEMENT
2min

Politique

Crise chez Grasset : la sénatrice Sylvie Robert (PS) propose de créer une clause de conscience pour les auteurs

Alors que plus de 150 écrivains annoncent quitter la maison d’édition Grasset pour protester contre le renvoi du PDG Olivier Nora, la sénatrice socialiste Sylvie Robert propose une « loi d’urgence » pour « protéger les auteurs ». Le but : permettre aux auteurs d’activer une clause de conscience en cas de changement radical de la ligne éditoriale de leur éditeur.

Le