Marine Le Pen, candidate FN à la présidentielle, a prêté des "dérives totalitaires" à l'Union Européenne, samedi lors d'une réunion publique à Châteauroux.
Selon elle, l'UE nourrirait un "sombre projet" d'armée européenne afin de "tenir les peuples par les armes", ce qui illustrerait ses "dérives totalitaires".
"Aujourd'hui, le +système+ cherche à nous vendre l'idée saugrenue, stupide d'une armée européenne", a lancé Mme Le Pen devant 1.500 personnes, soit la moitié de la capacité de la salle où elle s'exprimait.
"L'Europe dans sa réalité politique et humaine sera toujours une multitude de peuples, donc d'Etats et donc d'intérêts. Donc je le répète, une armée européenne, pourquoi faire ?", a demandé Mme Le Pen. "Quel sombre projet ont-ils derrière la tête quand ils mettent en avant une telle idée ? Serait-ce pour mettre à bas toute velléité d'indépendance des Etats et finalement tenir les peuples par les armes ?", a-t-elle questionné.
Marine Le Pen lors d'une réunion publique à Déols, près de Châteauroux, le 11 mars 2017
AFP
"Cela fait des décennies que nous dénonçons les dérives totalitaires de l'UE, et il est absolument hors de question de permettre à cette technostructure supranationale d'accéder à la moindre capacité militaire. Cela constitueraiet une menace intolérable pour les libertés fondamentales des peuples d'Europe", a-t-elle ajouté.
Mme Le Pen s'est exprimée pendant 50 minutes. Elle a longuement mis en garde son auditoire contre "le système", mot répété à de très nombreuses reprises. Elle a aussi visé les "intérêts privés", les "influences", le "projet mondialiste", les "tireurs de ficelles à Wall Street ou à Bruxelles" qui agiraient contre les "intérêts" du "peuple". Mme Le Pen a cité en exemple le "dîner du Siècle", une réunion mensuelle de personnalités des mondes médiatique, politique, économique ou culturel.
Dans cette élection présidentielle qu'elle présente comme un "référendum pour ou contre la France", la présidente du FN a jugé qu'Emmanuel Macron et François Fillon n'étaient séparés que par "une différence de degrés". D'après les sondages, ses deux principaux adversaires la battraient dans l'hypothèse d'un second tour.
Marine Le Pen lors d'une réunion publique à Déols, près de Châteauroux, le 11 mars 2017
AFP
"Devant les coups de boutoir" du Brexit ou de l'élection de Donald Trump outre-Atlantique, le "système montre les crocs" dit elle. "Il cherche là où ça lui paraît encore possible de se maintenir en se réinventant", avec un "sourire de circonstance ou des gros sourcils broussailleux", faisant allusion avec ces images à respectivement MM. Macron et Fillon.
La dirigeante d'extrême droite a qualifié les deux hommes de "candidats sous influence", de "marionnettes entre les mains" du "système", de "pantins dans les mains de ces intérêts privés", "tout juste bons à réciter la leçon".
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Dans le contre-budget du RN présenté cette semaine par Marine Le Pen et Jordan Bardella, figure une mesure passée relativement inaperçue. Elle vise à taxer l’embauche d’un étranger extra-communautaire de 1 000 euros par an. La mesure a suscité un fort rejet de la part des syndicats patronaux qui rappellent au RN le principe de réalité du marché du travail.
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