Marine Le Pen, seule candidate à sa succession, a été réélue dimanche sans suspense présidente du Front national, qui a réorganisé ses instances.
La finaliste de la présidentielle, âgée de 49 ans, entame un troisième mandat à la tête du parti qu'elle dirige depuis qu'elle a succédé à son père en 2011 et pour lequel elle proposera dans l'après-midi une nouvelle appellation.
Elle a été élue à 100% des suffrages exprimés, à l'issue d'un vote par correspondance dont les résultats ont été proclamés lors du congrès du parti à Lille. Il y a eu 2,87% de bulletins blancs ou nuls, a précisé le secrétaire général Steeve Briois, sans donner le nombre de votants ni la participation.
Le FN, qui tient à Lille son 16e congrès, revendique 83.000 adhérents, dont 51.000 à jour de cotisation.
Marine Le Pen, qui est également députée du Pas-de-Calais, doit prononcer un discours dans l'après-midi dans lequel elle proposera un nouveau nom pour son parti, qu'elle peine à relever après son échec à la présidentielle et à propos duquel elle admet "un trou d'air".
Marine Le Pen s'apprête à voter lors du 16e congrès du Front national, le 10 mars 2018 à Lille
AFP
Louis Aliot, jusqu'à présent vice-président chargé de la formation et des manifestations, a été le mieux élu par les militants au conseil national (ex-comité central), le parlement du parti, devant Steeve Briois, secrétaire général jusqu'à ce congrès, et Nicolas Bay, vice-président chargé des affaires européennes, qui passe de la 10e à la 3e place.
Conservateur sur les questions sociétales, plus libéral en économie que Marine Le Pen, l'ancien mégrétiste et député européen Nicolas Bay incarne la ligne de Marion Maréchal-Le Pen, qui s'est mise en retrait de la politique en mai avant de faire une intervention remarquée devant les ultraconservateurs américains en février.
Le maire de Fréjus (Var) David Rachline passe de la 6e à la 4e place et le maire de Beaucaire (Gard), Julien Sanchez, passe de la 15e à la 6e place.
Au congrès de 2014, l'ex-députée du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen était arrivée en tête, devant Louis Aliot et Steeve Briois. Florian Philippot avait obtenu la quatrième place.
Mais depuis, Mme Maréchal-Le Pen s'est retirée, et M. Philippot, ex-bras droit de Mme Le Pen, a claqué la porte du parti en septembre. Si bien que M. Aliot, compagnon de la présidente du parti, et M. Briois étaient déjà devenus de facto les deux premiers responsables de ce conseil national.
L'ordre d'arrivée des élus est un baromètre de leur influence au sein du FN.
Le conseil national compte 120 membres, dont 100 sont élus par courrier et 20 cooptés par la présidence.
Mme Le Pen a donné les noms des 20 personnalités qu'elle a choisies, parmi lesquelles le député du Gard Gilbert Collard, l'ancien mégrétiste Philippe Olivier, également beau-frère de la présidente du parti, et l'ancien député UMP Jérôme Rivière.
L'ancien secrétaire général Steeve Briois devient l'unique vice-président du mouvement, Wallerand de Saint-Just reste trésorier.
Entrent pour la première fois au bureau exécutif Sébastien Chenu, jusqu'à présent porte-parole, David Rachline et le député du Pas-de-Calais Bruno Bilde.
Ils y rejoignent Steeve Briois, Wallerand de Saint-Just, Louis Aliot, Nicolas Bay, et Jean-François Jalkh, jusqu'à présent vice-président chargé des affaires juridiques, qui en faisaient déjà partie.
Le bureau exécutif devient une instance de 9 dirigeants, y compris Mme Le Pen. Le bureau national (ex-bureau politique) compte lui 50 membres.
En outre, les fédérations seront représentées au bureau national par 10 délégués départementaux choisis au "mérite" tous les six mois, qui auront une voix consultative.
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