La patronne de l'extrême droite française Marine Le Pen a affirmé dimanche que son parti était devenu en France "la première force d'opposition"...
Marine Le Pen se pose en première opposante du président élu
La patronne de l'extrême droite française Marine Le Pen a affirmé dimanche que son parti était devenu en France "la première force d'opposition"...
Par Béatrice LE BOHEC
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La patronne de l'extrême droite française Marine Le Pen a affirmé dimanche que son parti était devenu en France "la première force d'opposition" lors de l'élection présidentielle, se targuant d'un résultat "historique" après ce scrutin remporté par le centriste Emmanuel Macron.
A peine les premières estimations des résultats annoncées - environ 65 % pour Emmanuel Macron, 35% pour l'extrême droite, selon des estimations- , la patronne du parti Front National (FN) a annoncé qu'elle "sera à la tête du combat pour les législatives" des 11 et 18 juin.
"Le premier tour a entériné une décomposition majeure de la vie politique française, par l’élimination des partis anciens. Ce second tour organise une recomposition politique de grande ampleur autour du clivage entre les patriotes et les mondialistes", a-t-elle dit, adoptant un visage neutre et un ton assuré.
Dates clés de la vie et carrière de Marine Le Pen, battue au second tour de l'élection présidentielle en France
AFP
Au même instant, son bras droit, Florian Philippot, grand architecte de la stratégie de "dédiabolisation" du parti et de la conquête du vote ouvrier, annonçait une "transformation profonde" du FN qui veut devenir une "nouvelle force politique", avec un autre nom.
La nièce de la candidate, Marion Maréchal-Le Pen a elle évoqué "une part de déception" et appelé à une "réflexion" sur la stratégie du parti.
Quinze ans après l'échec de son père, Jean-Marie, Marine Le Pen, 48 ans, s'était présentée pendant toute la campagne comme la "candidate du peuple" contre la "mondialisation" et les élites, forte de la vague populiste qui a conduit les Britanniques à voter pour le Brexit et les Américains à élire Donald Trump.
Dans l'espoir de convaincre les nombreux indécis, elle avait durci son discours sur l'immigration à la veille du premier tour le 23 avril et multiplié les attaques contre son rival. Leur duel télévisé il y a quelques jours, d'une brutalité inédite, a marqué l'apogée de ses attaques. Sa prestation n'a pas convaincu et a été suivie d'une baisse la concernant dans les sondages.
- Poussée nationaliste -
Marine Le Pen, le 4 mai 2017 à Dol-de-Bretagne
AFP
Son score inédit au scrutin présidentiel témoigne de la poussée nationaliste en Europe. Ses partisans estiment qu'il montre qu'elle est en partie parvenue à faire du FN, hostile à l'UE et à l'immigration, un parti "comme les autres".
Grande blonde à la voix tonitruante, cette avocate de formation s'efforce depuis plusieurs années de normaliser sa formation politique créée en 1972, afin de lisser une image longtemps sulfureuse entretenue par les saillies antisémites et xénophobes de son père.
Depuis son accession à la tête du FN en 2011, à la suite de son père avec lequel elle est désormais brouillée, Mme Le Pen a écarté les cadres les plus marqués: militants antisémites, nostalgiques de l'Algérie française - voire de la collaboration avec l'Allemagne nazie - ou catholiques intégristes.
Cette stratégie a payé, le Front National progressant constamment à chaque élection.
Pour conquérir l'Elysée, celle qui se décrit comme une "femme de caractère parfois abrupt", s'était aussi efforcée d'adoucir sa propre image, à coups d'anecdotes personnelles, d'affiches sur "La France apaisée" ou de photos avec ses chats.
Mais elle a conservé un discours musclé sur l'immigration, la sécurité, la souveraineté de la France, l'Europe.
Ces thèmes ont trouvé un écho chez de nombreux Français confrontés au chômage et à la peur du déclassement, notamment dans les zones rurales et les périphéries urbaines.
Evolution des scores des principaux partis de droite nationaliste aux élections présidentielles et législatives dans 12 pays européens
AFP
Dans ses réunions publiques, ses paroles, écoutées par des partisans de tous âges et de tous milieux sociaux, sont traditionnellement ponctuées par un slogan scandé à gorge déployée: "On est chez nous !". Un "cri de xénophobie", selon ses détracteurs. "Un cri d'amour" pour la France, rétorque-t-elle.
Soupçonnée d'avoir fait bénéficier des collaborateurs d'emplois fictifs au Parlement européen, elle a refusé lors de la campagne électorale de répondre à une convocation des juges, dénonçant une "cabale politique". La justice française a demandé au Parlement européen de lever son immunité.
Marine Le Pen est la benjamine des trois filles Le Pen, mère de trois enfants, deux fois divorcée et aujourd'hui en couple avec un des vice-présidents du parti.
Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.
La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.
En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.
Le Sénat ne devrait pas connaître de grand bouleversement après les élections sénatoriales du 27 septembre, avec le maintien d’une majorité de droite et du centre pour Gérard Larcher, où le groupe Union centriste pourrait cependant voir son poids renforcé. Mais les sénateurs se préparent à une petite révolution : l’arrivée possible du premier groupe RN. A gauche, PS et Écologistes espèrent limiter la casse par des accords « gagnant-gagnant ».