Marine Le Pen vante son « patriotisme » face aux « totalitarismes »
Marine Le Pen, candidate Front national à la présidentielle, a lancé dimanche à Lyon sa campagne, vantant son "patriotisme" face aux "deux...

Marine Le Pen vante son « patriotisme » face aux « totalitarismes »

Marine Le Pen, candidate Front national à la présidentielle, a lancé dimanche à Lyon sa campagne, vantant son "patriotisme" face aux "deux...
Public Sénat

Par Guillaume DAUDIN

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Marine Le Pen, candidate Front national à la présidentielle, a lancé dimanche à Lyon sa campagne, vantant son "patriotisme" face aux "deux totalitarismes", économique et religieux, et se posant contre la droite et la gauche "du fric".

Au moment où Jean-Luc Mélenchon tenait meeting à Lyon et par hologramme près de Paris et au lendemain d'une réunion publique d'Emmanuel Macron à Lyon, Marine Le Pen s'est présentée en ouverture comme candidate "de la France du peuple" "contre la droite du fric, la gauche du fric", visant François Fillon et Emmanuel Macron.

Marine Le Pen
Marine Le Pen lors d'une réunion de lancement de sa campagne présidentielle à Lyon le 5 février 2017
AFP

"L'actualité récente en a apporté une démontration éclatante", a-t-elle ajouté, référence aux soupçons d'emplois fictifs de la femme et de deux enfants du candidat de la droite.

Sur une scène bleue ornée de roses bleues, son logo de campagne, et de son slogan "Au nom du peuple", elle a aussi affirmé que "deux totalitarismes menacent nos libertés et notre pays".

"Ces deux idéologies veulent soumettre nos pays. L’une au nom de la finance mondialisée: l'idéologie du tout commerce; l’autre au nom d'un islam radicalisé: l'idéologie du tout religieux", a enchaîné la candidate d'extrême droite, donnée en tête du premier tour par les sondages depuis début janvier, mais battue au second.

"Pour progresser", leurs tenants "invoquent faussement la liberté pour installer leur totalitarisme : c’est la liberté du renard dans le poulailler", selon Mme Le Pen, pour laquelle "nous n'avons plus le temps".

Marion Maréchal-Le Pen lors d'un meeting de campagne à Lyon le 4 février 2017
Marion Maréchal-Le Pen lors d'un meeting de campagne à Lyon le 4 février 2017
AFP

En une heure de discours, la fille de Jean-Marie Le Pen a réaffirmé son souhait d'une présidentielle-référendum entre son "camp", celui des "patriotes", et les "mondialistes", "choix de civilisation".

La conjonction de réunions publiques à Lyon a été l'occasion d'une bataille de chiffres. Le FN a revendiqué "plus de 5.000 personnes" avec de nombreux bus de militants. Une source frontiste avait annoncé jusqu'à 10.000.

Mme Le Pen, qui a réuni 17,9% des voix en 2012 et que les sondages annoncent qualifiée au second tour de la prochaine présidentielle depuis 2013, est apparue sur scène à 15 heures après un clip de campagne la présentant, sur fond de paysages naturels ou de déplacements de campagne, en mère, femme, avocate et désormais femme politique.

"Oui, je veux remettre la France en ordre!" y dit-elle.

- "Réveil des peuples" -

Au lendemain de la présentation de ses "144 engagements présidentiels", Marine Le Pen a répété un certain nombre de propositions, notamment sur l'économie et le pouvoir d'achat ou contre l'Union européenne.

Celles habituelles du FN sur l'immigration ont gagné à l'applaudimètre, notamment lorsque Mme Le Pen a lancé : "Si (ceux venus en France) voulaient vivre comme chez eux, il leur suffisait de rester chez eux."

Marine Le Pen fait un discours lors d'une réinion de lancement de sa campagne présidentielle à Lyon le 5 février 2017
Marine Le Pen fait un discours lors d'une réinion de lancement de sa campagne présidentielle à Lyon le 5 février 2017
AFP

La "priorité nationale", coeur du projet frontiste, fera l'objet d'un référendum constitutionnel et concernera "le logement social, l'emploi".

Citant notamment le général de Gaulle, le cardinal de Richelieu ou encore Victor Hugo, Mme Le Pen a vanté une triple révolution: "patriotisme, proximité, liberté".

Alors qu'elle a dévoilé samedi soir un chiffrage de 4 pages sur son programme - "étonnamment léger" selon un frontiste interrogé par l'AFP-, la présidente du FN a renvoyé dans les cordes "les égoïstes souvent très bien nantis", leur "vision comptable" et leur "science économique" responsables selon elle de la dette, du chômage, de la pauvreté et de "66 millions de Français désabusés, démoralisés".

La députée Front national Marion Maréchal-Le Pen le 4 février 2017 à Lyon
La députée Front national Marion Maréchal-Le Pen le 4 février 2017 à Lyon
AFP

Son projet ? "La force des équilibres".

"L'Etat stratège", par exemple, ne sera "pas omnipotent et omniprésent" mais "protecteur" car Marine Le Pen, qui veut attirer les voix de droite au moment où François Fillon est en difficulté, veut la "libération des énergies des entrepreneurs".

Elle s'est décrite aussi en candidate du "travail" face à "ceux qui annoncent la fin du travail", allusion au candidat socialiste Benoît Hamon.

Mme Le Pen a conclu sur son espoir de surfer sur la vague de "réveil des peuples", saluant encore le Brexit ou l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, et sur un appel à "tous les patriotes" à la rejoindre.

Partager cet article

Dans la même thématique

Marine Le Pen vante son « patriotisme » face aux « totalitarismes »
3min

Politique

Charlélie Couture : « Je suis revenu en France car j’avais le sentiment de ne plus comprendre l’Amérique qui venait d’élire Donald Trump »

Si la liberté artistique avait un visage, ce serait le sien. Charlélie Couture ne s’est jamais contenté de pratiquer un seul art, cela ne lui aurait pas suffi. Alors il chante, sculpte, dessine et même photographie. Pour lui, la création est une nécessité, si bien qu’il était parti vivre cette aventure en Amérique, la tête remplie de rêves mais qui se sont peu à peu dissipés en raison du contexte politique. Son dernier livre, Manhattan Gallery (éd. Calmann-Lévy) retrace cette histoire à travers le portrait de 50 personnes rencontrées dans sa galerie new-yorkaise. Invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, il revient sur sa carrière, ses engagements et ses innombrables projets.

Le

Marine Le Pen vante son « patriotisme » face aux « totalitarismes »
3min

Politique

Industrie musicale : « il n’y a plus de coup de cœur, on regarde le nombre de followers », La Grande Sophie

Trente ans de carrière, artiste inclassable, la Grande Sophie se tourne aujourd’hui vers la comédie musicale avec un nouveau spectacle inspiré de son premier livre « Tous les jours Suzanne ». Une nouvelle aventure qui caractérise à merveille son envie insatiable de créer. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, elle se livre sur son passé, son rapport à l’industrie musicale et sa relation particulière avec Françoise Hardy.

Le

Marine Le Pen vante son « patriotisme » face aux « totalitarismes »
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le